
Un rapport de l'ONU déclare que le dépassement de l'objectif climatique de 1,5°C est inévitable et prévoit un réchauffement d'au moins 1,8°C
Un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement indique que le réchauffement climatique dépassera 1,5°C dans les années à venir, et exhorte à adopter une stratégie visant à plafonner le réchauffement près de 1,8°C avant de tenter des réductions à long terme.
Inévitable dépassement du seuil de 1,5°C
Le Programme des Nations unies pour l'environnement, basé à Nairobi, a publié mercredi son rapport de 141 pages intitulé « Limiting Overshoot », concluant que le dépassement du seuil de réchauffement climatique de 1,5°C est désormais inévitable. Malgré l'expansion de l'énergie éolienne et solaire, la dépendance continue au charbon, au pétrole et au gaz a élevé les températures mondiales d'environ 1,4°C au-dessus des niveaux préindustriels. Alors que les températures mensuelles moyennes ont dépassé 1,5°C tout au long de 2024, les scientifiques affirment que le dépassement à long terme se produira dans les prochaines années. L'évaluation, préparée par près de 50 chercheurs climatiques internationaux, est le premier document de l'ONU à déclarer formellement que le seuil de l'Accord de Paris sera franchi. La climatologue et co-auteure Debra Roberts a noté les ajustements politiques nécessaires dans les gouvernements.
Les règles du jeu sont en train de changer. Nous devons désormais reconfigurer nos politiques pour un dépassement de 1,5 degré. Aucun de nos plans n'est préparé à cela.
La trajectoire de dépassement, pic et déclin
Parce qu'il n'est plus possible d'éviter un dépassement, les Nations unies ont proposé une trajectoire de dépassement, pic et déclin pour inverser l'excès de réchauffement. Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l'environnement, a expliqué comment la stratégie climatique internationale doit s'adapter.
Soyons clairs : l'objectif de 1,5 reste le but. Mais nous devons maintenant l'aborder différemment -- par le haut.
Cette trajectoire nécessite de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d'ici 2035 et d'atteindre zéro émission nette vers le milieu du siècle. Dans le scénario le plus optimiste, le réchauffement pourrait culminer autour de 1,8°C avant de redescendre à 1,6°C d'ici la fin du siècle. Cependant, la plupart des modèles climatiques évalués dans le rapport prévoient une augmentation de température dépassant 2°C, rendant incertain tout retour éventuel en dessous de 1,5°C.
- L'Accord de Paris établit l'objectif international de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C
- Les températures moyennes mondiales dépassent le seuil de 1,5°C chaque mois
- Les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser de 55 % pour maintenir le pic de réchauffement près de 1,8°C
- Les émissions doivent atteindre zéro net tandis que la production alimentaire risque une baisse de 14 % sans adaptation
- Le réchauffement moyen pourrait descendre à 1,6°C dans le scénario d'émissions le plus optimiste
Risques et dommages physiques irréversibles
Un réchauffement au-delà de 1,5°C accélérera les menaces pour la santé humaine, la sécurité de l'eau, les centres urbains et les écosystèmes. Le rapport prévient que la production alimentaire mondiale pourrait diminuer de 14 % d'ici 2050 à moins que les pays ne déploient des stratégies d'adaptation agressives. Si les températures mondiales augmentent de 3°C par rapport aux moyennes préindustrielles, les glaciers pourraient perdre plus d'un quart de leur masse d'ici 2100, provoquant jusqu'à 13 cm d'élévation du niveau de la mer. Des perturbations de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique et une augmentation des risques de glissements de terrain, comme les récents incidents au Népal, sont également attendus. Les auteurs ont souligné que la perte de glaciers et l'inondation côtière seront irréversibles même si les températures atmosphériques baissent plus tard.
- Réchauffement actuel
- 1.4 °C
- Objectif de l'Accord de Paris
- 1.5 °C
- Pic de réchauffement optimiste
- 1.8 °C
Élimination du carbone et obstacles politiques
Pour faire baisser les températures, il faut déployer à grande échelle l'élimination du dioxyde de carbone parallèlement à la réduction des combustibles fossiles. L'évaluation des Nations unies a décrit cette stratégie de remédiation comme un recours nécessaire.
Ce n'est en aucun cas une voie acceptable ou préférable. C'est simplement la meilleure option restante.
Les méthodes d'élimination du carbone comprennent la plantation de vastes nouvelles forêts et l'utilisation de machines conçues pour capturer le dioxyde de carbone de l'air en vue d'un stockage souterrain. Les scientifiques ont prévenu que la capacité d'absorption du carbone des écosystèmes naturels diminuera à mesure que le réchauffement climatique augmente. La stratégie se heurte à des frictions diplomatiques, suite au retrait des États-Unis des accords climatiques mondiaux et aux changements de politique intérieure sous l'administration Trump. À Palau, le président Surangel Whipps Jr a accueilli le Premier ministre australien Anthony Albanese et les dirigeants régionaux au Forum des îles du Pacifique, qualifiant les conclusions de tournant pour les nations insulaires vulnérables.


