
Le Conseil fédéral suisse propose une loi pour imposer une deuxième langue nationale à l'école primaire
Le Conseil fédéral suisse a ouvert vendredi une consultation sur la modification de la loi sur les langues afin d'obliger les élèves du primaire à apprendre une deuxième langue nationale, contrant ainsi les initiatives de plusieurs cantons alémaniques visant à repousser l'enseignement du français.
Les cantons poussent à abandonner le français précoce
Plusieurs cantons alémaniques ont récemment voté le transfert de l'enseignement du français du primaire au secondaire. Zurich a pris sa décision en septembre dernier, Saint-Gall a suivi à l'automne 2025, Appenzell Rhodes-Extérieures il y a un an et Thurgovie en avril 2026. Cette tendance est également apparue à Bâle-Campagne, à Schaffhouse et même dans le canton bilingue de Berne, où une motion a été déposée puis retirée. Les arguments cantonaux invoquent la charge de travail des élèves et les mauvais résultats d'apprentissage, estimant que le programme est surchargé et qu'un début plus tardif apporterait un allégement.
- Stratégie d'harmonisation linguistique adoptée, intégrée plus tard au concordat HarmoS (2009)
- Le parlement d'Appenzell Rhodes-Extérieures supprime le français précoce
- Le conseil cantonal de Zurich vote le transfert du français au secondaire
- Le parlement de Saint-Gall suit avec la même décision
- Le Grand Conseil thurgovien déplace le français au niveau supérieur
- Le Conseil fédéral ouvre la consultation sur les modifications de la loi sur les langues
- Date limite de la consultation
Deux variantes pour la loi
Le gouvernement propose deux options. La première inscrit dans la loi sur les langues l'exigence HarmoS actuelle de deux langues étrangères au primaire : une langue nationale plus l'anglais, suivie par 15 des 26 cantons. La seconde offre plus de flexibilité aux cantons, n'imposant qu'une deuxième langue nationale de l'école primaire jusqu'à la fin du secondaire inférieur, sans préciser l'anglais.
Le statut des langues nationales dans l'enseignement obligatoire est une question d'importance nationale.
Le gouvernement met en garde contre une menace pour la cohésion
La ministre de l'Intérieur Elisabeth Baume-Schneider a déclaré aux médias à Berne que la pluralité linguistique est un pilier de la cohésion suisse et essentielle pour la communication, y compris pour des raisons économiques. La Constitution confère à la Confédération un large mandat pour sauvegarder les langues nationales.
Si les cantons ne parviennent pas à régler la question linguistique, le gouvernement fédéral devra agir.
Une mesure préventive avec un délai
Cette initiative a un caractère avant tout préventif, a souligné Baume-Schneider. Si les cantons restent fidèles à la stratégie linguistique existante, le gouvernement retirera le projet de loi. La consultation court jusqu'au 5 octobre 2026, et toute loi nécessitera l'approbation du Parlement. Le Conseil a indiqué qu'il suivrait de près les débats locaux avant de décider de la suite à donner.


