
L'opposition portugaise accuse le gouvernement d'avoir engrangé plus d'un milliard d'euros grâce aux hausses des prix du carburant
Le Parti socialiste portugais affirme que le gouvernement a perçu plus d'un milliard d'euros grâce aux hausses du carburant depuis 2024, suscitant une opposition des sociaux-démocrates au pouvoir.
Accusations du Parti socialiste sur les recettes du carburant
Le chef parlementaire du Parti socialiste (PS), Eurico Brilhante Dias, a accusé le gouvernement de coalition de l'Alliance démocratique (AD) de percevoir des recettes excédentaires provenant de la hausse des prix du carburant. Brilhante Dias a déclaré que le Trésor public avait engrangé plus d'un milliard d'euros de recettes grâce aux augmentations du carburant depuis 2024. Selon les chiffres qu'il a cités des Comptes généraux de l'État de 2024 et 2025, le prix de l'essence a augmenté de 0,06 euro par litre et celui du diesel de 0,09 euro par litre depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition AD en mars 2024. Brilhante Dias a fait valoir que les consommateurs paieraient moins pour le carburant sous une administration socialiste, car les mécanismes d'allègement antérieurs ont été affaiblis. Il a précisé que les réductions de la taxe sur les produits pétroliers et énergétiques (ISP), de la taxe carbone et de la taxe sur la valeur ajoutée mises en œuvre sous les précédents gouvernements PS ont été réduites par l'exécutif actuel.
Le gouvernement de l'AD, du PSD et du CDS vit en partie aux dépens des contribuables et aux dépens des hausses du carburant.
- Diesel
- 0.09 €/L
- Essence
- 0.06 €/L
Réponse de la direction sociale-démocrate
S'adressant aux journalistes en marge de l'événement de rentrée politique du Parti social-démocrate (PSD) à Ponte de Lima, le secrétaire général du PSD, Hugo Soares, a rejeté ces accusations. Soares a accusé le leader du PS, José Luís Carneiro, de vivre dans le passé et d'être habitué aux pratiques de l'ancien Premier ministre António Costa. Selon Soares, le gouvernement de Costa a mis du temps à réagir à la hausse des coûts et a perçu des recettes substantielles de l'inflation des prix sans mettre en place une compensation adéquate pour les citoyens. Soares a affirmé que le leader de l'opposition était soit mal préparé, soit faisait semblant que le pays restait sous les schémas de gouvernance précédents. Il a ajouté qu'il ferait la courtoisie de supposer que le secrétaire général du PS ne mentait pas intentionnellement au public.
Soit M. José Luís Carneiro continue de penser qu'il vit encore à l'époque du gouvernement de M. António Costa, soit il n'est pas préparé.
Poussée législative de l'opposition et prévisions de prix
Cet échange verbal fait suite à une action parlementaire initiée par le secrétaire général du PS, José Luís Carneiro, plus tôt dans la semaine. Vendredi, Carneiro a accusé le gouvernement de profiter des coûts de l'énergie après avoir présenté jeudi une proposition législative visant à réduire la taxe sur la valeur ajoutée sur le carburant et les produits alimentaires. L'affrontement politique a lieu alors que les organisations de consommateurs prévoient de nouvelles hausses des prix à la pompe. Selon les estimations de l'Automóvel Club de Portugal (ACP), les prix du carburant devraient encore augmenter la semaine prochaine si les tendances du marché se poursuivent. L'ACP a projeté que le prix du diesel augmenterait de 15 centimes par litre et celui de l'essence de 12 centimes par litre.
- Diesel
- 0.15 €/L
- Essence
- 0.12 €/L
Motion de censure et notation de la dette souveraine
La controverse sur la fiscalité de l'énergie se déroule alors que le gouvernement se prépare à faire face à une motion de censure parlementaire prévue mardi. Hugo Soares a déclaré que la motion de censure déposée par le parti Chega est totalement déplacée et ne sert qu'à positionner Chega au centre du débat politique national. Le secrétaire général du PSD a contrasté le conflit politique avec les récentes évaluations économiques, citant une décision d'une agence de notation qui a relevé la note de la dette souveraine du Portugal à A+. Soares a souligné que le Portugal n'avait pas détenu ce niveau de notation de la dette depuis environ 25 ans, arguant que la situation nationale reflète une stabilité budgétaire plus large malgré les critiques de l'opposition.


