
L'Italie menace de suspendre Schengen avec l'Espagne après l'entrée de plus de 20 000 migrants à Ceuta depuis le Maroc
La Première ministre Giorgia Meloni déclare que l'Italie est prête à suspendre l'accord de Schengen avec l'Espagne après que des milliers de migrants ont traversé du Maroc vers l'enclave de Ceuta le 30 juillet 2026. Le ministre espagnol des Affaires étrangères a qualifié cette menace d'« indigne » et a convoqué l'ambassadeur italien.
L'afflux à Ceuta
Le 30 juillet 2026, des milliers de personnes ont traversé du Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta. Vers midi, de grands groupes ont franchi la frontière, beaucoup nageant le long du littoral pour contourner les barrières. La Guardia Civil et les services d'urgence ont été submergés, ne pouvant secourir que les blessés. Le journal espagnol El Mundo a fait état de plus de 20 000 passages rien que jeudi. Les autorités régionales ont déclaré une « urgence humanitaire et sociale absolue », notant que plus de 1 500 migrants étaient arrivés les jours précédents. Au moins neuf personnes sont mortes en tentant la traversée maritime. Le centre d'accueil a atteint la saturation et n'a pas pu traiter les arrivées massives. Le gouvernement espagnol a déployé des soldats pour renforcer la sécurité. Cet afflux est le plus important depuis mai 2021, lorsque plus de 10 000 personnes étaient entrées à Ceuta en deux jours.
La menace italienne de suspendre Schengen
La Première ministre Giorgia Meloni a déclaré que l'Italie était prête à prendre des « mesures extraordinaires », y compris la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne. Elle a consulté le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi et convoqué les instances compétentes. « L'Italie ne restera pas les bras croisés », a-t-elle écrit sur X.
Les images qui viennent de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration illégale non contrôlée constitue une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes.
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani s'était auparavant déclaré « favorable à la fermeture de l'espace Schengen avec l'Espagne ». Il a critiqué le plan de Madrid d'accorder la citoyenneté espagnole, et donc européenne, à plus de 500 000 immigrés en situation irrégulière, estimant qu'il encourage le trafic d'êtres humains. Tajani a exprimé sa pleine confiance en Piantedosi. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini, chef de la Ligue d'extrême droite, a également appelé à suspendre Schengen et à défendre les frontières de l'Europe, faisant référence à son propre procès pour avoir bloqué l'arrivée de migrants : « J'ai subi des années de procès, risquant six ans de prison, pour avoir protégé les frontières de mon pays. Sánchez ne l'a pas fait. Suspendez Schengen. Défendez les frontières. »
La réponse de l'Espagne
Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a réagi vivement, qualifiant le message de Tajani d'« indigne » de la part d'un pays partenaire. Il a lié cet afflux à un récent arrêt de la Cour suprême espagnole qui a déclaré illégaux les refoulements immédiats à la frontière de Ceuta pour les migrants arrivant par voie maritime. Selon des sources du ministère espagnol de l'Intérieur, les réseaux de trafic d'êtres humains exploitent cet arrêt pour encourager les départs et accroître la pression sur la frontière terrestre entre l'Europe et l'Afrique.
Ce message du ministre des Affaires étrangères d'un pays ami et partenaire, de qui nous attendons de la solidarité européenne et non une démagogie partisane, est indigne.
Albares a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur d'Italie en Espagne, Giuseppe Buccino Grimaldi, pour une protestation formelle vendredi.
Le différend sur la citoyenneté
La critique de Tajani portait sur le plan de l'Espagne d'accorder la citoyenneté à plus de 500 000 immigrés en situation irrégulière. Il a estimé que cette politique « encourage le trafic d'êtres humains » et constitue un danger pour la sécurité nationale. Le gouvernement italien a fait du contrôle des frontières un pilier de sa politique, Meloni jurant de ne pas reculer « d'un seul millimètre » sur l'immigration illégale et de continuer à défendre les frontières, à arrêter les trafiquants et à assurer des rapatriements efficaces.
La suite
L'Italie réunit ses institutions compétentes, et Meloni a déclaré que le gouvernement est prêt à agir après ces réunions. Aucune suspension formelle de Schengen n'a été mise en œuvre, mais cette menace marque une escalade dans la politique migratoire de l'UE. Le gouvernement espagnol, quant à lui, se concentre sur la gestion de la crise humanitaire immédiate à Ceuta et a déployé des militaires.
- Des milliers de personnes traversent du Maroc vers Ceuta ; beaucoup nagent autour des barrières frontalières
- Tajani tweete son soutien à la fermeture de Schengen avec l'Espagne
- Meloni annonce sa disposition à suspendre Schengen, convoque les institutions
- Albares qualifie le message de Tajani d'indigne, convoque l'ambassadeur italien


