
L'Italie conteste le récit du secrétaire général de l'OTAN sur les 500 vols américains pendant la guerre en Iran et insiste : seuls les vols logistiques étaient autorisés
Rome affirme que la déclaration de Mark Rutte sur Fox News, selon laquelle 500 appareils américains ont décollé de bases italiennes pour l'opération Epic Fury, confond les vols logistiques prévus par les traités avec des missions de combat, ce qui suscite des demandes des partis d'opposition pour que la Première ministre Meloni s'explique.
Les révélations de Rutte sur Fox News
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a déclaré sur Fox News que « 500 appareils américains ont décollé de bases américaines en Italie » pendant l'opération Epic Fury, la campagne militaire menée par les États-Unis contre l'Iran. Il a qualifié ce nombre de « colossal » et a ajouté qu'au total, en Europe, on comptait « entre 4 000 et 5 000 missions de vol ». Rutte a fait ces remarques pour contrer le récit selon lequel les alliés européens n'avaient pas suffisamment soutenu les États-Unis pendant le conflit.
500 appareils américains ont décollé de bases américaines en Italie. C'est donc un chiffre colossal.
Rome réplique
Le ministère italien de la Défense a publié un communiqué qualifiant le récit de Rutte de « totalement trompeur » et a insisté sur le fait que Rome n'avait autorisé que les vols couverts par les traités bilatéraux existants. Le ministère a souligné que chaque mission autorisée était « technique et logistique, non cinétique » et que les demandes sortant de ce cadre avaient été refusées. Il a cité la décision de mars de refuser l'autorisation aux bombardiers américains d'utiliser la base aérienne de Sigonella en Sicile comme preuve que l'Italie avait tracé une ligne claire.
L'Italie n'autorise que les vols prévus par les traités et qui excluent totalement les activités cinétiques, comme elle l'a toujours fait et comme elle continuera à le faire dans le cadre des accords en vigueur.
L'opposition exige un débat au Parlement
La révélation a déclenché une tempête politique. Le leader du Mouvement 5 Étoiles et ancien Premier ministre Giuseppe Conte a écrit sur Facebook que « les contes de fées du gouvernement et de ses cheerleaders s'effondrent » et a exigé que la Première ministre Giorgia Meloni comparaisse devant le Parlement. Les députés européens du PD Pierfrancesco Maran et Matteo Ricci ont accusé le gouvernement d'avoir transformé l'Italie en « plateforme de guerre » sans débat public, tandis que Nicola Fratoianni des Verts et de la Gauche a déclaré que soit le gouvernement avait menti, soit Rutte avait eu une « insolation ».
500 avions sont partis d'Italie pour une guerre illégitime en Iran (une guerre dans laquelle Netanyahou a entraîné Trump et qui a gravement endommagé l'économie italienne). Dieu merci, Meloni a dit « je ne condamne ni n'approuve cela ». Si elle l'avait approuvé, 5 000 vols auraient-ils décollé ?
L'OTAN revient sur ses propos
Un responsable de l'OTAN a ensuite précisé que Rutte avait simplement voulu souligner comment les alliés, dont l'Italie, avaient mis en œuvre les accords bilatéraux existants sur les bases militaires et les survols. Le ministère italien de la Défense a ajouté que les propos du secrétaire général avaient donné lieu à des « interprétations erronées » et que la clarification de l'OTAN confirmait que Rutte ne faisait pas référence à « des vols cinétiques ou à des vols utilisés dans des opérations d'attaque contre l'Iran ».
Le secrétaire général a souligné comment les Alliés, dont l'Italie, ont mis en œuvre les accords bilatéraux existants sur les bases militaires et les survols.
Trump et le contexte du G7
L'épisode s'est déroulé quelques jours après que le président américain Donald Trump a publiquement critiqué les membres européens de l'OTAN pour leur aide insuffisante pendant la guerre en Iran et a pris pour cible Meloni, affirmant qu'elle l'avait supplié de prendre une photo lors du sommet du G7. Meloni a démenti cette affirmation tout en insistant sur le fait que les relations de l'Italie avec Washington restaient solides. Conte, reprenant les propos d'autres opposants, a lié cette querelle intérieure à la pression américaine plus large, arguant que le gouvernement avait cédé en silence malgré sa rhétorique souverainiste.

