
L'Italie prévoit une assurance nationale obligatoire pour les véhicules immatriculés à l'étranger afin de lutter contre l'évasion fiscale
Un projet de réforme du Code de la route italien exigera que les véhicules à plaques étrangères conduits en permanence en Italie soient assurés auprès de sociétés autorisées à opérer sur le territoire national.
Le projet de code de la route cible l'évasion des plaques étrangères
Le gouvernement italien a rédigé des amendements au Code de la route exigeant que les véhicules immatriculés à l'étranger utilisés en permanence en Italie soient couverts par des polices d'assurance émises par des compagnies italiennes ou des assureurs agréés par l'IVASS. Selon le texte préparé par le ministère des Infrastructures et des Transports et le ministère de l'Intérieur, les véhicules inscrits au registre des véhicules étrangers (REVE) doivent satisfaire aux exigences d'assurance italiennes pour circuler sur les routes nationales. La mesure vise spécifiquement l'« esterovestizione », un schéma par lequel des résidents italiens immatriculent leurs véhicules à l'étranger pour contourner les tarifs de responsabilité civile automobile, les taxes locales et les amendes automatisées. Les associations professionnelles et sectorielles ont jusqu'au 13 septembre 2026 pour soumettre leurs observations formelles sur les dispositions du projet avant le début de la procédure législative finale.
Les contrôles de police ciblés commencent à Naples
En réponse à la concentration de véhicules à plaques étrangères, le préfet de Naples, Michele di Bari, a ordonné des inspections de police ciblées dans toute la ville et la zone métropolitaine le 21 août 2026. Selon les chiffres rapportés par Corriere della Sera, 35 000 des quelque 53 000 véhicules immatriculés à l'étranger en Italie circulent à Naples. Les autorités locales prévoient d'intercepter les véhicules à deux et quatre roues fictivement immatriculés, d'imposer des amendes légales et de procéder à des saisies administratives. Ces mesures opérationnelles font suite à une circulaire du 13 août du ministère de l'Intérieur qui a accordé aux forces de l'ordre italiennes un accès numérique direct aux portails gouvernementaux polonais, permettant une vérification en temps réel des certificats d'immatriculation, des polices d'assurance responsabilité civile polonaises et des permis de conduire.
Mécanismes des schémas d'immatriculation et locations étrangères
La pratique d'immatriculer des véhicules à l'étranger a évolué géographiquement ces dernières années, passant des immatriculations allemandes, bulgares et roumaines aux plaques polonaises et tchèques. Les conducteurs des régions du sud, en particulier de Campanie, sont confrontés à certaines des primes d'assurance les plus élevées d'Italie en raison de la fréquence élevée des sinistres dans la région. Si certains automobilistes utilisent une propriété étrangère fictive, d'autres recourent à des contrats de location transfrontaliers par lesquels une société étrangère achète le véhicule, l'assure localement et le loue au conducteur italien. Bien que les véhicules de location doivent être inscrits au système REVE s'ils sont utilisés en Italie pendant plus de 30 jours par an en vertu de l'article 93-bis du Code de la route, le projet proposé vise à éliminer l'arbitrage financier en soumettant tous les véhicules immatriculés aux normes d'assurance italiennes.
Tullio Ferrante, sous-secrétaire au ministère des Infrastructures et des Transports, a détaillé l'approche du gouvernement pour combler ces lacunes :
L'utilisation abusive de voitures à plaques étrangères est un phénomène répandu, surtout dans le Sud, où les cas d'immatriculation fictive à l'étranger pour échapper aux obligations requises sont de plus en plus nombreux. En tant que MIT, nous entendons intervenir de manière décisive sur cette question, dans le respect des conventions internationales, pour garantir un principe sacro-saint. Quiconque utilise un véhicule à plaques étrangères en permanence en Italie doit être traçable, donc disposer d'une couverture d'assurance italienne ou d'une couverture autorisée dans notre pays, et immatriculer le véhicule ou l'inscrire au REVE, le Registre des véhicules étrangers.
Cadre réglementaire et prochaines étapes
Les futures exigences s'appuient sur des interventions législatives antérieures, à commencer par le décret sur la sécurité de 2018 qui interdisait aux résidents italiens de conduire des voitures immatriculées à l'étranger dont ils étaient propriétaires. Ce cadre a été modifié par l'article 93-bis du Code de la route, qui a établi un seuil de résidence de trois mois pour les interdictions de propriété et créé la règle d'inscription au REVE de 30 jours pour les voitures appartenant à des étrangers. Selon les nouvelles règles proposées, la seule immatriculation à l'étranger ne permettra plus d'utiliser des polices d'assurance étrangères qui ne sont pas agréées par l'IVASS. Les stratégies opérationnelles et les calendriers d'inspection pour la région de Naples seront examinés lors d'une prochaine session du Comité provincial pour l'ordre et la sécurité publics.


