
La FAI retire son soutien à Infantino, 13 nations européennes s'opposent désormais à la réélection du président de la FIFA
La Fédération irlandaise de football a retiré son soutien jeudi, rejoignant 12 autres nations européennes qui s'opposent à la réélection d'Infantino après l'abandon de son projet de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
Retrait de la FAI
La Fédération irlandaise de football a confirmé jeudi avoir retiré une lettre de soutien à la réélection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA, à l'issue d'une réunion du conseil d'administration lundi. La FAI avait apporté son soutien à Infantino plus tôt dans l'année, avant la controverse suscitée par sa proposition de vendre une participation dans la Coupe du monde à des investisseurs privés. Dans son communiqué, la FAI a déclaré que les événements récents avaient soulevé des « préoccupations majeures concernant la gouvernance, la transparence et l'absence de consultation significative », et a noté qu'au vu de ses propres défis de gouvernance ces dernières années, elle se sentait « particulièrement obligée de plaider en faveur des meilleures pratiques et de les respecter ».
Le projet de cession de la Coupe du monde
La crise a été déclenchée par la proposition d'Infantino de créer la FIFA Forward Enterprise (FFE), une filiale destinée à gérer les droits commerciaux des tournois de la FIFA, y compris la Coupe du monde, avec des capitaux privés. Le projet prévoyait de lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars en vendant une participation minoritaire pouvant aller jusqu'à 20 % à des investisseurs privés. Parmi les parties potentiellement intéressées figurait Thrive Eternal, un fonds fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. L'initiative a provoqué une forte opposition institutionnelle et a finalement été abandonnée, Infantino ayant envoyé une lettre d'excuses mercredi soir qui n'a rien changé pour plusieurs associations.
L'opposition européenne grandit
Le Pays de Galles a été le premier à retirer son soutien, il y a une dizaine de jours, suivi par la Fédération anglaise. La FAI rejoint désormais une liste de 13 nations européennes qui ont officiellement retiré leur soutien : le Pays de Galles, l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Roumanie, la Grèce, la Croatie, la Serbie, l'Albanie, la Finlande, la Suède, la Norvège et la République d'Irlande. L'IFA d'Irlande du Nord n'a pas officiellement retiré son soutien mais soutient la position de l'UEFA. L'UEFA, ainsi que la Confédération asiatique de football (AFC) et la CONCACAF, ont signé lundi une lettre ouverte accusant Infantino d'avoir rompu la confiance « par la tromperie ». Le boycott des compétitions de la FIFA par l'UEFA reste en vigueur, bien que la Fédération française de football ait indiqué à BBC Sport qu'elle avait toujours l'intention de participer à la Coupe du monde féminine U20 le mois prochain, malgré le boycott à l'échelle de la confédération. Le syndicat mondial des joueurs, la Fifpro, a accusé Infantino d'un « abus profond du pouvoir présidentiel ».
- Le Pays de Galles devient la première nation à retirer publiquement son soutien à Infantino
- L'UEFA, l'AFC et la CONCACAF signent une lettre ouverte accusant Infantino d'avoir rompu la confiance par la tromperie ; le conseil d'administration de la FAI se réunit et accepte de retirer son soutien
- Infantino envoie une lettre d'excuses aux associations membres, ce qui ne change rien pour plusieurs fédérations
- La FAI confirme officiellement le retrait de son soutien ; le Qatar, l'Égypte, le Liban, le Maroc, le Soudan et la Mauritanie déclarent leur soutien à Infantino
Le soutien restant à Infantino
Malgré le retour de bâton européen, Infantino conserve le soutien de plusieurs camps. La CAF (Confédération africaine de football) et la CONMEBOL ont réaffirmé leur soutien, tout comme des pays comme le Mexique, l'Argentine, la Bolivie, l'Équateur, le Venezuela, le Maroc, le Qatar, l'Égypte, le Liban, le Soudan et la Mauritanie. Le président américain Donald Trump a défendu Infantino sur Truth Social, déclarant que la FIFA ferait « une terrible erreur » si elle le remplaçait, et louant la rentabilité de la Coupe du monde 2026, qui a généré près de 15 milliards de dollars de revenus. Lors d'une élection présidentielle de la FIFA, les confédérations ne votent pas ; chaque nation membre dépose un bulletin de vote. Infantino aurait reçu plus de 200 lettres de soutien avant la controverse, et sa survie dépend désormais du maintien d'un soutien suffisant en dehors de l'Europe pour compenser les pertes.
La suite
Infantino devait initialement se présenter sans opposition à sa réélection en mars 2027. Sa position s'est considérablement affaiblie, mais il a obtenu le soutien du Mexique et du Qatar. L'UEFA veut son départ et affirme que ses associations membres continueront de boycotter les compétitions de la FIFA jusqu'à son départ. La lettre ouverte cosignée par les dirigeants de l'UEFA, de l'AFC et de la CONCACAF a souligné qu'Infantino avait perdu leur confiance.

