
L’Iran frappe des bases américaines au Koweït et à Bahreïn après des frappes américaines sur ses positions côtières, menaçant de mettre fin au cessez-le-feu
Dans la nuit, l’Iran a lancé des drones et des missiles sur la base aérienne d’Ali al Salem au Koweït et le quartier général de la Ve Flotte américaine à Bahreïn, quelques heures après que des avions de combat américains ont frappé dix sites militaires iraniens le long du détroit d’Ormuz.
La riposte du dimanche matin
Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti au Koweït et à Bahreïn tôt dimanche, alors que le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran a lancé des missiles balistiques et des drones contre huit installations militaires américaines, notamment la base aérienne conjointe américano-koweïtienne d’Ali al Salem et le commandement de la Ve Flotte de la marine américaine à Manama. Les forces armées koweïtiennes ont indiqué avoir intercepté un nombre non précisé de missiles, tandis que le ministre de l’Intérieur bahreïnien a exhorté les habitants à « rester calmes et à se rendre à l’abri le plus proche ». Un immeuble résidentiel près de l’aéroport international de Manama a été endommagé, mais les autorités locales et un responsable américain s’exprimant auprès de Reuters ont confirmé qu’aucun civil ni militaire n’avait été tué.
Toute nouvelle agression, quel que soit le prétexte, recevra une réponse écrasante.
Les frappes américaines à l’origine de l’échange
Samedi en fin de journée, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé que des avions de combat avaient touché dix cibles militaires iraniennes dans et à proximité du détroit d’Ormuz, détruisant des infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des positions de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des capacités de pose de mines navales. L’opération a été ordonnée en réponse à un drone d’attaque à sens unique iranien qui avait frappé plus tôt dans la journée le pétrolier Kiku, battant pavillon panaméen. Le Kiku transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut en provenance d’un champ pétrolier qatari vers un port émirati sur le golfe d’Oman, empruntant une route près de la côte omanaise que Téhéran considère comme non autorisée.
L’Iran avait la possibilité de respecter l’accord de cessez-le-feu, mais a choisi de ne pas le faire lorsque ses forces ont lancé un drone d’attaque à sens unique.
La télévision d’État iranienne IRIB a rapporté des explosions à Taherui (région de Sirik) et à Masan (île de Qeshm), les attribuant à l’impact de projectiles sur une tour de communication.
Une trêve qui ne s’est jamais stabilisée
Cet échange s’inscrit dans un schéma amorcé quelques jours plus tôt. Jeudi, un drone iranien a touché le navire marchand M/V Ever Lovely, battant pavillon singapourien, au large d’Oman, provoquant une frappe américaine de représailles vendredi. Un mémorandum de cessez-le-feu provisoire avait été signé le 17 juin, mais l’Iran insiste sur le fait que l’accord lui confère l’autorité exclusive sur le transit des navires dans le détroit d’Ormuz jusqu’à ce qu’un règlement définitif soit négocié. Washington et les États arabes du Golfe rejettent cette interprétation, et un organisme maritime multinational supervisé par la marine américaine a encore attisé les tensions samedi en annonçant l’élargissement d’une route alternative près d’Oman pour gérer le trafic entrant et sortant.
- Signature d’un mémorandum de cessez-le-feu provisoire entre l’Iran et les États-Unis.
- Un drone iranien touche le navire M/V Ever Lovely, battant pavillon singapourien, au large d’Oman.
- Frappes aériennes américaines de représailles sur des positions iraniennes dans le sud de l’Iran.
- Un drone iranien frappe le pétrolier Kiku, battant pavillon panaméen ; les États-Unis ripostent en touchant dix cibles iraniennes dans et à proximité du détroit d’Ormuz.
- L’Iran lance des missiles balistiques et des drones sur la base d’Ali al Salem (Koweït) et le QG de la Ve Flotte américaine (Bahreïn).
Menaces de quitter la table des négociations
Le Corps des Gardiens de la révolution iranienne a déclaré que les bombardements américains violaient le mémorandum d’accord et a averti que la poursuite des actions américaines entraînerait une « paralysie totale » des négociations de paix. Le président américain Donald Trump, dans un message sur Truth Social, a déclaré que les États-Unis avaient « attaqué des sites de stockage de missiles et de drones iraniens ainsi que des sites radar côtiers pour violation de l’accord de cessez-le-feu, ENCORE UNE FOIS ! »
Il pourrait arriver un moment où les États-Unis ne pourront plus être raisonnables et seront contraints d’achever le travail militairement. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister !
Le ministère des Affaires étrangères koweïtien a dénoncé la frappe iranienne comme une atteinte aux efforts internationaux de désescalade et a réservé le droit de prendre toutes les mesures nécessaires. Le ministère des Affaires étrangères bahreïnien a condamné l’attaque et appelé à une réunion d’urgence du Conseil de coopération du Golfe.
Un point de passage sous pression
Avant le conflit, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux transitait par le détroit d’Ormuz. La cargaison du Kiku contenait à elle seule plus de deux millions de barils, et les sites de suivi des navires confirment qu’il empruntait la route de la côte omanaise que Téhéran avait précédemment déclarée interdite. Le Centre des opérations maritimes du Royaume-Uni a relevé son niveau de menace à « substantiel » après qu’un projectile a touché un pétrolier samedi, conseillant à tous les navires de faire preuve d’une extrême prudence.


