
L'Iran exige le retrait américain, la levée des sanctions et des réparations avant la réouverture du détroit d'Ormuz
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, a déclaré le 8 août que le détroit d'Ormuz restera fermé jusqu'à ce que les États-Unis mettent fin à la guerre, lèvent les sanctions, débloquent les avoirs et versent des réparations complètes, malgré les discussions « positives » rapportées par Oman sur la gestion future de la voie d'eau.
Les exigences de l'Iran
Mohammad Bagher Zolghadr, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a exposé des conditions exhaustives samedi 8 août pour toute réouverture du détroit d'Ormuz. Cité par les médias iraniens et rapporté par CNN et Al Jazeera, il a déclaré que les États-Unis doivent mettre fin à la guerre et à l'agression contre l'Iran et ses alliés, lever le blocus des ports iraniens, retirer les troupes américaines de la région, lever les sanctions, débloquer les avoirs iraniens et fournir des « réparations complètes » pour les dommages causés par la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d'Ormuz restera fermé.
Négociations sous médiation omanaise
Oman, également État riverain du détroit, a rapporté le 8 août que les discussions avec l'Iran sur la gestion future de la voie d'eau se déroulaient dans une atmosphère « positive et constructive ». Téhéran avait déclaré ces derniers jours être d'accord avec le sultanat sur une route de transit pour les navires, mais Oman ne s'était pas exprimé publiquement jusqu'à samedi. L'Iran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service, ce à quoi les États-Unis s'opposent fermement. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a prévenu que les négociations avec Oman ne signifient pas la réouverture du détroit.
- Guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran
- Un accord protocolaire irano-américain établit un cessez-le-feu et rouvre le détroit d'Ormuz au trafic
- Le cessez-le-feu s'effondre ; les frappes américaines et les réponses iraniennes reprennent
- Derniers bombardements américains sur l'Iran effectués
- Les Houthis attaquent un camp gouvernemental soutenu par l'Arabie saoudite dans le centre du Yémen, tuant 8 soldats
- L'Iran fixe les conditions de réouverture du détroit ; un pétrolier émirati d'Adnoc touché par un missile
Un cessez-le-feu qui a échoué
Certaines des conditions énumérées par Zolghadr faisaient partie d'un accord protocolaire irano-américain de juin qui avait établi un cessez-le-feu, permis la reprise du trafic dans le détroit et devait ouvrir la voie à des négociations plus larges. Cette trêve a volé en éclats début juillet, entraînant la reprise des frappes américaines et des réponses iraniennes contre les alliés de Washington au Moyen-Orient. L'armée américaine n'a pas mené de nouveaux bombardements sur l'Iran depuis fin juillet. Début août, le président Donald Trump a annulé une nouvelle attaque au dernier moment et a déclaré que les négociations avec l'Iran reprendraient, une affirmation que Téhéran a rapidement démentie.
Attaques contre la navigation
Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment que les négociations omanaises n'ont rien à voir avec la réouverture du détroit. L'armée iranienne continue d'attaquer régulièrement les navires tentant de contourner la route qu'elle a imposée. Samedi, un pétrolier des Émirats arabes unis appartenant à la compagnie nationale Adnoc a été visé par un missile dans le détroit, sans faire de victimes. Le ministère des Affaires étrangères des Émirats a condamné ce qu'il a appelé une « attaque hostile de l'Iran contre un pétrolier appartenant à Adnoc à l'aide d'un missile alors qu'il traversait le détroit d'Ormuz ». Le ministère des Affaires étrangères omanais, sans nommer l'Iran, a condamné les « attaques répétées » et appelé à s'abstenir de toute action susceptible de compromettre le processus diplomatique.
Escalade régionale
Les Houthis yéménites pro-iraniens ont revendiqué vendredi 7 août la responsabilité d'une attaque contre un camp des forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite dans le centre du Yémen, tuant 8 soldats selon un bilan révisé communiqué par une source militaire. Al Jazeera a rapporté que d'autres attaques ont été menées samedi. Le détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial des hydrocarbures, reste verrouillé par l'Iran, qui cible régulièrement les navires entrant sans son autorisation.


