
L'Iran ferme le détroit d'Ormuz après des tirs de sommation, quelques heures après l'expiration de l'ultimatum américain
Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré le détroit d'Ormuz fermé jusqu'à la fin des interventions américaines, quelques heures après l'expiration samedi d'un ultimatum américain exigeant un passage sans restriction. Des tirs de sommation ont été effectués contre un navire qui avait ignoré les instructions, et l'armée américaine a annoncé avoir lancé des frappes contre des cibles iraniennes en réponse.
Annonce de la fermeture du détroit
Dans les premières heures de dimanche, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré le détroit d'Ormuz fermé « jusqu'à nouvel ordre » à toute navigation. Cette décision fait suite à un épisode au cours duquel un navire qui avait « éteint ses systèmes » et mis en danger la sécurité maritime a été touché par un tir de sommation et contraint de s'arrêter par les unités navales du CGRI. Dans un communiqué diffusé par la télévision d'État IRIB, les Gardiens ont directement lié cette fermeture à l'ingérence extérieure.
En raison de la brèche de sécurité causée par l'intervention illégale de puissances étrangères, le détroit d'Ormuz est fermé jusqu'à nouvel ordre et jusqu'à ce que les interventions américaines dans la région cessent ; aucun navire ne sera autorisé à passer.
Les autorités iraniennes ont ajouté que toute tentative d'ouvrir de force une « voie illégale » déclencherait une réaction ferme.
- Les États-Unis et l'Iran signent un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre et débloquer le détroit (17 juin)
- L'ultimatum américain pour une ouverture sans restriction expire le samedi 11 juillet ; l'Iran ne s'y conforme pas
- Le CGRI tire sur un navire qui a éteint ses systèmes et le force à s'arrêter
- Le CGRI annonce la fermeture du détroit d'Ormuz jusqu'à nouvel ordre, tôt dimanche matin
- L'armée américaine déclare attaquer l'Iran en réponse à l'incident, selon l'Associated Press
Ultimatum américain et escalade militaire
La fermeture a été annoncée quelques heures seulement après l'expiration d'un ultimatum américain. Washington avait donné à Téhéran jusqu'au samedi 11 juillet pour déclarer publiquement qu'il autoriserait une navigation « sans restriction, sûre et libre » à travers le détroit, selon des sources officielles américaines. La date limite est passée sans aucune concession iranienne. L'Associated Press a ensuite rapporté que l'armée américaine avait déclaré avoir commencé à attaquer des cibles iraniennes en réponse directe aux tirs sur un navire civil dans le détroit.
Le CGRI, de son côté, a prévenu que « toute erreur de l'ennemi » provoquerait une riposte sévère et que « les nouvelles bases ennemies dans la région seront ciblées ».
Toute erreur contre Téhéran se heurtera à une réponse sévère, et les nouvelles bases ennemies dans la région seront ciblées par nos attaques.
Effondrement diplomatique autour des sanctions
Quelques heures avant l'incident maritime, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi avait accusé les États-Unis de « violer le paragraphe 9 du protocole d'accord » que les deux pays avaient signé le 17 juin. Ce protocole visait à mettre fin à la guerre en cours, à débloquer le détroit d'Ormuz et à ouvrir des négociations sur le programme nucléaire iranien. La dernière action de Washington (imposer de nouvelles sanctions contre des personnes du cercle proche de Mojtaba Khamenei, que les médias d'État iraniens désignent à plusieurs reprises comme le guide suprême) a été décrite par Araqchi comme une nouvelle violation.
Le non-respect par les États-Unis de l'accord s'ajoute à d'autres violations et erreurs de ce pays nord-américain.
L'accord de juin était déjà mis à rude épreuve par une semaine de frappes transfrontalières au Moyen-Orient, et la séquence des événements de samedi semble avoir anéanti toute bonne volonté restante.
Menaces contre les bases étrangères
Le communiqué du CGRI a étendu ses avertissements au-delà de la voie navigable, déclarant que « les conséquences de toute intervention incombent à l'ennemi américano-sioniste et aux pays qui ont cédé leur territoire pour le lancement de menaces ». Ce langage soulève la possibilité que les États du Golfe qui abritent des installations militaires américaines soient entraînés dans une confrontation plus large. Les Gardiens ont précisé que la fermeture resterait en vigueur jusqu'à ce que les « interventions » américaines dans toute la région cessent, et que toute tentative de rouvrir le détroit par la force se heurterait à une réponse militaire.
Une artère sous pression
Le détroit d'Ormuz est l'un des corridors maritimes les plus importants au monde pour le pétrole et le gaz naturel. Il relie le golfe Persique au golfe d'Oman et à l'océan Indien, et même une perturbation partielle peut envoyer des ondes de choc sur les marchés du brut. Avec le détroit désormais déclaré interdit par les forces iraniennes, les traders surveilleront la séance de négociation asiatique de lundi pour des impacts immédiats sur les prix. Aucune indication n'a été donnée par la marine iranienne ou le CGRI quant à un calendrier de réexamen de l'ordre de fermeture.


