
L'Iran frappe deux navires dans le détroit d'Ormuz, menaçant le fragile cessez-le-feu américano-iranien
Le Corps des gardiens de la Révolution iranienne a tiré au moins deux missiles sur des navires civils dans le détroit d'Ormuz lundi, la première attaque de ce type depuis fin juin, ont indiqué des responsables américains à Axios. L'incident met en danger un accord de désescalade provisoire et a déjà fait grimper les prix du pétrole.
Attaque contre deux navires
Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) d'Iran a lancé au moins deux missiles contre des navires marchands traversant le détroit d'Ormuz le 6 juillet, selon des responsables américains cités par Axios. Les deux navires ont subi des dommages importants, mais aucun blessé parmi les équipages n'a été signalé. L'organisation britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO) avait indiqué plus tôt avoir reçu des rapports faisant état d'un pétrolier en feu après avoir été frappé par un projectile non identifié au large des côtes d'Oman. L'un des navires a été identifié comme étant le transporteur de GNL qatari Al Rekayyat.
Cessez-le-feu sous tension
Cette attaque est la première depuis le 27 juin, date à laquelle une frappe similaire du CGRI a provoqué des représailles américaines et failli faire s'effondrer une trêve plus large. Cet échange antérieur avait conduit à un cessez-le-feu d'une semaine, mais les tirs de missiles de lundi brisent l'accalmie. L'accord provisoire, signé par Donald Trump le 17 juin à Versailles, a mis fin aux hostilités actives entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui avaient commencé le 7 avril. Cet accord a ouvert une fenêtre de 60 jours pour négocier un accord global couvrant le programme nucléaire iranien et d'autres questions.
Impasse diplomatique
Après l'échange de juin, les États-Unis et l'Iran ont tenu un cycle de pourparlers indirects au Qatar axé sur le détroit, mais ils n'ont pas abouti à une percée. Ces discussions sont maintenant suspendues pendant une semaine de cérémonies funéraires pour le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre. Téhéran a averti à plusieurs reprises les navires de ne pas utiliser le couloir sud désigné comme exempt de mines par les États-Unis, près de la côte d'Oman, menaçant d'attaquer les navires qui s'écartent de sa route privilégiée.
Les marchés pétroliers réagissent
Le détroit d'Ormuz est un point de passage crucial pour les expéditions énergétiques mondiales, transportant une grande partie des exportations de pétrole et de GNL du Moyen-Orient. Suite à l'annonce de l'attaque, le brut West Texas Intermediate pour livraison en août a augmenté de 0,95 % à 69,20 $ le baril sur le NYMEX, tandis que le Brent pour septembre a gagné 0,96 % à 72,68 $ le baril sur l'ICE.
- Début du cessez-le-feu entre les États-Unis/Israël et l'Iran, mettant fin aux hostilités actives.
- Donald Trump signe un accord préliminaire à Versailles, lançant une période de négociation de 60 jours.
- Le CGRI attaque des navires ; les États-Unis ripostent. Les deux camps acceptent une trêve d'une semaine.
- Les États-Unis et l'Iran tiennent des discussions indirectes sur le détroit, mais aucune percée n'est obtenue.
- Le CGRI tire des missiles sur deux navires marchands, la première attaque depuis le 27 juin.
Quelle suite
La Maison-Blanche n'a pas encore annoncé de mesure de représailles, même si les médias américains rapportent que des scénarios de réponse sont à l'étude. La reprise des violences jette le doute sur la viabilité de la voie de négociation de 60 jours et fait craindre une escalade plus large dans le Golfe.


