La Banque d'Angleterre maintient son taux à 3,75 % alors que la trêve américano-iranienne apaise les craintes d'inflation
La Banque d'Angleterre a maintenu jeudi son taux directeur à 3,75 %, estimant qu'un accord de paix provisoire entre les États-Unis et l'Iran et des données d'inflation plus modérées lui laissaient du temps avant de relever le coût du crédit, même si deux membres du comité ont voté contre.
La décision reste stable
Le Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre a voté par 7 voix contre 2 pour maintenir le taux directeur à 3,75 %, niveau où il se trouve depuis le début du conflit américano-iranien en février. Cette décision correspond aux prévisions des économistes et reflète une évaluation prudente des pressions inflationnistes encore incertaines.
La dissidence s'accroît mais la majorité reste prudente
Le chef économiste Huw Pill a été rejoint par la membre externe Megan Greene pour réclamer une hausse d'un quart de point, arguant qu'il était nécessaire d'agir rapidement pour éviter que des effets de "second tour" dus à la hausse des coûts de l'énergie ne s'enracinent. Les sept autres membres, dont le gouverneur Andrew Bailey, ont choisi d'attendre, invoquant la trêve provisoire entre les États-Unis et l'Iran et des données d'inflation inférieures aux attentes.
Inflation et croissance : un tableau mitigé
L'inflation des prix à la consommation est restée inchangée à 2,8 % en mai, son plus bas niveau depuis 13 mois, le ralentissement des prix alimentaires compensant la hausse des tarifs aériens et du carburant. Cependant, la Banque a prévenu que la hausse des prix de l'énergie au cours des quatre derniers mois avait créé des "pressions inflationnistes dans les tuyaux" et qu'elle s'attend toujours à ce que l'inflation dépasse 3,25 % d'ici le quatrième trimestre. L'économie britannique s'est contractée de 0,1 % en avril, bien que la BoE ait légèrement relevé son estimation de la croissance trimestrielle sous-jacente à 0,2 %.
Géopolitique et énergie
L'émergence d'un accord de paix provisoire entre les États-Unis et l'Iran a fait passer le prix du pétrole sous la barre des 80 dollars le baril et suscité l'espoir d'une réouverture du détroit d'Ormuz, allégeant ainsi l'un des principaux canaux alimentant l'inflation au Royaume-Uni. Pourtant, la Banque a souligné que la pérennité de la trêve reste incertaine. Le gouverneur Bailey a qualifié la baisse du prix du pétrole d'"encourageante", mais a déclaré qu'il était trop tôt pour sonner l'alerte générale.
Réaction des marchés
La livre sterling a perdu 0,6 % face au dollar pour s'établir à environ 1,3212 $, son plus bas niveau depuis début avril, et s'est également affaiblie face à l'euro. Le rendement de l'obligation d'État britannique à deux ans a augmenté de 7 points de base à 4,2 %, tandis que l'indice FTSE 100 a perdu 1 %. Les taux de swap, qui influencent le prix des prêts hypothécaires, ont baissé d'environ 0,35 à 0,40 point de pourcentage par rapport à leur pic de mai, alimentant les attentes selon lesquelles les prêteurs, dont HSBC et Barclays, pourraient encore réduire leurs taux hypothécaires.
Analyses d'experts
Un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran, s'il survit, supprime un risque important pour l'inflation future, et même si les décideurs ne voudront pas prendre les choses pour acquises, les preuves suggèrent que les pressions inflationnistes sont suffisamment contenues pour l'instant pour éviter d'avoir à porter les taux d'intérêt dans un territoire encore plus restrictif.
La BoE a probablement la marge de manœuvre nécessaire pour évaluer le choc énergétique avant de prendre des mesures décisives. Les récentes données accommodantes rappellent au MPC qu'agir trop tôt pourrait freiner considérablement les perspectives de croissance.
Les deux votes en faveur d'une hausse montrent que certains décideurs restent préoccupés par les pressions inflationnistes sous-jacentes. Mais avec la récente baisse des prix de l'énergie et les données d'inflation plus modérées d'hier, les évolutions sont conformes, voire meilleures, que le scénario A de la Banque lors de la dernière réunion, qui était compatible avec un maintien des taux cette année.
Chronologie des événements clés
- Début de la guerre États-Unis-Iran ; fermeture du détroit d'Ormuz
- La BCE relève ses taux d'intérêt pour la première fois depuis 2023
- Une trêve provisoire États-Unis-Iran émerge
- L'inflation britannique reste inchangée à 2,8 % en mai
- La Banque d'Angleterre maintient son taux d'intérêt à 3,75 % (7 voix contre 2)


