
Le Trésor français avertit que l'inaction climatique pourrait réduire le PIB de 3,6 % et creuser le déficit d'ici 2050
Un rapport présenté par le ministre de l'Économie Roland Lescure le 11 septembre 2026 prévoit que l'inaction climatique pourrait réduire le PIB français de 3,6 % et creuser le déficit public de 1,8 point de pourcentage du PIB d'ici 2050.
Projections économiques à long terme
Une note de politique de la Direction générale du Trésor français, présentée le 11 septembre 2026 par le ministre de l'Économie Roland Lescure, expose les estimations macroéconomiques pour l'économie française jusqu'au milieu du siècle. En l'absence de mesures d'adaptation supplémentaires et de politiques de réduction des émissions, le changement climatique devrait réduire le produit intérieur brut français de 3,6 % en 2050. Le Trésor identifie deux mécanismes principaux à l'origine de cette perte économique : une baisse de la productivité du travail due à la hausse des températures et une augmentation du taux de dépréciation du capital. Le ministère a fondé ses hypothèses analytiques sur les scénarios climatiques développés par le Réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS), une coalition internationale de banques centrales et de régulateurs financiers qui établit des cadres de référence communs.
L'inaction n'est pas une option. Ne pas s'adapter a un coût, mais c'est aussi une opportunité économique et une question de souveraineté.
Détérioration des finances publiques
Au-delà de la production économique générale, l'analyse du Trésor évalue les conséquences des perturbations climatiques non atténuées sur les budgets nationaux. Le document prévoit que l'inaction publique aggravera le déficit budgétaire français de 1,8 point de pourcentage du PIB d'ici 2050. Sans réductions compensatoires des dépenses publiques, ce déficit croissant augmentera directement la charge de la dette souveraine de l'État. Le coût final pour l'État dépendra de la trajectoire de la hausse des températures mondiales, de l'efficacité des politiques nationales d'adaptation et des futures décisions politiques concernant la part des dommages climatiques absorbée par l'État. Le Trésor note également que l'atténuation des pertes nécessitera le déploiement de technologies existantes, notamment des conceptions de bâtiments protecteurs, et la mise en œuvre de décisions sociétales telles que des réglementations d'urbanisme plus strictes interdisant la construction dans les zones inondables.
La maladaptation, l'attentisme et l'inaction auraient un coût bien plus élevé que l'adaptation.
- Réduction du PIB
- 3.6 % du PIB
- Augmentation du déficit public
- 1.8 % du PIB
Impacts climatiques et ralentissement de la croissance en 2026
La modélisation à long terme fait suite aux chocs économiques directs enregistrés durant l'été 2026, qui a été l'été le plus chaud jamais mesuré en France. Plus tôt en septembre, le gouvernement français a reconnu que les vagues de chaleur sévères et la sécheresse prolongée réduiront de 0,1 point de pourcentage la croissance économique nationale en 2026, principalement en raison de la baisse des rendements agricoles. Parallèlement au rapport climatique du 11 septembre, le gouvernement a révisé sa prévision annuelle de croissance du PIB français pour 2026 à 0,5 %. Les institutions européennes ont fait état de coûts parallèles dans l'ensemble de l'Union européenne. Jeudi à Bruxelles, le secrétaire exécutif de l'ONU Climat, Simon Stiell, a exhorté les dirigeants européens à maintenir leurs engagements en faveur de la transition vers une énergie propre, soulignant les lourdes pertes régionales dues aux conditions météorologiques extrêmes de l'été.
Selon une étude, les événements extrêmes de cet été coûteront à l'Europe 180 milliards d'euros en perte de productivité du travail et en perturbations dans les secteurs de l'alimentation, de l'énergie et des transports. Cela équivaut à une baisse d'un point de pourcentage du PIB européen, exactement le taux de croissance prévu pour l'économie de l'UE.
- Prévision de croissance du PIB français 2026
- 0.5 %
- Perte de croissance française 2026 due à la sécheresse et à la chaleur
- 0.1 %
- Perte de PIB de l'UE en 2026 due aux conditions météorologiques extrêmes
- 1 %
Groupes de travail ministériels et adaptation des entreprises
À la suite d'une instruction du Premier ministre visant à accélérer la planification nationale de l'adaptation, le ministère de l'Économie a organisé un séminaire dédié à Bercy avec des représentants des principaux secteurs industriels, des fédérations patronales et des syndicats. Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a rejoint Lescure lors de l'événement pour mettre en place des groupes de travail spécialisés axés sur l'adaptation des entreprises et des instruments de financement dédiés. Les initiatives visent à encourager la résilience du secteur privé dans les chaînes d'approvisionnement et les infrastructures avant que des événements climatiques cumulatifs ne créent des pertes économiques plus importantes. Les groupes de travail élaboreront des feuilles de route d'adaptation spécifiques aux secteurs et examineront des modèles de financement public-privé pour aider les entreprises à s'adapter à l'évolution des conditions environnementales.


