
L'Espagne engage une procédure de révocation de la licence d'Holaluz, mettant en danger 144 000 clients d'électricité
Le gouvernement espagnol a engagé une procédure pour retirer à Holaluz sa licence de vente d'électricité, après que l'entreprise aurait omis de payer les péages de distribution, ce qui pourrait contraindre ses 144 000 clients à basculer vers des fournisseurs régulés.
## Contexte Holaluz, le fournisseur d'électricité catalan cofondé par Carlota Pi, risque de perdre sa licence d'exploitation après que le ministère espagnol de la Transition écologique a engagé une procédure de révocation de son autorisation. La résolution, adoptée le 16 juillet par le directeur général de la Politique énergétique et des Mines, a été publiée au Journal officiel de l'État (BOE) le samedi 18 juillet, ouvrant un délai de 10 jours ouvrés pour que l'entreprise présente ses recours.
Le litige sur les péages
L'action du ministère découle du non-paiement des péages de distribution, les frais réglementés que les fournisseurs versent aux gestionnaires de réseau pour l'utilisation du réseau électrique. Des sources du secteur citées par El Confidencial estiment les obligations mensuelles de péage d'Holaluz à 2,6 millions d'euros, payables aux distributeurs appartenant à Iberdrola, Endesa et Naturgy. Pour déclencher une révocation, un fournisseur doit généralement être en retard de trois à quatre mois, selon des initiés du secteur. Holaluz n'a pas divulgué le montant exact dû ni la durée du non-paiement.
Impact sur les clients
La base de clients de l'entreprise est estimée entre 139 111 et 144 000 points de fourniture d'électricité, selon la source de données. Les chiffres du troisième trimestre 2025 de la CNMC font état de 139 111 utilisateurs, tandis que d'autres rapports citent plus de 144 000. Le propre rapport annuel 2025 d'Holaluz mentionnait 221 650 contrats énergétiques, dont plus de 95 % avec des ménages et des petites entreprises. Si la licence est révoquée, ces clients seraient transférés à un fournisseur de référence (probablement Endesa, Iberdrola, Naturgy, TotalEnergies ou CHC (Repsol)) pour garantir la continuité de l'approvisionnement. Holaluz n'a pas communiqué directement avec ses clients à ce sujet, les laissant apprendre la menace par les médias.
Pression financière
Holaluz est sous pression financière. En 2025, le chiffre d'affaires a chuté de 41 % à 158,9 millions d'euros, contre 271 millions en 2024. Les pertes nettes se sont réduites de 29,5 % à 22,2 millions d'euros, après une restructuration de la dette de 57 millions d'euros et l'entrée du partenaire d'investissement Icosium. Les actions de la société, négociées sur le marché BME Growth pour les petites et moyennes entreprises, ont été suspendues le lundi 20 juillet après l'annonce du ministère. Le dernier cours était de 0,826 euro, en hausse de près de 17 % depuis le début de l'année.
- Revenus 2024
- 271 M€
- Pertes 2024
- 31.5 M€
- Revenus 2025
- 158.9 M€
- Pertes 2025
- 22.2 M€
Réponse de l'entreprise
Carlota Pi, PDG d'Holaluz, a qualifié la procédure de « procédure administrative ponctuelle dans le cadre réglementaire du secteur » et a déclaré que l'entreprise la gérait « conformément aux procédures habituelles ». Dans un communiqué au marché, elle a exprimé sa confiance dans la réussite du recours et a noté que l'ambiance interne était « optimiste ». L'entreprise insiste sur le fait que l'activité commerciale se poursuit normalement et que l'approvisionnement en électricité de tous les clients est entièrement garanti.
Il s'agit d'une procédure administrative ponctuelle dans le cadre réglementaire du secteur, que l'entreprise gère conformément aux procédures habituelles.
La suite
Holaluz a jusqu'à la fin du délai de recours de 10 jours ouvrés (probablement autour du 31 juillet) pour soumettre ses arguments et prouver qu'elle est à jour de ses paiements. Si le ministère confirme la révocation, le processus de transfert des clients commencera. L'issue déterminera si le fournisseur peut continuer à opérer ou si ses 144 000 clients deviennent clients des grands fournisseurs régulés.
- Le ministère adopte la résolution de révocation de la licence
- Le BOE publie la résolution, le délai de recours de 10 jours commence
- Le BME Growth suspend la négociation d'Holaluz
- Date limite de recours


