
Les députés espagnols votent sur les décrets d'urgence sur le logement après les manifestations à Madrid
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez affronte vendredi un vote parlementaire contesté sur deux décrets d'urgence sur le logement, le parti catalan Junts ayant annoncé qu'il voterait contre.
Vote parlementaire sur le logement
Le Congrès des députés espagnol vote vendredi sur deux décrets d'urgence du gouvernement destinés à réformer la protection des locataires et à freiner la hausse des coûts du logement dans le pays. Le Premier ministre Pedro Sánchez a lancé un appel direct aux députés depuis la tribune quelques minutes avant la séance, les exhortant à mettre de côté les divisions partisanes et à soutenir les mesures. Le gouvernement de coalition minoritaire dispose de 147 sièges sur 350, ce qui le rend dépendant d'alliés régionaux pour faire adopter les textes. Le Parti populaire conservateur et le parti d'extrême droite Vox ont tous deux annoncé qu'ils voteraient contre les décrets, laissant l'issue du scrutin entre les mains du parti nationaliste catalan Junts.
Pensez aux gens ordinaires, à ceux qui ont le plus besoin de la protection des institutions publiques.
Mesures législatives et résistance politique
Les deux décrets, approuvés par le conseil des ministres le 29 septembre 2026, introduisent de profondes modifications de la réglementation locative. Le premier décret suspend les expulsions de locataires vulnérables jusqu'en 2030, prolonge de deux ans le gel existant des loyers et durcit les règles sur les locations touristiques de courte durée, tout en offrant des incitations fiscales à la construction de logements neufs. Le second décret instaure le renouvellement automatique des baux à leur expiration, les transformant de fait en baux à durée indéterminée, et oblige les bailleurs qui résilient un contrat à verser au locataire une indemnité équivalente à 12 mois de loyer. Les sept députés de Junts ont toutefois annoncé jeudi qu'ils s'opposeraient aux deux décrets, estimant que la réglementation réduira l'offre de logements.
Beaucoup des mesures incluses auront l'effet inverse de celui recherché : elles réduiront l'offre de logements à louer, feront monter les prix et rendront l'accès au logement encore plus difficile pour les personnes aux moyens financiers limités.
- Le conseil des ministres approuve deux décrets d'urgence sur le logement après des manifestations
- Le parti catalan Junts annonce qu'il votera contre les deux mesures sur le logement
- Sánchez lance un appel aux députés avant le vote parlementaire à Madrid
Hausse des coûts et mobilisations
Le vote parlementaire intervient après plusieurs jours de manifestations consécutives à l'expulsion de María del Carmen Abascal, 87 ans, de son logement madrilène qu'elle occupait depuis 70 ans, après qu'un fonds d'investissement a acheté le bien et augmenté le loyer. Les manifestants ont installé un campement sur la place Puerta del Sol à Madrid, tandis que les forces de l'ordre étaient déployées vendredi autour du bâtiment du Parlement. La pression sur le logement s'est accrue dans toute l'Espagne, où la Banque d'Espagne estime le déficit à 700 000 logements pour une population de 50 millions d'habitants. Selon le portail immobilier Idealista, le loyer moyen est passé de 8,20 € le mètre carré en 2016 à 15,10 € en 2026. Le Conseil de la jeunesse espagnol rapporte que le loyer mensuel moyen atteint 1 176 €, soit 98,7 % du salaire mensuel moyen d'un jeune travailleur.
- 2016
- 8.2 €/m²
- 2026
- 15.1 €/m²
Je ne sais pas ce qui pourrait se passer si des élections sont convoquées, mais nous continuerons à nous battre dans la rue et l'ambiance continuera à ressembler à une grève générale.
Perspective d'élections anticipées
Une défaite dans l'hémicycle pourrait déclencher des élections générales anticipées avant la fin de l'année, alors que le scrutin est normalement prévu en 2027. Des sources gouvernementales citées par le quotidien espagnol El País indiquent que Sánchez envisage de convoquer des élections anticipées si les décrets sur le logement sont rejetés, le média Eldiario.es évoquant la date du 29 novembre 2026. La vice-Première ministre Yolanda Díaz a refusé d'exclure des élections anticipées lors d'un entretien avec Cadena SER, précisant qu'elle avait discuté de la situation parlementaire avec Sánchez plus tôt dans la semaine.


