
L'Espagne passe outre l'autorité portuaire locale pour construire un camp de migrants pour 1 000 personnes à Ceuta
Le gouvernement espagnol a publié un décret pour prendre le contrôle de 16 000 mètres carrés dans le port de Ceuta afin d'abriter plus de 1 000 migrants, passant outre un vote local contre le plan et suscitant des critiques de la part de l'exécutif régional.
Madrid prend le contrôle du terrain portuaire
Le gouvernement espagnol a approuvé un décret le 5 septembre 2026 pour prendre le contrôle direct de sections du port de Ceuta afin d'établir un hébergement temporaire pour plus de 1 000 migrants. Signé par le ministre des Transports et de la Mobilité durable Óscar Puente, l'arrêté autorise l'installation de tentes sur 16 000 mètres carrés de zone portuaire publique près de la jetée Poniente. La mesure fait suite à des semaines de pression dans la ville autonome nord-africaine après une entrée de migrants le 30 juillet 2026 qui a laissé des centaines de personnes sans abri dans les rues. L'administration dirigée par le Premier ministre Pedro Sánchez a agi pour créer des espaces d'urgence afin de dégager les arrivants sans logement des zones de la ville. Des sources gouvernementales ont expliqué à l'agence de presse EFE que le ministre a agi en raison du caractère exceptionnel de la situation à Ceuta, désignant une partie de la zone de service portuaire déjà ouverte à la ville.
Rejet par l'autorité portuaire locale
Le 4 septembre 2026, le conseil d'administration de l'Autorité portuaire de Ceuta a voté contre l'autorisation des installations de tentes demandées par le Secrétariat d'État aux Migrations. L'Autorité portuaire de Ceuta a rejeté la demande au motif que l'hébergement de migrants était incompatible avec les opérations portuaires commerciales normales et a transféré l'affaire à l'organisme national, Puertos del Estado. Puertos del Estado a noté que l'occupation temporaire prévue pourrait augmenter les risques associés aux opérations portuaires et à la protection des infrastructures critiques et des installations sensibles. Les responsables du ministère des Transports ont examiné ce rapport et la documentation associée avant de décider de passer outre le refus local.
- Des migrants entrent à Ceuta depuis le Maroc et restent sans abri dans les rues de la ville.
- Des centaines de résidents de Ceuta manifestent contre les installations pour migrants prévues avant les expulsions.
- Le conseil d'administration de l'Autorité portuaire de Ceuta vote contre l'installation de tentes pour migrants dans le port.
- Le ministère espagnol des Transports approuve un décret pour prendre le contrôle de 16 000 mètres carrés du port.
Configuration des infrastructures et du site
Conformément aux dispositions du décret signé, le site de 16 000 mètres carrés sera équipé de tentes provisoires, d'installations médicales et de services administratifs. L'aménagement comprend des zones de repos désignées, une infirmerie, une pharmacie, des espaces d'aide sociale et d'intervention, ainsi que des installations sanitaires. Pour soutenir les opérations sur place, le décret prévoit également des bureaux pour le personnel administratif fournissant des services humanitaires, ainsi qu'une caserne dédiée au personnel de sécurité. Les autorités centrales ont conçu le camp pour accueillir les plus de 1 000 personnes qui vivent sans abri dans l'enclave depuis leur arrivée fin juillet. L'initiative intervient dans un contexte de mécontentement public local, suite à des manifestations le 3 septembre 2026 où des centaines de résidents de Ceuta ont protesté contre les centres de rétention de migrants préparés par le gouvernement central en prélude à l'expulsion.
Réponse du gouvernement régional
Le gouvernement régional de Ceuta, dirigé par le président Juan Jesús Vivas, a publié une déclaration officielle qualifiant la décision du gouvernement central d'erreur grave. Les responsables régionaux ont déclaré que les rapports techniques existants désignent le port comme une infrastructure critique qui ne devrait pas être convertie en camp d'urgence. L'exécutif régional a fait valoir que les efforts administratifs rapides déployés pour mettre en place un hébergement temporaire devraient plutôt être dirigés vers la gestion des frontières et les retours.
La rapidité avec laquelle on cherche un logement pour les migrants devrait être appliquée au rapatriement de ces personnes entrées depuis le Maroc, car cela doit être la priorité.
Le gouvernement régional a réitéré que le rapatriement des personnes entrées depuis le Maroc est le seul moyen pour la ville de Ceuta de retrouver la normale.


