
Le PSOE et Sumar débloquent le projet de loi visant à supprimer les délits d'injure à la Couronne et aux sentiments religieux après deux ans de gel
Les deux partis de la coalition gouvernementale espagnole ont convenu de mettre fin à une impasse de 30 mois sur une réforme du Code pénal visant à supprimer plusieurs « délits d'opinion », notamment les injures à la Couronne, les offenses aux sentiments religieux et les outrages aux symboles nationaux.
L'accord mettant fin à un long gel
La coalition au pouvoir en Espagne, composée du Parti socialiste (PSOE) et de la formation de gauche Sumar, a annoncé lundi la réactivation immédiate d'une proposition législative visant à modifier le Code pénal. Le projet de loi avait été admis au débat par le Congrès des députés en décembre 2023, mais était resté bloqué à la Commission de la justice depuis, avec des prolongations répétées du délai de dépôt d'amendements demandées ou tolérées par les partis gouvernementaux eux-mêmes.
Lors d'une conférence de presse conjointe au Congrès, le porte-parole adjoint de Sumar, Enrique Santiago, le délégué du PSOE à la Commission constitutionnelle, Artemi Rallo, et le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, ont confirmé que la coalition utiliserait sa majorité au Bureau du Congrès pour clore la période d'amendements mardi. Cette mesure vise à relancer une réforme que la gauche poursuit depuis la législature précédente.
Il s'agit d'une étape essentielle dans l'abrogation des lois bâillons.
Ce que la réforme supprimerait
Le texte convenu supprime plusieurs dispositions pénales que les critiques qualifient de « lois bâillons ». Plus précisément, il supprimerait les délits d'injures et de calomnies contre la Couronne (articles 490.3 et 491), contre les hautes institutions de l'État telles que le Gouvernement, le Conseil général du pouvoir judiciaire, la Cour constitutionnelle et la Cour suprême (article 504), ainsi que contre les Cortes Generales et les assemblées législatives régionales. Il abolirait également le délit d'offense aux sentiments religieux (article 525) et le crime d'outrage à l'Espagne et à ses symboles nationaux (article 543).
Artemi Rallo a présenté ces changements comme une mesure visant à renforcer la liberté d'expression et à aligner l'Espagne sur les normes internationales fixées par les Nations unies et le Conseil de l'Europe.
Avec cette suppression, le Groupe socialiste entend renforcer le droit à la liberté d'expression, comme il sied à une démocratie de qualité et pleine.
La concession sur l'apologie du terrorisme
Pour obtenir un soutien plus large au sein du bloc d'investiture, les deux partis ont convenu de maintenir intact le délit actuel d'apologie du terrorisme (article 578). Sumar avait initialement demandé son abrogation, mais le PSOE a résisté et le pacte final abandonne cette exigence. Ce compromis évite les frictions avec d'autres alliés parlementaires.
Calendrier politique
L'annonce de lundi intervient dans une semaine où le gouvernement fait face à une pression judiciaire intense, en particulier du côté socialiste. L'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero a été convoqué en tant que suspect dans une enquête pour blanchiment d'argent, et la coalition peine à faire avancer son programme législatif. La relance de la réforme du Code pénal est largement interprétée comme une tentative de reprendre l'initiative politique et de rassembler la majorité qui a soutenu l'investiture de Pedro Sánchez en 2023, une majorité qui inclut Junts, dont les voix sont attendues pour l'approbation finale avant les vacances parlementaires d'été.
Nous sommes convaincus que nous pourrons compter sur le soutien de ces majorités, tout comme leur prise en considération a été approuvée en décembre 2023.
Prochaines étapes
Si un groupe parlementaire dépose un amendement global, le projet de loi retournera en séance plénière pour un nouveau débat et un vote. Une fois cet obstacle franchi, la commission désignera un panel de rédaction et traitera les amendements partiels. La coalition vise à faire inscrire la loi au registre officiel avant la pause d'août.
- Le Congrès admet le projet de loi au débat au début de la législature.
- Le PSOE et Sumar concluent un pacte pour débloquer le texte, mais aucun progrès ne suit.
- Les dirigeants de la coalition annoncent la réactivation et l'accord sur les délits à supprimer.
- Le Bureau du Congrès clôt la période d'amendements, faisant avancer le projet de loi.
- Date cible pour l'approbation finale avant la pause estivale (prévue).


