
Le pouvoir judiciaire espagnol demande des renforts urgents pour les tribunaux de Ceuta après l'arrivée de 80 000 personnes à la frontière
Le Conseil général du pouvoir judiciaire espagnol a demandé des juges et du personnel judiciaire supplémentaires pour faire face à l'arriéré de dossiers consécutif à un passage massif de la frontière fin juillet.
Surcharge des dossiers et arriéré judiciaire
Le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) a demandé des renforts d'urgence pour les tribunaux de Ceuta après l'arrivée de plus de 80 000 personnes par la frontière marocaine les 30 et 31 juillet 2026. Près de vingt jours après le passage, entre 5 000 et 10 000 personnes restent dans la ville autonome, qui compte 89 000 habitants permanents. Cette arrivée a mis les services publics locaux sous une forte pression opérationnelle, notamment la santé, l'aide sociale et le système judiciaire. Selon la législation espagnole sur l'immigration, les juges sont directement responsables du traitement des dossiers d'expulsion et de l'ordonnancement du placement dans des centres de rétention pour étrangers si l'expulsion ne peut avoir lieu dans les 72 heures suivant l'entrée.
- Plus de 80 000 personnes entrent à Ceuta par la frontière marocaine
- Le service d'inspection judiciaire mandate une évaluation de la charge de travail des tribunaux
- Les magistrats de Ceuta se réunissent et soumettent des demandes urgentes de personnel
- La Commission permanente du CGPJ demande officiellement des renforts judiciaires
Demandes de personnel pour les tribunaux pénaux et de violence de genre
Suite à une inspection interne demandée le 5 août 2026, la Commission permanente du CGPJ a accepté le 18 août 2026 de demander deux magistrats supplémentaires. Un juge renforcera le service de permanence générale, tandis qu'une deuxième commission dédiée assistera le tribunal chargé des violences faites aux femmes et des infractions sexuelles. Les magistrats de Ceuta s'étaient réunis le 14 août 2026 pour formaliser ces besoins, citant des demandes d'enquête incluant des signalements d'agressions sexuelles. Parallèlement aux nouvelles nominations, le conseil a accepté de reporter le départ prévu d'un juge suppléant actuellement en poste au tribunal de violence de genre.
Le rapport prévient que ce qui s'est passé ces jours-là a affecté le service public de la justice de manière extraordinaire, en particulier la section civile et d'instruction du tribunal de première instance et, surtout, la prestation du service de permanence.
Ouverture de procédures pour décès et détention
Les registres statistiques compilés par le service d'inspection montrent qu'entre le 30 juillet et le 5 août 2026, les tribunaux de Ceuta ont ouvert 96 procédures préliminaires concernant des décès. Au cours de cette même fenêtre de six jours, les magistrats ont traité 23 procédures préliminaires pour des personnes détenues et présentées au tribunal, ainsi que 15 procédures urgentes pour des faits criminels spécifiques. La pression administrative s'est poursuivie la semaine suivante, les organes judiciaires recevant 72 rapports de police supplémentaires impliquant des personnes détenues ou convoquées entre le 5 août et le 11 août 2026. Au-delà des magistrats, le CGPJ a demandé au gouvernement de fournir un avocat de l'administration judiciaire, un gestionnaire de dossiers, deux processeurs de procédure, un assistant judiciaire, deux interprètes et un service d'évaluation immobilière d'urgence.
- Enquêtes sur les décès
- 96 procédures
- Audiences des détenus
- 23 procédures
- Procédures urgentes
- 15 procédures
Réponse du ministère de la Justice
Le ministère de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, dirigé par Félix Bolaños, a déclaré que les plans administratifs sont entièrement prêts à autoriser les ajouts judiciaires une fois la demande formelle de la Haute Cour de justice d'Andalousie arrivée. Deux semaines auparavant, le ministère avait mis en œuvre des mesures de soutien initiales dans les organes médico-légaux et judiciaires régionaux. Ces actions ont modernisé l'Institut de médecine légale et de sciences forensiques, augmentant sa capacité opérationnelle de plus de 271 %. Le ministère avait également alloué deux postes temporaires de processeur de procédure pour deux mois, un poste de médecin légiste pour six mois, et renforcé le parquet local avec trois procureurs suppléants et trois fonctionnaires. Le membre du CGPJ José Antonio Montero se rendra dans les organes judiciaires de Ceuta pour examiner les conditions opérationnelles sur place.
