Trump s'empare du 250e anniversaire des États-Unis alors que l'enthousiasme public s'essouffle et que la France envoie un hommage avec des Rafale
Les États-Unis célèbrent le 4 juillet le 250e anniversaire de leur Déclaration d'indépendance, alors que des accusations affirment que le président Donald Trump exploite cet événement à des fins politiques personnelles, tandis que l'enthousiasme du public à Philadelphie semble modéré et que des avions de combat français effectuent un survol symbolique.
Le 4 juillet 2026 n'est pas un jour férié ordinaire. Le 250e anniversaire des États-Unis (le semiquincentenaire) est entouré de controverses politiques, d'inquiétudes sécuritaires et d'un manque notable de la ferveur nationale qui avait accueilli le bicentenaire en 1976.
Une prise de contrôle partisane de l'anniversaire
Le président Donald Trump est accusé de transformer l'anniversaire en un spectacle partisan au service de son culte de la personnalité. Le programme commémoratif, déjà en cours depuis des semaines, a été chorégraphié pour culminer avec un discours du président au mont Rushmore et une série d'événements qui, selon les critiques, brouillent la frontière entre célébration nationale et meeting de campagne. Le quotidien français Le Monde demande sans détour dans un titre : « Est-ce l'anniversaire des États-Unis ou celui de Donald Trump ? »
Ambiance dans les rues : excitation et inquiétude
Un reportage de Philadelphie, où la Déclaration a été signée le 4 juillet 1776, dresse le portrait d'une ville loin de l'euphorie. Dan, un retraité guide dans le quartier historique, conduit un petit groupe comprenant Andy Peters, un visiteur de Floride. « Ce n'est pas comme un 4 juillet ordinaire », dit Peters. « On croirait que cette célébration dure toute l'année. Et c'est génial que cela coïncide avec la Coupe du monde. » Loin des monuments historiques, cependant, l'enthousiasme s'évapore. À part des banderoles « 250 » sur l'avenue menant à l'hôtel de ville, peu de signes indiquent qu'un anniversaire de cette ampleur est sur le point de se dérouler. Une femme à George Washington Square exprime sa peur du terrorisme, tandis que son mari évoque le bicentenaire de 1976, où « tout le monde en parlait » et l'ambiance était bien plus fervente. Les difficultés économiques actuelles sont au premier plan de ses préoccupations : « Ma principale inquiétude, peut-être égoïstement, est ma situation personnelle. »
Hommage français et liens militaires
À la veille de l'anniversaire, deux chasseurs Rafale B de l'Armée de l'air et de l'espace française survoleront l'ambassade des États-Unis à Paris entre 20 h 45 et 21 h 00. Ce survol fait partie de la mission « Liberté 250 » et, selon un communiqué militaire, « illustre la profondeur des liens historiques et militaires entre la France et les États-Unis » et « rappelle le sacrifice de générations de combattants qui ont contribué à la défense de la liberté ». La mission avait déjà effectué des survols similaires aux États-Unis et avait été planifiée bien avant que les critiques internes du président ne commencent à parler d'appropriation partisane.
Trump au mont Rushmore
Le président Trump se rendra au mont Rushmore le même jour, a annoncé l'organisation Freedom 250. Il doit prononcer un discours « sous l'un des symboles les plus célèbres du pays de la liberté et de l'autodétermination ». Le choix d'un monument colossal sculpté avec les visages de quatre anciens présidents souligne la manière dont l'administration présente l'anniversaire comme une vitrine de la grandeur nationale, bien que cela ait accentué le contraste avec le ton plus réfléchi visible dans certaines parties de la société civile.
- Le président Trump s'adresse à ses partisans au mont Rushmore
- Patrouille de Rafale français survole l'ambassade des États-Unis à Paris
- 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance ; événements dans tout le pays
Échos d'un passé plus glorieux et inquiétudes présentes
L'ambiance morose contraste avec le bicentenaire de 1976, qui avait vu des feux d'artifice géants, un convoi de chariots bâchés traversant le pays et un défilé de grands voiliers. Cette célébration, comme le rappelle le quotidien suisse Le Temps, a offert une trêve festive pendant une période encore assombrie par la guerre du Vietnam, le Watergate et la stagnation économique. Cinquante ans plus tard, les vents contraires économiques sont à nouveau une préoccupation dominante, et la peur du terrorisme ajoute une couche de malaise qui était absente du précédent grand anniversaire.

