
UGT et CCOO exigent une hausse du salaire minimum d'au moins 7 % pour 2027 avant la grève du 11 novembre
Les syndicats veulent porter le SMI à environ 1 306 euros par mois en 14 versements pour combler un écart d'environ 2 % avec l'inflation, et lient cette revendication à une grève générale de 24 heures le 11 novembre.
Une revendication de 7 % pour 2027
Les syndicats espagnols UGT et CCOO ont demandé mardi 13 octobre 2026 au gouvernement de relever le salaire minimum interprofessionnel (SMI) d'au moins 7 % pour 2027. La revendication a été présentée lors d'une conférence de presse commune par le secrétaire général de l'UGT, Pepe Álvarez, et le secrétaire général de CCOO, Unai Sordo. Le SMI s'élève actuellement à 1 221 euros brut par mois en 14 versements, soit 17 094 euros par an, après une hausse de 3,1 % appliquée en février 2026. À 7 %, la proposition atteindrait au moins 1 306 euros par mois en 14 versements, ce qui représenterait, selon El Confidencial, 85 euros de plus par mois pour les salariés rémunérés au minimum. Les médias donnent des chiffres annuels légèrement différents pour la proposition : 18 284 euros selon El Confidencial et 18 290,58 euros selon Europa Press.
- SMI actuel (2026)
- 1221 euros
- Revendication des syndicats pour 2027 (au moins 7 %)
- 1306 euros
L'écart avec l'inflation et le comité d'experts
Les syndicats soutiennent qu'un écart d'environ 2 % s'est creusé entre la hausse de 3,1 % et l'inflation, et que le relèvement doit le combler pour éviter une perte de pouvoir d'achat. El Confidencial a cité une prévision de la Banque d'Espagne tablant sur une hausse moyenne des prix à la consommation de 3,9 % en 2026, ramenée à 3,7 % en 2027. eldiario.es a rapporté que l'inflation sur un an avoisine 5 %, à 4,9 % le mois précédent, tandis qu'El Mundo a relevé que la revendication syndicale se situe nettement au-dessus de la prévision d'IPC moyen de 3,6 % à 3,9 % pour 2026. La ministre du Travail, également deuxième vice-présidente du gouvernement, Yolanda Díaz, a demandé au comité d'experts sur le SMI de rendre sa proposition avant le 2 novembre, selon El Mundo. Le gouvernement entend approuver la hausse avant les élections générales du 29 novembre, avec effet au 1er janvier 2027, en même temps que d'autres mesures sociales comme un encadrement plus strict de l'enregistrement du temps de travail. Yolanda Díaz n'a pas précisé s'il serait possible de l'approuver avant le scrutin, mais elle a souligné que les entreprises devaient connaître le montant de 2027 au 1er janvier.
Une grève de 24 heures sur le logement
Les syndicats appellent à une grève générale de 24 heures le 11 novembre, que El Periódico présente comme la première grève générale nationale en 14 ans. Le logement en est le cœur, avec en plus les revendications salariales, et le mouvement a été porté par les collectifs pour le logement, avec une couverture juridique de syndicats majoritaires et minoritaires. Pepe Álvarez a fait valoir qu'aucune convention collective ne peut absorber le coût du logement, et il a résumé le mouvement en ces termes :
Aucune convention collective ne peut résister à l'impact du prix du logement sur le coût de la vie.
Les propositions syndicales sur le logement comprennent un parc public permanent, un fonds pour construire 100 000 logements abordables par an, l'encadrement des loyers, un accès plus facile au crédit hypothécaire et des restrictions sur les locations touristiques, selon La Razón, qui citait Pepe Álvarez lors de la manifestation du 1er Mai à Málaga. El Periódico ajoute que 100 000 nouveaux logements par an, avec les logements vacants existants, ajouteraient environ 1,5 million de logements publics au cours de la prochaine décennie. Unai Sordo et Pepe Álvarez ont reconnu que cette grève sort des sentiers battus, à la fois parce qu'elle intervient peu avant une élection et parce que le logement n'est pas un enjeu salarial. Unai Sordo a défendu ce choix comme une réponse à l'évolution des conditions sociales :
C'est le moment de faire un geste audacieux pour interpréter les nouvelles réalités. On vous reproche de ne pas agir comme dans les années 1980.
- UGT et CCOO annoncent la revendication d'une hausse du SMI d'au moins 7 % et la grève du 11 novembre
- Date limite pour la proposition du comité d'experts sur le SMI, selon El Mundo
- Grève générale de 24 heures sur le logement et les salaires
- Élections générales
- Date visée pour l'entrée en vigueur de la hausse du SMI en 2027
La négociation collective au point mort
Les syndicats veulent aussi des gains salariaux au-delà du salaire minimum. Ils ont proposé une hausse comprise entre 4 % et 7 % dans le nouvel accord pour l'emploi et la négociation collective (AENC), selon La Vanguardia, et la confédération patronale CEOE n'a pas encore répondu. Les syndicats affirment que les négociations sont bloquées depuis un an parce que la CEOE refuse de s'asseoir à la table pour discuter des augmentations de salaires. La Razón a rapporté que Pepe Álvarez a critiqué le retard de plus d'un an de la CEOE à renouveler l'accord-cadre.


