
Les huit prévenus acquittés dans le premier procès d'urbanisme à Milan concernant la tour Torre Milano
Un juge milanais a acquitté les huit prévenus dans le premier procès issu de la vaste enquête d'urbanisme de la ville, estimant que la construction de la tour Torre Milano de 24 étages ne constituait pas un crime.
Verdict et accusations
La septième section pénale du tribunal de Milan a acquitté les huit prévenus dans l'affaire Torre Milano le 16 juin 2026. La juge Paola Braggion a estimé que les faits ne constituaient pas une infraction, rejetant l'argument de l'accusation selon lequel la tour de 24 étages avait été construite par abus de construction et lotissement non autorisé. Les huit prévenus comprenaient deux constructeurs, un architecte et cinq anciens employés municipaux qui avaient suivi la procédure d'autorisation de la tour. Cette décision est la première d'une série d'enquêtes ouvertes par les procureurs milanais sur la gestion de l'urbanisme de la ville.
Le projet Torre Milano
Torre Milano, une tour de 24 étages située via Stresa près de la Piazza Carbonari, a remplacé deux immeubles de bureaux de faible hauteur qui abritaient autrefois une maison d'édition. Selon les sources, la hauteur de la tour est donnée à 82,25 mètres ou 85 mètres. L'accusation reposait sur l'affirmation selon laquelle le projet, parce qu'il impliquait une structure nouvelle, nécessitait un plan d'urbanisme de mise en œuvre complet (piano attuativo), tandis que les constructeurs avaient procédé sous le régime d'une segnalazione certificata di inizio attività (SCIA), destinée aux rénovations.
L'accusation
La procureure Marina Petruzzella avait requis des condamnations et la confiscation de l'ensemble du bâtiment. Pour les figures principales, les constructeurs Carlo et Stefano Rusconi, l'architecte Giovanni Maria Beretta, et les anciens responsables municipaux Giovanni Oggioni et Franco Zinna, elle avait demandé 2 ans et 4 mois d'emprisonnement ainsi qu'une amende de 50 000 €. Deux autres anciens responsables, Francesco Mario Carrillo et Maria Chiara Femminis, risquaient 2 ans et 30 000 € d'amende, tandis que Pietro Ghelfi risquait 1 an et 16 000 € d'amende. Petruzzella a soutenu que la tour était une construction entièrement nouvelle traitée illégalement comme une rénovation et que l'ensemble du bâtiment était un abus.
Enquêtes plus larges
L'enquête qui a conduit à ce procès a commencé il y a près de quatre ans et fait partie de plusieurs volets. Certaines de ces enquêtes se sont depuis étendues à des allégations de corruption. Notamment, Giovanni Oggioni, ancien directeur du Sportello Unico Edilizia de la ville et ancien vice-président de la Commission du paysage, a été arrêté en mars 2025 pour des accusations de corruption distinctes et est prévenu dans plusieurs procédures.
Réactions et prochaines étapes
Lorsque le verdict a été lu, des applaudissements ont éclaté dans la salle d'audience de la part de certains prévenus. La juge Braggion déposera les motifs écrits de sa décision dans un délai de 90 jours. L'acquittement pourrait servir de précédent pour d'autres affaires en cours dans les poursuites pour urbanisme à Milan.


