
Les pêcheurs méditerranéens lèvent les blocages portuaires après l'augmentation de l'aide au carburant par le gouvernement
Les pêcheurs méditerranéens ont levé les blocages dans plusieurs ports du sud de la France le 17 septembre 2026, après six heures de négociations ministérielles qui ont permis d'obtenir une augmentation de la subvention au carburant à 35 centimes par litre et des prêts à taux zéro.
Fin des blocages portuaires méditerranéens après les négociations
Les pêcheurs du sud de la France ont levé les blocages de cinq ports méditerranéens et d'un dépôt de carburant dans la soirée du 17 septembre 2026, mettant fin à quatre jours de manifestations. La contestation, qui avait débuté le 14 septembre, avait interrompu le trafic maritime à Port-la-Nouvelle, Sète, Frontignan, Nice et Fos-sur-Mer, tandis que les chalutiers restaient à quai, notamment au Grau-du-Roi. La décision de libérer les ports a fait suite à six heures de négociations entre une délégation de quinze représentants régionaux de la pêche et la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud. Olivier Le Nezet, président du Comité national des pêches, a également participé aux discussions à Paris. Bien que le trafic maritime ait repris le 18 septembre, les équipages locaux ont annoncé qu'ils restent en alerte dans l'attente de nouvelles évolutions politiques.
- Les pêcheurs méditerranéens lancent des blocages de ports et de dépôts de carburant dans le sud de la France
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce une augmentation de l'aide au carburant à 35 centimes par litre
- Les pêcheurs lèvent les blocages après six heures de négociations avec Catherine Chabaud
- La ministre Catherine Chabaud effectue une visite de suivi dans les ports de pêche d'Occitanie
Mesures financières et subventions au gazole
Les représentants du gouvernement ont accepté de réviser les mécanismes de soutien de l'État pour contrer l'impact de la hausse des charges d'exploitation. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé mercredi soir que l'aide directe au carburant pour les pêcheurs passerait de 25 à 35 centimes par litre. Chabaud a confirmé lors de la réunion ministérielle que les paiements de l'État seront calculés mois par mois pour suivre les fluctuations du marché des carburants. Le gouvernement a également mis en place des prêts d'urgence à taux zéro pour aider les armateurs confrontés à de graves pénuries de trésorerie avant l'arrivée des subventions. Pour résoudre les retards administratifs, Chabaud a noté que l'État a traité environ 90 % des demandes d'aide au carburant en souffrance déposées pour avril et mai.
- Subvention avril 2026
- 25 c/L
- Subvention septembre 2026
- 35 c/L
À l'issue des discussions, Vincent Scotto, un pêcheur basé à Sète, a décrit les termes convenus avec le ministère.
On ne peut pas dire qu'on a tout obtenu. Les négociations se poursuivent sur certains points, mais la monnaie d'échange, c'est qu'on lève les blocages.
Coûts d'exploitation et quotas européens
Les manifestations ont été déclenchées par le prix du gazole marin, qui est passé de 70 centimes à 1,20 euro le litre après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, certains ports locaux enregistrant des prix allant jusqu'à 1,40 euro le litre. Jérôme Jourdain, secrétaire général adjoint de l'Union des armateurs à la pêche de France (UAFP), a déclaré que le carburant représente 40 % des coûts d'exploitation des navires, tandis que les salaires des équipages en représentent 35 %. Lorsque le gazole dépasse 70 centimes le litre, les charges d'exploitation dépassent les recettes générées par les ventes à la criée. Les consommateurs français consomment en moyenne 30 kilogrammes de poisson par an, mais 75 % de cette offre est importée de marchés étrangers aux coûts de production plus faibles. Outre le coût du carburant, les pêcheurs ont demandé des modifications au plan de gestion West Med de l'Union européenne, qui limite les chalutiers à 100 jours de mer par an. Chabaud a déclaré que le cadre européen n'est plus adapté aux conditions locales et s'est engagée à rechercher des ajustements lors des négociations de l'Union européenne en décembre.
Réactions politiques à Paris
Les manifestations portuaires ont coïncidé avec un débat plus large à Paris sur les dépenses énergétiques nationales. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a reconnu l'inquiétude du public concernant les prix à la pompe lors d'un entretien jeudi soir, mais a rejeté les appels à des réductions universelles des taxes sur les carburants, les jugeant inefficaces et coûteuses. Les dirigeants de l'opposition ont présenté des propositions concurrentes pour alléger les factures énergétiques des consommateurs. Bruno Retailleau, président des Républicains, a suggéré d'abroger les certificats d'économies d'énergie pour réduire les prix de détail des carburants de 15 à 17 centimes par litre. La France Insoumise a exigé un plafonnement des prix à 1,70 euro le litre, tandis que Marine Le Pen a appelé à une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée des produits énergétiques de 20 % à 5,5 %. Chabaud doit se rendre dans les ports de la région Occitanie le lundi 21 septembre 2026 pour des discussions de suivi avec les armateurs.


