
L'Irlande propose une coupe de 8 % dans le budget 2028-2034 de l'UE, l'Allemagne juge qu'il n'y a pas de base d'accord
La présidence irlandaise du Conseil de l'UE veut retrancher 141 milliards d'euros au budget 2028-2034 proposé par la Commission, un plan que l'Allemagne et d'autres contributeurs nets jugent insuffisant. Les dirigeants examinent la proposition à Bruxelles les 15 et 16 octobre.
Le compromis irlandais
La présidence irlandaise du Conseil de l'UE a publié samedi 10 octobre sa proposition de compromis pour le budget de long terme couvrant 2028 à 2034. Elle propose de retrancher 8 %, soit 141 milliards d'euros, aux 2 000 milliards d'euros proposés par la Commission, ce qui laisserait un budget de 1 600 milliards d'euros, rapporte Reuters. ANSA évoque 1 622 milliards d'euros aux prix de 2025, tandis que l'Irlande elle-même situe le chiffre initial de la Commission à 1 760 milliards d'euros aux prix de 2025, base de la réduction de 8 %. Wirtschafts Woche rapporte un résultat différent, une coupe d'environ 159 milliards d'euros ramenant le budget à environ 1 826 milliards d'euros. Même après cette coupe, Reuters note que le plan représenterait encore une hausse de 30 % par rapport au budget actuel 2021-2027.
Où portent les coupes
La proposition réduit de 3 % les dépenses de développement régional, d'agriculture et de pêche par rapport aux chiffres de la Commission, et de 13 % les dépenses de compétitivité, de prospérité et de sécurité.
- Développement régional, agriculture et pêche
- 3 % par rapport à la Commission
- Compétitivité, prospérité et sécurité
- 13 % par rapport à la Commission
L'Irish Times rapporte que la politique agricole commune et les fonds de cohésion destinés aux régions les plus pauvres ont été protégés de nouvelles coupes, les réductions étant appliquées à l'aide internationale au développement de l'UE et à un nouveau fonds pour la compétitivité. Le plan prévoit aussi 55 milliards d'euros de recettes nouvelles tirées des droits de douane et de la vente de permis d'émission de CO2 aux entreprises, entre autres sources. ANSA rapporte que la coupe porte entièrement sur les ressources des politiques de l'UE, tandis que les 149,3 milliards d'euros destinés au remboursement de la dette Next Generation EU restent inchangés. La Pologne émet des réserves sur l'utilisation des recettes du marché des quotas d'émission comme source de revenus de l'UE, et le plan accorde aux pays qui recourent au Fonds pour la modernisation, dont la Pologne, une période de transition pour atteindre une part de 30 % de ces recettes.
Les contributeurs nets veulent des coupes plus profondes
Le chancelier Friedrich Merz a rejeté la proposition dans une déclaration depuis Berlin :
L'ampleur de la nouvelle proposition ne constitue pas une base d'accord.
Merz a aussi déclaré que le budget de l'UE doit être supportable pour ceux qui en portent la principale charge de financement, et que chacun doit contribuer aux ajustements nécessaires. L'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et l'Autriche avaient réclamé des coupes de plusieurs centaines de milliards d'euros, selon Wirtschafts Woche. La ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, a déclaré :
Les chiffres qui ont été mis sur la table représentent encore une hausse largement insupportable et nous sommes donc loin d'un accord.
Handelsblatt rapporte que la ministre autrichienne des Affaires européennes Claudia Bauer a déclaré que la proposition reste loin d'être acceptable à Vienne, et que l'Autriche, avec les huit autres contributeurs nets, supporte déjà plus de 60 % du budget de l'UE.
Les pays dépensiers et la Pologne
Reuters rapporte que l'Espagne, l'Italie et la Pologne tiennent à protéger les dépenses, tandis que l'Allemagne, les Pays-Bas et les pays nordiques ont réclamé des réductions. Le vice-ministre polonais des Affaires européennes, Ignacy Niemczycki, a déclaré à RMF FM que la Pologne conserve la plus grande enveloppe nationale dans la proposition irlandaise, inchangée par rapport au chiffre de la Commission, et qu'elle compte sur 123 milliards d'euros. Le ministre d'État irlandais aux Affaires européennes Thomas Byrne a soutenu qu'une « très large majorité » d'États membres avait demandé que les dotations nationales pour l'agriculture et la cohésion ne soient pas réduites davantage, y compris certains contributeurs nets. Il a déclaré :
Personne n'obtiendra tout ce qu'il voulait. Mais nous pensons que chaque État membre y trouvera son compte.
Prochaines étapes
Les dirigeants discutent de la proposition à Bruxelles les 15 et 16 octobre, et Do Rzeczy rapporte qu'un accord sur l'ensemble du budget n'est pas attendu à ce stade.
- La présidence irlandaise publie sa proposition de compromis, le « negotiating box »
- Les dirigeants commencent à discuter de la proposition irlandaise à Bruxelles
- Deuxième jour de discussion des dirigeants à Bruxelles
- Objectif fixé par les dirigeants pour conclure un accord sur le budget


