Les décès dus à Ebola en RDC dépassent les 2 000 dans l'épidémie à la propagation la plus rapide jamais enregistrée
Les décès confirmés dus à Ebola en République démocratique du Congo ont atteint 2 011 sur 4 381 cas, l'OMS estimant que le virus circulait probablement depuis février, des mois avant que l'épidémie ne soit déclarée le 15 mai.
Le bilan des morts franchit les 2 000
Les décès confirmés dus à Ebola en République démocratique du Congo ont atteint 2 011, avec 4 381 cas confirmés dans cinq provinces, selon les données de l'institut de santé publique congolais publiées dans la nuit de lundi à mardi 11 août. Au total, 704 patients sont actuellement admis dans des unités d'isolement. Ces chiffres tombent près de trois mois après la déclaration de l'épidémie le 15 mai. Un précédent bilan du 7 août faisait état de 1 916 morts parmi 4 209 cas confirmés.
Les 1 000 premiers morts ont mis environ neuf semaines à s'accumuler, tandis que les 1 000 suivants sont survenus en environ trois semaines. Les responsables sanitaires ont décrit cette épidémie comme la plus rapide jamais enregistrée. C'est la deuxième plus grande épidémie d'Ebola de l'histoire, derrière seulement l'épidémie d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016, qui avait enregistré plus de 28 000 cas et plus de 11 000 morts. Cette épidémie précédente avait mis environ huit mois pour atteindre les 1 000 morts.
- L'OMS déclare que le séquençage génétique indique que la transmission d'Ebola a probablement commencé
- Le Congo déclare officiellement l'épidémie d'Ebola
- Les essais cliniques pour deux approches thérapeutiques antivirales débutent dans l'Ituri
- Les autorités rapportent 1 916 morts parmi 4 209 cas confirmés
- Les décès confirmés atteignent 2 011 avec 4 381 cas dans cinq provinces
Le virus circulait des mois avant sa détection
L'Organisation mondiale de la santé a déclaré lundi que le séquençage génétique indique que la transmission a probablement commencé en février, trois mois avant la déclaration de l'épidémie. Les premiers cas ont été diagnostiqués à tort comme le paludisme ou la typhoïde, et les premiers tests se sont concentrés uniquement sur la souche d'Ebola la plus courante, retardant l'identification.
Nous poursuivons donc le virus, mais le virus est en avance sur nous.
Le séquençage a été réalisé sous la direction du Dr Steve Ahuka, chef du département de virologie de l'Institut national de recherche biomédicale du Congo, selon le Dr Thierno Balde, responsable de l'intervention d'urgence pour Ebola à l'OMS. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est rendu à Kinshasa la semaine dernière pour aider les responsables sanitaires. Le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe a déclaré que le virus se propage à une vitesse jamais observée auparavant.
La souche Bundibugyo complique la riposte
L'épidémie est provoquée par la rare souche du virus Bundibugyo, pour laquelle il n'existe aucun vaccin ou traitement approuvé, contrairement au type Zaire plus courant. Des essais cliniques pour deux approches thérapeutiques antivirales ont débuté dans l'Ituri début juillet. Les autorités enquêtent également sur une éventuelle mutation de l'agent pathogène, compte tenu de la gravité de l'épidémie.
Environ 86 % des nouveaux cas d'Ebola ne peuvent être reliés aux contacts surveillés de cas confirmés, selon Kaseya, un responsable sanitaire. L'OMS indique qu'environ 95 % des contacts doivent être tracés pour maîtriser l'épidémie.
Nous pensons qu'il y a de plus en plus de cas qui ne sont pas signalés.
Conflits et infrastructures entravent l'endiguement
L'épicentre de l'épidémie se trouve dans la province de l'Ituri, caractérisée par l'insécurité et une importante population de personnes déplacées internes vivant dans des conditions extrêmement exiguës. Des cas supplémentaires sont concentrés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où la situation sécuritaire est également un grave problème. Des groupes rebelles contrôlent des parties du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, combattant le gouvernement et les milices alliées. Dans l'Ituri, le groupe rebelle ADF, allié à l'EI, attaque des villages.
Les grèves du personnel médical protestant contre des salaires impayés depuis mai ont encore entravé les efforts de riposte. Les équipes sanitaires empruntent des routes isolées non goudronnées et ont signalé des pénuries d'équipements de protection. La désinformation affirmant qu'Ebola n'existe pas s'est également propagée dans les communautés touchées. L'OMS estime que le risque de propagation mondiale est faible car Ebola n'est pas aéroporté, et les cas identifiés en dehors de la région touchée ont été rapidement contenus sans transmission durable.
- RDC 2026 — Morts
- 2011
- RDC 2026 — Cas
- 4381
- Afrique de l'Ouest 2014-16 — Morts
- 11000
- Afrique de l'Ouest 2014-16 — Cas
- 28000


