Migration · Ceuta et Rincón
L'afflux de migrants à Ceuta fait au moins 88 morts, alors que le Maroc fait face à des critiques internes et que l'Espagne se prépare à la prochaine crise
Plus de 70 000 personnes ont traversé l'enclave espagnole de Ceuta la semaine dernière lors d'un afflux que les responsables marocains et espagnols attribuent désormais à la désinformation, tandis que des décomptes indépendants font état de 88 morts et plus.
Texte IA fondé sur les articles de El Confidencial, La Razón et ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL. Publié . Comment il est fait
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En bref
L'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun a fait état de 88 morts lundi soir, contre 64 plus tôt ; le ministère marocain de l'Intérieur ne reconnaît officiellement que 11 morts de son côté.
Plus de 70 000 personnes, pour la plupart de nationalité marocaine, sont entrées dans l'enclave espagnole la semaine dernière alors que le roi Mohamed VI séjournait à 20 km de là, à Rincón.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Rachid el Khalfi, a attribué l'afflux à des informations trompeuses, aux réseaux de traite des êtres humains et à une mauvaise interprétation d'un arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet.
L'écrivain de renom Tahar Ben Jelloun a publié une tribune intitulée « De la honte à la colère », reflétant l'embarras généralisé des élites face au rôle du régime dans la crise.
Les forces de sécurité espagnoles recherchent des personnes ayant un casier judiciaire ou des liens jihadistes qui sont entrées à Ceuta pendant le chaos, tandis qu'un nombre indéterminé de migrants restent dans des quartiers périphériques.
- Jeudi (fin juillet)Le roi Mohamed VI donne une réception à Rincón, à 20 km de la frontière ; Ben Jelloun voit des migrants marcher vers Ceuta sans être gênés par la police.
- Lundi soir (début août)Le nombre de morts atteint 64, puis 88 selon Ben Jelloun.
- 3 August 2026Le porte-parole du ministère marocain de l'Intérieur publie une déclaration officielle accusant la désinformation et les trafiquants, reconnaît 11 morts.
Le bilan humain
Au moins 88 personnes sont mortes lors de la traversée massive vers Ceuta, selon des chiffres cités par l'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, qui a décrit les images diffusées dans le monde entier comme "horribles et insoutenables". Le ministère marocain de l'Intérieur n'a officiellement reconnu que 11 morts de son côté de la frontière, un chiffre contredit par des rapports de presse basés à Casablanca qui donnent des nombres plus élevés. Plusieurs dizaines de personnes restent portées disparues. Le nombre de morts n'a cessé d'augmenter depuis la découverte des premiers corps ; Ben Jelloun a noté que lundi soir, le décompte avait déjà atteint 64 avant de passer à 88.
« Honte d'avoir vu ces images sur les télévisions du monde entier. Colère aussi en apprenant que ces tentatives d'entrée à Ceuta ont fait 64 morts (lundi soir, c'était déjà 88) et plusieurs dizaines de disparus. »
Comment la traversée s'est déroulée
Plus de 70 000 migrants, pour la plupart de nationalité marocaine, sont entrés à Ceuta pendant les jours critiques de la semaine dernière. L'afflux s'est produit alors que le roi Mohamed VI séjournait dans sa résidence royale à Rincón, à environ 20 kilomètres du poste-frontière de Tarajal. Ben Jelloun, qui a assisté à une réception donnée par le roi jeudi, a déclaré avoir vu des "candidats à l'exil marcher avec détermination" vers la ville espagnole tandis que "la police marocaine n'est pas intervenue". Les forces de sécurité espagnoles tentent désormais de localiser les personnes ayant un casier judiciaire ou des liens jihadistes qui ont profité du chaos pour atteindre Ceuta. Un nombre indéterminé de personnes restent dans des quartiers éloignés du centre-ville, même si les autorités affirment que la situation se normalise.
Des récits officiels concurrents
Trois jours après le début de l'afflux, le porte-parole du ministère marocain de l'Intérieur, Rachid el Khalfi, a publié une déclaration attribuant les événements à "la propagation d'informations trompeuses, le rôle des réseaux de traite des êtres humains et des interprétations erronées de données juridiques", en référence à un arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet. Son discours reflète étroitement celui du gouvernement espagnol. El Khalfi a cherché à rassurer Madrid, déclarant que "le Royaume du Maroc continuera d'être, comme il l'a toujours été avec ses partenaires, un partenaire fiable et responsable, fermement engagé à renforcer la coopération et la coordination dans la lutte contre la migration irrégulière".
Réaction de l'élite marocaine
Au Maroc, l'épisode a provoqué un profond embarras parmi les élites du pays. Le mot "honte" revient dans les messages privés, et la tribune publique de Ben Jelloun, intitulée "De la honte à la colère", a donné voix à un sentiment largement partagé selon lequel l'opération s'est retournée contre Rabat. De nombreux observateurs pensent que le régime a ordonné ou sciemment permis la traversée, notant que rien de cette ampleur ne se produit au Maroc sans le consentement du roi. Le contraste entre l'image que le Maroc donne de lui-même comme une force modernisatrice dans le monde islamique et les images de ses citoyens mourant à une frontière européenne a nui à cette image.
La posture de l'Espagne et la prochaine crise
Les autorités espagnoles travaillent toujours à localiser ceux qui ont traversé, en se concentrant particulièrement sur les personnes ayant un casier judiciaire antérieur ou des liens jihadistes présumés. Les habitants de Ceuta décrivent une ville loin d'être normalisée, avec des locaux organisant des comités de quartier. Un habitant a déclaré à propos de l'affirmation du ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska selon laquelle la situation est sous contrôle : "Qu'il vienne ici et qu'il voie ce que nous vivons." Des analystes et des sources militaires consultés par les médias espagnols avertissent que l'épisode représente un nouveau modèle de guerre hybride et que sans mesures militaires et de sécurité urgentes, une répétition est inévitable. Les appels se multiplient pour que le roi Felipe VI se rende à Ceuta et Melilla, ce qu'il n'a pas fait depuis son accession au trône, et qu'il s'engage directement avec Mohamed VI. Le gouvernement espagnol a été critiqué pour ce que ses opposants décrivent comme de l'inaction et de la soumission, certains commentateurs arguant que la crise était prévisible et que les avertissements des services de renseignement (CNI) n'ont pas été pris en compte.
« Marlaska dit que la situation est normalisée. Je l'emmènerais ici et le laisserais voir ce que nous vivons. »
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Sources et contexte
- Tahar Ben Jelloun
- Écrivain marocain de langue française qui a assisté à la réception du roi et a fait état de 88 morts lors de la traversée de Ceuta.
- Mohamed VI
- Roi du Maroc, séjournant à Rincón près de Ceuta pendant l'afflux de migrants.
- Fernando Grande-Marlaska
- Ministre espagnol de l'Intérieur critiqué par les habitants de Ceuta pour avoir affirmé que la situation était normalisée.
- Pedro Sánchez
- Premier ministre espagnol qui s'est brièvement rendu à Ceuta et dont le gouvernement est critiqué pour sa réponse à la crise.
- Felipe VI
- Roi d'Espagne, invité à se rendre à Ceuta et Melilla et à négocier directement avec Mohamed VI.
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