
Macron convoque une réunion de crise, 256 000 manifestants dans les écoles françaises
Le président français Emmanuel Macron a convoqué mardi une réunion de crise à l'Élysée après des manifestations étudiantes sur les conditions scolaires qui ont mobilisé plus de 250 000 personnes et donné lieu à 488 interpellations.
Réunion de crise à l'Élysée
Le président français Emmanuel Macron a convoqué mardi soir une réunion de crise à l'Élysée pour répondre à l'agitation étudiante qui s'étend dans le pays. Selon les informations de la chaîne BFMTV, ainsi que des quotidiens Le Monde et Le Parisien, ces consultations ont réuni le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et le ministre de l'Éducation Édouard Geffray. Macron n'était pas intervenu jusqu'ici dans la réponse de l'exécutif aux manifestations étudiantes, déclenchées une semaine plus tôt par l'insuffisance des équipements scolaires et la dégradation des conditions en classe. Des responsables gouvernementaux se sont inquiétés de la possible extension du mouvement scolaire à d'autres secteurs de la société, dans un contexte de prix des carburants élevés et de hausse du coût de la vie, avec des comparaisons avec les Gilets jaunes de 2019. Cette revue de haut niveau sur la sécurité et les politiques publiques intervient alors que Macron s'apprête à recevoir le président fédéral allemand Frank-Walter Steinmeier pour une visite d'État en France le mercredi 7 octobre 2026.
Journée d'action nationale et participation contestée
Des dizaines de milliers d'élèves, d'enseignants et de familles ont participé mardi 6 octobre 2026 à une journée d'action nationale coordonnée dans toute la France. Les syndicats de l'éducation se sont officiellement joints pour la première fois à la mobilisation étudiante, enseignants et parents défilant aux côtés des adolescents pour réclamer davantage d'investissements publics et protéger les plus jeunes manifestants. Les chiffres officiels publiés par le ministère de l'Intérieur font état de 256 000 manifestants dans le pays, dont 56 000 à Paris. Les syndicats enseignants avancent des estimations nettement supérieures, affirmant que 450 000 personnes ont participé à travers le pays. Les perturbations dans les établissements ont été importantes toute la journée, les syndicats rapportant que 1 800 lycées ont été bloqués ou fermés par précaution, ainsi que des blocages dans 90 % des établissements d'enseignement supérieur. Le ministère de l'Éducation nationale a confirmé que l'enseignement avait été totalement ou partiellement perturbé dans 891 lycées du pays.
- Ministère de l'Intérieur
- 256000 personnes
- Syndicats enseignants
- 450000 personnes
Affrontements et enquêtes sur l'action des forces de l'ordre
Des cortèges se sont formés dans plusieurs grandes villes, notamment Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes et Strasbourg. Les forces de l'ordre ont mobilisé d'importants contingents en tenue antiémeute, suscitant les critiques d'élus et de participants sur la gestion des foules et l'usage de gaz lacrymogène contre des mineurs. À Marseille, des manifestants ont brandi des pancartes en carton proclamant « Utilisez le gaz lacrymogène contre les violeurs, pas contre les mineurs » pour dénoncer les méthodes policières pendant le rassemblement. L'Inspection générale de la Police nationale a ouvert des enquêtes formelles sur plusieurs opérations au cours desquelles des agents ont blessé des manifestants. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes, des manifestants lançant des projectiles et des feux d'artifice sur les lignes policières, blessant 43 agents rien que mardi et portant à plusieurs dizaines le nombre de membres des forces de l'ordre blessés depuis le début du mouvement.
Interpellations massives et dégâts matériels de plusieurs millions d'euros
Les forces de l'ordre ont procédé à 488 interpellations dans les villes françaises lors des manifestations de mardi. Ces interpellations font suite aux statistiques publiées lundi soir par le ministère de la Justice, qui recense 5 060 interpellations cumulées depuis le début de la vague de protestation une semaine plus tôt. Le ministère a précisé que les mineurs représentaient 87 % des personnes placées en garde à vue durant cette semaine de troubles. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a chiffré à plusieurs millions d'euros le coût des destructions, citant les dégâts causés aux bâtiments scolaires et aux espaces publics. La réunion du soir à l'Élysée a porté sur l'élaboration d'une réponse coordonnée de l'État pour maintenir l'ordre public tout en répondant aux revendications étudiantes avant que de nouvelles perturbations ne s'installent.
- Ministère de l'Éducation (cours annulés)
- 891 établissements
- Syndicats enseignants (bloqués ou fermés)
- 1800 établissements


