
Les manifestations étudiantes s'intensifient en France, 356 établissements bloqués et des universités rejoignent le mouvement
Les mobilisations contre le manque d'effectifs ont perturbé des centaines de lycées français et se sont étendues jeudi à 30 campus universitaires, poussant le Premier ministre Sébastien Lecornu à réunir une cellule de crise.
L'intensification de la mobilisation dans les lycées
Les mobilisations contre le manque d'effectifs et la taille des classes se sont étendues jeudi à travers la France. Selon le ministère de l'Intérieur, les manifestations et les blocages ont touché 338 établissements mardi, puis 356 mercredi. Des lycéens ont bloqué les entrées des bâtiments avec des poubelles renversées et allumé des incendies dans plusieurs villes. Le mouvement a débuté en banlieue parisienne avant de s'étendre à des lycées en Bretagne, à Marseille, Lille et Strasbourg. À Rennes, des élèves ont bloqué l'accès au lycée Bréquigny, le plus grand lycée de Bretagne. Une lycéenne prénommée Lola a expliqué le motif de ces blocages.
Ils ne nous écoutent pas, nous sommes obligés de descendre dans la rue.
- 2026-09-29
- 338 établissements
- 2026-09-30
- 356 établissements
Affrontements, blessés et dégâts matériels
Les manifestations ont donné lieu à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, ainsi qu'à plusieurs incidents graves dans des établissements scolaires. La police a interpellé 625 personnes rien que mercredi, tandis que 83 policiers et gendarmes ont été blessés. Le ministère de l'Éducation nationale a recensé 119 blessés parmi les élèves et le personnel scolaire depuis le début de la mobilisation, dont 34 membres du personnel. À Nantes, un incendie volontaire dans le hall d'entrée du lycée Nelson-Mandela a endommagé la façade et contraint l'établissement, qui compte plus de 1 700 élèves, à fermer pour plusieurs semaines. À Trappes, un incendie s'est déclaré au lycée Henri-Matisse après des tirs de feux d'artifice, tandis qu'à Auchel, un proviseur de lycée professionnel a dû être hospitalisé après avoir été touché près de l'oreille par un projectile de feu d'artifice. Dans un lycée de Marseille, la proviseure adjointe et deux membres du personnel ont été aspergés d'essence provenant de bidons. L'IGPN, l'organe de contrôle de la police nationale, a ouvert trois enquêtes sur des blessures subies par des élèves lors des blocages.
Les campus universitaires rejoignent la mobilisation
Jeudi matin, des étudiants ont élargi le mouvement en bloquant une trentaine de campus d'enseignement supérieur. Selon le syndicat étudiant Union Étudiante, les perturbations ont touché des campus à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers et Nanterre. À Strasbourg, des centaines d'élèves ont bloqué la circulation et une ligne de tramway devant le lycée Couffignal avant d'incendier des poubelles. À Lille, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène devant le lycée Faidherbe après la dégradation d'abribus. Alors que l'accès physique à plusieurs universités restait bloqué, les directions ont organisé des cours à distance pour maintenir l'enseignement.
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Réponse du gouvernement et conflit politique
Face aux troubles, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni une cellule de crise jeudi. L'entourage du Premier ministre a qualifié les manifestations de violences urbaines et attribué la mobilisation à La France insoumise et à des groupes d'extrême gauche, après des déclarations publiques du chef de file du parti, Jean-Luc Mélenchon. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a appelé les responsables de l'opposition à cesser d'utiliser la jeunesse comme chair à canon. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a rejeté les accusations du gouvernement.
Je demande au gouvernement de ne pas céder aux théories du complot ni à l'infantilisation des lycéens. Ce mouvement spontané est né de l'exaspération face à des conditions d'enseignement absolument inacceptables.
La polémique politique a coïncidé avec l'annonce par le gouvernement de son budget 2027, qui prévoit 54 milliards d'euros de réductions de dépenses pour ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut. Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a prévu une rencontre avec les représentants étudiants vendredi pour aborder la situation.


