En bref
Al Jazeera décrit des jeunes âgés d'environ 13 à 29 ans menant des mobilisations en France, en Espagne, en Inde et dans d'autres pays contre les inégalités et la défaillance des services publics.
Le samedi 17 octobre, les mairies de Marseille, Lille, Rennes, Grenoble et Limoges ont été attaquées, et El Periódico chiffre les pillages à plus de 3 000 commerces.
La banque centrale table désormais sur une croissance de 0,4 % à 0,5 % en 2026, selon El País, avec une dette publique à 119 % du PIB.
Le Conseil européen des 17 et 18 octobre à Bruxelles a consacré quelques paragraphes aux prix de l'énergie et demandé à la Commission d'étudier des mesures à court terme.
La Razón rapporte 43 milliards d'euros de coupes et de hausses d'impôts dans le budget 2027, contre environ 11 milliards d'euros dépensés pour apaiser les Gilets jaunes en 2018 et 2019.
- 17 oct.Les mobilisations en France dégénèrent, avec des mairies, des commerces et des bâtiments attaqués
- 24 oct.Nouvelles mobilisations attendues en France
- 11 nov.Forte mobilisation de rue attendue dans les villes espagnoles
Les manifestations s'étendent à toute l'Europe
Des manifestations de jeunes sur le coût de la vie, le logement et les services publics se sont étendues à plusieurs pays européens ; Al Jazeera décrit une vague de mobilisations de la génération Z, menées par des jeunes âgés d'environ 13 à 29 ans. El Periódico recense des protestations en Espagne, en Allemagne, en Italie, au Portugal et en Albanie, tandis que La Vanguardia ajoute la Serbie, la Grèce et la France et relie ces revendications aux projets touristiques, à la corruption, au logement et à l'éducation. En Espagne, la colère se concentre sur le logement et sur des lois qui ne protègent pas les ménages contre les expulsions. Al Jazeera rapporte qu'une femme de 87 ans a été expulsée de force et est morte deux semaines plus tard, après quoi le Parlement a rejeté une loi anti-expulsion très populaire et le Premier ministre Pedro Sanchez a convoqué des élections anticipées. En Inde, le mouvement Cockroach est devenu la principale contestation du Premier ministre Narendra Modi, et son dirigeant a été arrêté dans un contexte de colère suscitée par la radiation de plus de 130 millions de noms des listes électorales.
Les émeutes de samedi en France
Les mobilisations en France du samedi 17 octobre ont dégénéré. El País rapporte des attaques contre les mairies de Marseille, Lille, Rennes, Grenoble et Limoges, où le bâtiment a fini en flammes. À Lyon, les manifestants ont incendié un office de tourisme ; à Bordeaux, ils ont brisé les vitres de la chambre de commerce et attaqué la résidence du délégué du gouvernement ; à Rouen, la façade et le toit de l'université ont été partiellement brûlés. À Paris, des conteneurs, des motos, des voitures et du mobilier urbain ont été incendiés, et des groupes ont pillé des commerces et sont passés près d'entrer aux Galeries Lafayette. El Periódico chiffre les pillages à plus de 3 000 commerces. La police a répondu avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des matraques, selon El Periódico, qui rapporte également que la première nuit du couvre-feu parisien s'est déroulée sans pillage. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a instauré des couvre-feux dans certaines zones et préparé un vaste dispositif de sécurité pour le samedi 24 octobre, où de nouvelles mobilisations sont attendues.
Le contexte économique
Al Jazeera rapporte que les manifestations françaises ont commencé il y a plusieurs semaines à propos des conditions dans des écoles gravement sous-financées, et qu'entre 500 000 et 800 000 personnes auraient participé à travers le pays lors du week-end des 17 et 18 octobre. El País rapporte que la Banque de France a abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %-0,5 %, et que la dette publique atteint 119 % du PIB. L'écart de taux avec les obligations allemandes s'est établi entre 138 et 143 points de base, et un sondage cité par El País indique que 90 % des Français estiment que leur pays est en déclin. La Razón affirme que l'autorité d'Emmanuel Macron s'est affaiblie depuis les élections législatives anticipées manquées de 2024, et que le gouvernement prévoit 43 milliards d'euros de coupes et de hausses d'impôts dans le budget 2027. M. Macron a dépensé environ 11 milliards d'euros en 2018 et 2019 pour apaiser les Gilets jaunes, et La Razón affirme que les caisses de l'État sont désormais vides.
- Aides aux Gilets jaunes, 2018-2019
- 11000 millions d'euros
- Coupes et hausses d'impôts, budget 2027
- 43000 millions d'euros
Données tirées du texte de l’article
Bruxelles et la réponse de l'UE
Le Conseil européen de Bruxelles des 17 et 18 octobre n'a consacré que quelques paragraphes aux prix de l'énergie, sans nouvelle mesure concrète, et a demandé à la Commission européenne d'étudier des étapes supplémentaires à court terme, selon El Periódico. Le même média soutient que l'UE et ses États membres mobilisent des dizaines de milliards d'euros pour l'Ukraine et pour la hausse des dépenses militaires nationales, sans trouver d'argent pour le logement social. Il cite la Banco de España pour un déficit de 750 000 logements en Espagne, qui atteindrait un million d'ici 2028. Selon El Periódico, la Commission exige des ajustements budgétaires partout, sauf pour les dépenses militaires. La Vanguardia note qu'une forte mobilisation de rue est attendue dans les villes espagnoles le 11 novembre.
Les réactions politiques en France
La Razón rapporte que M. Macron a exonéré les étudiants qui manifestent pacifiquement contre la dégradation des écoles, le manque de personnel et l'accès à l'enseignement supérieur. Il a imputé à La France insoumise, dirigée par Jean-Luc Mélenchon, d'encourager les radicaux et de légitimer la violence. Le même journal note que M. Macron était en déplacement au Proche-Orient après avoir assisté à un concert de Céline Dion avec son épouse, Brigitte Macron, à la veille du 17 octobre. La Razón estime que Marine Le Pen, qui se présente comme la garante de la sécurité et de l'ordre, pourrait profiter du chaos. De nouvelles mobilisations sont attendues le 24 octobre.