
Les habitants de Ceuta manifestent avec des œillets après les attaques contre les camps de migrants sur les plages
Des centaines d'habitants ont défilé vendredi à Ceuta, déposant des œillets devant la délégation du gouvernement après des incendies criminels visant des camps de migrants improvisés sur les plages locales.
Manifestations dans toute la ville de Ceuta
Des centaines d'habitants ont investi les rues de Ceuta vendredi soir lors d'une série de mobilisations sur la crise migratoire dans cette ville autonome de 83 000 habitants. Les actions ont débuté vers 19h00 lorsque plus de 100 personnes se sont rassemblées devant la Délégation du gouvernement sur la Plaza de los Reyes. Les participants, décrits par les organisateurs comme représentant les communautés chrétienne, musulmane, juive et hindoue, ont jeté des œillets sur les portes du bâtiment sous la bannière « Sans violence, sans haine, sans racisme » pour protester contre l'abandon perçu de l'État. Une deuxième colonne organisée par la plateforme Ceuta Unida est partie du Puente del Cristo vers 19h30, traversant les quartiers résidentiels pour rassembler d'autres participants. La Police nationale estimait la foule à environ 300 personnes au départ, puis à environ 500 participants lorsque la marche est passée devant un supermarché sur l'Avenida de España. La foule comprenait des familles avec poussettes, des résidents locaux et des visiteurs venus de Grenade et de Valence.
Incendies criminels et troubles dans les campements côtiers
L'atmosphère calme contrastait avec les violentes tensions des 48 heures précédentes, qui ont suivi l'arrivée de milliers de migrants lors de franchissements massifs de la frontière les 30 et 31 juillet. Jeudi, des groupes de citoyens ont tenté de bloquer la livraison de nourriture et de fournitures médicales aux migrants campés sur la plage d'El Trampolín, entravant les camions de ravitaillement et les ambulances de la Croix-Rouge. Plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes ont franchi les cordons de police pour harceler les migrants, démolir des abris de fortune et incendier des huttes sur la plage voisine de Benítez. Lors de la marche de vendredi, les participants se sont arrêtés à 20h00 pour débattre de la possibilité de se rendre directement à la plage d'El Trampolín. Les manifestants ont finalement choisi de longer la plage de Benítez sous l'escorte de plus de 15 policiers anti-émeutes de la Police nationale, tandis que des groupes de migrants observaient le cortège depuis une jetée voisine.
- Des milliers de migrants entrent à Ceuta lors de franchissements massifs de la frontière
- Des groupes bloquent l'aide de la Croix-Rouge et mettent le feu aux campements sur la plage
- Les habitants organisent des marches pacifiques aux œillets tandis que les dirigeants locaux appellent au calme
Recours administratifs et aide européenne
Après les incendies sur les plages, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a fait une déclaration conjointe au nom de tous les groupes politiques de l'assemblée locale, appelant les habitants à préserver la paix sociale. L'organisation des manifestations s'est faite via des groupes WhatsApp de quartier couvrant des secteurs comme Polígono, Otero, Zurrón et Mixto, où les messages de groupe exhortaient les participants à s'abstenir de toute violence physique et à laisser les incidents à la police. Le même jour, le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a officiellement demandé un soutien opérationnel à la Commission européenne. Le gouvernement espagnol a demandé le déploiement d'équipes de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et d'Europol pour aider les forces de sécurité nationales à filtrer et traiter les migrants actuellement présents à Ceuta.


