
Le Brésil rappelle son ambassadeur après que Milei a traité Lula de 'voleur' et un juge de 'déchet chauve' lors d'un rassemblement de Bolsonaro
Le président argentin a traité Lula de 'voleur' et un juge de la Cour suprême de 'déchet chauve' lors d'un événement à São Paulo pour la candidature présidentielle de Flávio Bolsonaro, ce qui a poussé le Brésil à rappeler son ambassadeur et à convoquer l'envoyé argentin.
Le rassemblement à São Paulo
Le samedi 25 juillet, le président argentin Javier Milei s'est rendu à São Paulo pour assister à un congrès du Parti libéral du Brésil, où le sénateur Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, a été officiellement désigné comme candidat du parti pour l'élection présidentielle d'octobre 2026. S'adressant à la foule, Milei a lancé une série d'attaques contre le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva sans jamais prononcer son nom. Il a traité Lula de "voleur" et de "condamné" (certains médias ont rapporté les termes "menteur" et "prisonnier"), a mis en garde contre le "danger Lula" et a exhorté les Brésiliens à se libérer de l'"esclavage de la gauche". Milei s'en est ensuite pris au juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qu'il a qualifié de "déchet chauve", et a accusé le juge de l'empêcher de rendre visite à son "ami injustement emprisonné" Jair Bolsonaro. L'ancien président, qui a gouverné de 2019 à 2022, a été reconnu coupable d'une tentative de coup d'État en 2022 et purge sa peine en résidence surveillée à Brasília. Cette apparition a été largement perçue comme une intervention dans la politique intérieure brésilienne avant le vote d'octobre.
La réponse diplomatique du Brésil
Le ministère brésilien des Affaires étrangères a réagi dimanche en rappelant son ambassadeur à Buenos Aires, Julio Bitelli, pour consultations. Le ministère a qualifié les propos de Milei de "hautement offensants". Une source diplomatique brésilienne a déclaré à l'AFP que la décision avait été prise parce que Milei avait "offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie du Brésil". L'ambassadeur Bitelli devait être de retour à Brasília d'ici lundi 27 juillet. Parallèlement, le gouvernement brésilien a convoqué l'ambassadeur d'Argentine à Brasília pour lui remettre une note de protestation officielle.
Il a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie du Brésil.
La réaction de Lula
Le président Lula a abordé la querelle indirectement lors d'un événement syndical dimanche. Sans mentionner Milei par son nom, il a déclaré : "Au Brésil, nous ne tolérons pas que quelqu'un pousse là où il n'a pas été semé." Il a souligné qu'il continuerait à gouverner sans être affecté par "l'ingérence de quiconque", ajoutant que son gouvernement ne serait pas influencé par des pressions extérieures.
Les contre-accusations de Milei
Quelques heures après les répercussions diplomatiques, Milei a accordé une interview à Radio Mitre dans laquelle il a accusé le gouvernement brésilien, le Mexique et le Parti démocrate américain de financer une "campagne contre l'Argentine". Il semblait faire référence aux critiques auxquelles l'Argentine et son équipe nationale de football ont été confrontées pendant la Coupe du monde, centrées, selon les rapports, sur le comportement des joueurs et des supporters argentins. Milei a affirmé que 25 % des ressources de cette prétendue campagne provenaient du gouvernement brésilien.
Qui a mis le plus d'argent dans cette campagne contre l'Argentine ? Le gouvernement brésilien. 25 % des ressources provenaient du gouvernement brésilien.
Il a ajouté que la campagne était également financée par le Mexique et le Parti démocrate américain, et a suggéré que les plaintes du Brésil concernant l'ingérence étrangère dans ses élections étaient hypocrites.
De plus, cette campagne a été financée par le Mexique, par le Parti démocrate américain.
- Milei prend la parole au congrès du Parti libéral à São Paulo, traite Lula de 'voleur' et de Moraes de 'déchet chauve'.
- Le Brésil rappelle l'ambassadeur Julio Bitelli et convoque l'ambassadeur argentin pour une protestation.
- Lula déclare que le Brésil ne tolère pas que quelqu'un 'pousse là où il n'a pas été semé'.
- Milei dit à Radio Mitre que le Brésil, le Mexique et les démocrates américains ont financé une campagne contre l'Argentine, dont 25 % provenaient du Brésil.


