Les demandes d'indemnisation des incendies de forêt en France atteignent 500 millions d'euros alors que 100 000 hectares brûlent
France Assureurs a enregistré 25 000 sinistres en Gironde, dans les Landes et le Var après des vagues de chaleur qui ont détruit près de 100 000 hectares de forêt durant l'été 2026.
Les demandes d'indemnisation atteignent 500 millions d'euros
La fédération française des assureurs France Assureurs a publié vendredi son évaluation initiale, estimant les dommages totaux assurés des incendies de forêt de l'été 2026 à près de 500 millions d'euros. Les données, compilées à partir des dossiers soumis jusqu'à la mi-août, comprennent environ 25 000 sinistres distincts dans le sud de la France, principalement dans les départements de la Gironde, des Landes et du Var. La présidente de la fédération, Florence Lustman, a souligné l'ampleur des destructions pour le secteur national de l'assurance. Les responsables des assurances ont noté que le coût global devrait encore augmenter avant que les chiffres définitifs ne soient arrêtés, les assurés ayant un délai prolongé jusqu'au 31 août pour soumettre leurs déclarations de dommages. Pour la quasi-totalité des logements et locaux commerciaux concernés nécessitant des expertises d'assurance formelles, des inspections d'experts ont eu lieu ou sont programmées pour les jours à venir.
- Été 2022
- 80 €M
- Été 2026
- 500 €M
Pertes pour les ménages et les opérateurs commerciaux
Les particuliers représentent la part principale des victimes des incendies, avec environ 21 000 demandes déposées. Ces soumissions incluent une indemnisation pour les frais de relogement temporaire d'urgence pour une partie des 30 000 résidents qui ont reçu l'ordre des autorités régionales d'évacuer leur domicile. La destruction physique des maisons a été la plus aiguë dans le village du Porge, où 180 habitations ont été détruites par les flammes. Dans le secteur des entreprises, artisans, commerçants, entreprises, agriculteurs et collectivités locales ont soumis près de 3 000 déclarations de dommages. Plus de 1 800 de ces déclarations professionnelles ont été ouvertes au titre des provisions pour pertes d'exploitation afin de couvrir la perte de chiffre d'affaires et de revenus résultant des arrêts d'activité forcés, représentant près de 30 millions d'euros de pertes survenues en grande partie sans destruction physique directe des installations.
- Particuliers
- 21000
- Professionnels et collectivités locales
- 3000
Records de surface brûlée et réponse de l'État
La charge financière de 500 millions d'euros fait suite à des vagues de chaleur consécutives et à des conditions de sécheresse sévère dans toute la France pendant la saison estivale 2026. La destruction totale des forêts a atteint près de 100 000 hectares dans tout le pays, représentant la plus grande superficie annuelle brûlée enregistrée en 20 ans de données de suivi satellitaire. L'incendie le plus étendu a eu lieu en Gironde à la mi-juillet, brûlant 42 000 hectares dans un incendie d'une ampleur inédite dans le département depuis 1949, bien qu'aucun décès n'ait été signalé. En réponse à la crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu sur le territoire touché à la mi-août, promettant une mobilisation gouvernementale importante et annonçant 12 millions d'euros d'aide initiale de l'État. Les chiffres de 2026 contrastent fortement avec la saison des incendies de l'été 2022, qui a produit environ 2 000 sinistres totalisant 80 millions d'euros entre début juin et fin septembre.
Débats sur l'assurabilité et propositions du secteur
La fréquence et la gravité croissantes des sinistres liés au climat ont suscité des discussions au sein du secteur financier sur la future assurabilité des régions vulnérables. S'exprimant sur la chaîne de télévision TF1 vendredi, le directeur général de la MAIF, Pascal Demurger, a prévenu que les assureurs privés pourraient progressivement abandonner les territoires à forte exposition si la gestion des risques était laissée à la seule concurrence du marché libre. Demurger, qui copréside également la coalition d'entreprises Impact France, a appelé à une intervention législative obligeant tous les assureurs à mutualiser les risques dans les zones vulnérables.
Si nous ne faisons rien, si nous laissons simplement le marché faire son travail, alors oui, demain, il existe un risque réel que les assureurs se retirent des zones les plus exposées parce qu'elles ne sont pas rentables.
Il faut une régulation, il faut une mutualisation entre tous les assureurs, un soutien collectif pour ces territoires.
S'exprimant sur la politique économique plus large à l'université d'été d'Impact France à Paris, Demurger a également exprimé son scepticisme quant à la baisse des impôts sur les sociétés pour augmenter les salaires, tout en plaidant pour une augmentation des impôts sur les successions de plusieurs millions d'euros et des surtaxes plus élevées sur les entreprises pour financer les transitions collectives.


