
Saype peint deux fresques géantes d'enfants dessinant la nature sur les pentes des Alpes suisses, clôturant un chapitre de cinq ans
Les œuvres biodégradables de l'artiste franco-suisse, couvrant 4 600 et 6 300 mètres carrés, représentent des enfants dessinant la nature et sont visibles depuis Bretaye jusqu'au début août.
Un récit alpin de cinq ans atteint son chapitre final
Pour le cinquième été consécutif, l'artiste de land art franco-suisse Saype (Guillaume Legros) a transformé les hauts pâturages au-dessus de Villars-sur-Ollon en une toile monumentale. Le village, perché à 1 258 mètres dans le canton de Vaud, abrite à peu près le même nombre d'habitants. Arrivé le 8 juillet, Saype a choisi deux nouveaux sites dans la zone de Bretaye, différents de ceux des années précédentes, et a peint deux vastes fresques éphémères directement sur l'herbe. Le diptyque, intitulé « À portée de ciel », représente deux enfants assis dans le pré dessinant des arbres, des nuages, le soleil et la lune dans le paysage. Selon l'artiste, ces œuvres ferment un premier chapitre d'une histoire qui l'occupe depuis cinq ans.
Pendant des années, les enfants dans mes œuvres apprenaient de la nature et s'en inspiraient. Aujourd'hui, ils la dessinent.
Les deux pièces sont situées sur des pentes distinctes. La première, couvrant 4 600 mètres carrés, se voit mieux depuis le belvédère du Roc d'Orsay ; la seconde, s'étendant sur 6 300 mètres carrés, se révèle depuis le restaurant du Golf. Ensemble, elles couvrent près de 11 000 mètres carrés de prairie alpine, visibles pour les randonneurs traversant les hauteurs au-dessus du village. Sur son site web, Saype décrit l'installation comme transformant le flanc de la montagne en toile, s'harmonisant avec le cadre naturel tout en soulignant sa beauté et sa fragilité.
- Fresque du Roc d'Orsay
- 4600 m²
- Fresque du restaurant du Golf
- 6300 m²
Éphémère par conception
La technique de Saype repose sur une peinture qu'il mélange lui-même à partir de craie et de charbon de bois, appliquée directement sur l'herbe sans fixateurs synthétiques. Les images sont conçues pour s'estomper progressivement sous l'effet du vent, de la pluie et de la repousse, ne laissant aucune trace permanente dans le paysage. Leur durée de vie dépend entièrement des conditions météorologiques : l'artiste s'attend à ce qu'elles restent lisibles jusqu'au début août, bien que la fresque du Roc d'Orsay ait déjà subi des dégâts à cause des tempêtes de la fin de semaine dernière. Cette impermanence intégrée est au cœur du message de l'œuvre sur la fragilité de l'environnement naturel.
Les enfants comme messagers doux
Saype utilise depuis longtemps la figure de l'enfant pour aborder des thèmes sérieux. Il a confié à Keystone-SDA que les enfants peuvent traiter des sujets « très profonds », en particulier les questions environnementales, « avec douceur et poésie ». Dans le nouveau diptyque, les enfants ne sont plus des apprenants passifs mais des créateurs actifs, dessinant le monde qui les entoure. L'un des enfants a un sac à dos, du papier et des crayons à proximité ; à côté de l'autre, une pile de livres semble s'élever dans les airs. Le passage de l'apprentissage au dessin marque, selon l'artiste, la fin d'une narration de cinq ans qui a commencé avec des enfants observant la nature et les voit désormais la façonner.
Un complément en intérieur
Pour la première fois, l'installation en plein air est accompagnée d'une exposition en intérieur. Une quarantaine d'œuvres de Saype sont visibles à l'hôtel Villars Palace, dans le cadre d'une exposition qui se tient jusqu'au 26 juillet. L'exposition offre aux visiteurs l'occasion de voir les pièces et études à plus petite échelle de l'artiste, fournissant un contexte aux fresques monumentales sur gazon à l'extérieur. La salle d'exposition de l'hôtel accueille la collection, qui couvre diverses phases de sa carrière.
Un corpus de land art qui s'agrandit
Saype a déjà créé des fresques sur gazon à grande échelle dans d'autres endroits en Suisse. En 2024, il a peint une image géante au sol dans l'Irchelpark de Zurich pour honorer le travail de SOS Méditerranée, l'organisation de sauvetage en mer qui aide les migrants en détresse en Méditerranée. Ses œuvres sont également apparues dans des villes du monde entier, toujours en utilisant la même technique biodégradable. La série de Villars-sur-Ollon est cependant son projet spécifique au site le plus long, et sa conclusion marque un tournant dans sa pratique. L'artiste n'a pas encore indiqué ce qui suivra ce chapitre clos.
