
Trump impose des droits de douane de 10 à 12,5 % à 60 partenaires commerciaux, invoquant le travail forcé, alors que la taxe temporaire expire
Les États-Unis imposeront des droits de douane de 10 % à 12,5 % sur les importations en provenance d'environ 60 partenaires commerciaux à minuit, heure de Washington, en remplacement d'une taxe temporaire de 10 % qui expire le 24 juillet 2026. La mesure invoque la section 301 du Trade Act de 1974, citant le travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement.
Le nouveau régime douanier
Les États-Unis imposeront des droits de douane de 10 % à 12,5 % sur les importations en provenance d'environ 60 partenaires commerciaux, à compter de 00 h 01, heure de Washington, le vendredi 24 juillet 2026. Ces mesures remplacent une taxe mondiale temporaire de 10 % en vigueur depuis février, lorsque la Cour suprême avait annulé des droits plus larges antérieurs. Les nouveaux prélèvements couvrent environ 99 % de toutes les importations américaines, selon des données commerciales citées par des médias grecs. Le fondement juridique est la section 301 du Trade Act de 1974, le même outil utilisé contre la Chine durant le premier mandat de Trump.
- La Cour suprême annule les droits de douane antérieurs ; une taxe temporaire de 10 % est imposée mondialement
- L'USTR lance une enquête au titre de la section 301 sur le travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement
- Annonce de nouveaux droits de douane, allant de 10 à 12,5 %, sur environ 60 partenaires commerciaux
- Les droits de douane entrent en vigueur, remplaçant la mesure temporaire de 10 % qui expire
Pivot juridique après la défaite à la Cour suprême
Après que la Cour suprême a invalidé les droits dits du « Jour de la libération », l'administration a imposé une taxe provisoire de 10 % pour 150 jours en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux. Cette mesure expire au moment même où les nouveaux droits entrent en vigueur, garantissant une continuité de la protection. Le représentant américain au Commerce (USTR) a lancé une enquête au titre de la section 301 à la mi-mars, examinant si les partenaires commerciaux empêchent suffisamment l'entrée de marchandises fabriquées avec du travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement américaines. Les conclusions, publiées le mois dernier, ont établi que la plupart des partenaires sont en deçà des exigences.
Les États-Unis maintiennent une interdiction d'importer des produits issus du travail forcé depuis près d'un siècle et l'appliquent strictement. Il est temps que nos partenaires commerciaux fassent de même.
Structure tarifaire à deux niveaux
Les pays qui disposent d'une législation contre le travail forcé, notamment l'UE, le Royaume-Uni, le Canada, le Mexique et l'Inde, sont soumis à un droit de 10 %. L'Inde devait initialement être taxée à 12,5 %, mais a été placée dans la catégorie inférieure dans la décision finale. Environ 40 autres économies, dont la Chine, le Japon, la Suisse et la Corée du Sud, seront frappées à 12,5 %. L'énergie, les matières premières, les denrées alimentaires et les engrais sont exonérés, de même que les produits déjà soumis à des droits sectoriels distincts, comme les automobiles, les métaux et les produits pharmaceutiques. Des exemptions supplémentaires concernent le liège, les diamants, les pièces d'avion et les médicaments génériques.
- Pays avec législation contre le travail forcé (10 %)
- 10 %
- Pays sans législation adéquate (12,5 %)
- 12.5 %
Bruxelles voit le verre à moitié plein
La Commission européenne a adopté un ton remarquablement mesuré. Le porte-parole Olof Gill a déclaré que l'UE « note positivement » que le résultat respecte le plafond de 15 % de l'accord de Turnberry, même si Bruxelles rejette la justification du travail forcé. L'UE souligne sa propre législation à venir, qui interdira totalement les marchandises issues du travail forcé d'ici 2027. Pour l'instant, la prévisibilité pour les entreprises prime sur une nouvelle querelle transatlantique.
L'Union européenne note positivement que ce résultat est conforme aux engagements américains convenus dans la déclaration conjointe UE-États-Unis.
Réactions de Tokyo et Wellington
Le gouvernement japonais s'est montré moins diplomatique. Le porte-parole Minoru Kihara a déclaré que Tokyo « regrette » la mesure, affirmant que l'industrie et le commerce japonais respectent les règles internationales. Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon est allé plus loin, qualifiant les droits de douane d'« extrêmement décevants » et affirmant que l'enquête de l'USTR « n'a produit aucune preuve substantielle » à l'appui des allégations de travail forcé. Les deux pays se trouvent dans la tranche des 12,5 %.
L'enquête de l'USTR n'a produit aucune preuve substantielle à l'appui des allégations.
Prochaines étapes
L'USTR mène déjà une enquête distincte sur 16 pays qui représentent 70 % des importations américaines, examinant si la surproduction comprime artificiellement les prix et nuit aux entreprises américaines. Cette enquête pourrait déboucher sur des droits supplémentaires. Pour l'instant, les nouveaux droits de douane de la section 301 verrouillent un cadre protectionniste que l'administration estime capable de relancer l'industrie nationale, tandis que les critiques mettent en garde contre une hausse des coûts pour les consommateurs des 60 économies concernées.

