
Les blocages de lycées en France s'intensifient : plus de 440 interpellations et 76 blessés
Plus de 440 personnes ont été interpellées en France alors que les blocages de lycées, motivés par le manque de personnel et les coupes budgétaires, ont dégénéré à Paris, Marseille et Nantes, entre autres villes.
Blocages dans tout le pays et revendications lycéennes
Les protestations de lycéens et d'étudiants se sont étendues à toute la France le jeudi 1er octobre 2026, provoquant perturbations, blocages et affrontements avec les forces de l'ordre. Le mouvement est parti des banlieues d'Île-de-France avant de gagner des centres urbains comme Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux et Rennes. Les élèves mobilisés réclament davantage de moyens de l'État, le remplacement immédiat des enseignants absents, des classes moins chargées et des locaux rénovés. Dans plusieurs lycées, des élèves signalent des salles manquantes, des tables et des chaises absentes et des effectifs supérieurs à 30 ou 35 élèves. Le syndicat Union étudiante indique qu'une trentaine de sites universitaires ont également été bloqués. Les manifestants expriment aussi leur exaspération face à la plateforme d'admission Parcoursup et pointent les écarts entre les établissements de banlieue et ceux du centre de Paris.
- Début des blocages de lycées en Île-de-France sur les effectifs et les conditions scolaires.
- Les protestations coïncident avec les grèves du secteur public : 338 lycées bloqués.
- Le ministère de l'Intérieur recense 356 lycées totalement ou partiellement bloqués.
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu convoque une réunion de crise d'urgence au ministère de l'Intérieur.
Incendies et agressions violentes contre le personnel scolaire
La violence s'est aggravée le jeudi 1er octobre 2026, plusieurs chefs d'établissement et véhicules de secours étant directement pris pour cible dans le pays. Au lycée Victor Hugo à Marseille, des individus ont tenté de mettre le feu aux locaux et ont aspergé d'essence la proviseure, le proviseur adjoint, le secrétaire général et le chef de travaux, blessant la proviseure. Dans la même ville, des centaines de jeunes ont encerclé un camion de pompiers au lycée Saint-Exupéry, contraint l'équipage à évacuer et incendié le véhicule, perturbant fortement les transports publics locaux. Des chefs d'établissement ont aussi été visés dans le nord et le centre de la France, notamment à Rouen au lycée Blaise Pascal, à Petit-Quevilly au lycée Elisa Lemonnier et à Ingré près d'Orléans au lycée Maurice Genevoix, où des proviseurs ont été légèrement blessés. À Auchel, dans le Pas-de-Calais, le directeur d'un lycée professionnel a dû être hospitalisé pour choc et blessures après avoir été touché par un feu d'artifice. À Nantes, les autorités locales ont recensé des incendies dans trois établissements scolaires, dont le lycée Nelson Mandela, où l'adjoint au maire Olivier Château a confirmé que le feu avait été éteint sans victime.
Réponse du gouvernement et bilan des victimes
Face à la propagation des troubles, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise interministérielle d'urgence à 13 heures au ministère de l'Intérieur le jeudi 1er octobre 2026. Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a indiqué que 76 élèves et personnels scolaires avaient été blessés depuis le début des mobilisations. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé sur BFM TV que les forces de l'ordre avaient interpellé plus de 440 personnes, en très grande majorité mineures. M. Nuñez a fait état de sept cas où des manifestants ont lancé de l'acide chlorhydrique sur des policiers et a déclaré que des agitateurs mobiles se déplaçaient d'établissement en établissement pour provoquer des affrontements. À Saint-Denis, des jeunes ont fait face aux lignes de police en brandissant des pancartes dénonçant l'usage de gaz lacrymogène, tandis que le ministère de l'Éducation a demandé aux lycées bloqués de mettre en place l'enseignement à distance.
La violence n'empêchera pas nos élèves d'exercer leur droit fondamental à l'éducation.
Tensions budgétaires et réactions politiques
Les mobilisations scolaires ont coïncidé avec un mouvement de grève plus large dans le secteur public, entamé le mardi 29 septembre 2026, et avec la présentation officielle du budget de l'État pour 2027 le jeudi 1er octobre 2026. Le projet de budget prévoit des réductions ciblées de dépenses publiques destinées à alléger la pression sur les finances de l'État. Les données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montrent que, si la dépense publique française pour l'enseignement primaire et secondaire a augmenté entre 2015 et 2022 jusqu'à se situer au milieu du classement des membres, sa part dans le budget national a légèrement reculé. Les protestations ont déclenché des polémiques politiques, des alliés du gouvernement accusant le parti de gauche radicale La France insoumise d'encourager les troubles lycéens. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis affilié à La France insoumise, affirme que ses propos publics ont été mal interprétés.
- 2026-09-29
- 338 lycées
- 2026-09-30
- 356 lycées


