
L'épidémie d'Ebola en RD Congo dépasse les 2 300 morts et devient la plus meurtrière de l'histoire du pays
La République démocratique du Congo a enregistré 2 325 décès dus à Ebola, dépassant son record de 2018-2020 en 13 semaines, alors que la souche Bundibugyo se propage dans six provinces.
Un bilan record et une transmission accélérée
La République démocratique du Congo a enregistré 2 325 décès et 4 945 cas confirmés lors de sa 17e épidémie d'Ebola, ce qui en fait la plus meurtrière de l'histoire du pays. Les données sanitaires officielles publiées dimanche confirment que le nombre de décès a dépassé les 2 299 morts enregistrés lors de l'épidémie de 2018-2020. Alors que cette crise précédente avait duré 22 mois, l'épidémie actuelle a franchi ce seuil en environ 13 semaines. La transmission se poursuit à un rythme d'un décès toutes les 30 minutes, les autorités congolaises ayant enregistré 101 nouveaux cas et 53 décès au cours des dernières 24 heures.
Le chef humanitaire de l'ONU, Tom Fletcher, a mis en garde contre la vitesse de la contagion :
Ebola est en train de gagner en République démocratique du Congo. Nous ne pouvons pas laisser le virus prendre de l'avance sur notre réponse. Nous avons besoin de rapidité, d'ampleur et de solidarité avant que ce virus ne prenne encore plus d'avance sur nous.
- L'épidémie commence autour de la zone minière de Mongbwalu selon l'étude de Science
- Le ministère de la Santé de la RD Congo déclare officiellement la 17e épidémie d'Ebola
- Le nombre de décès confirmés atteint 2 325, dépassant le record de l'épidémie de 2018-2020
- Le comité d'urgence de l'OMS se réunit pour évaluer la réponse et la transmission
La souche Bundibugyo et les retards de détection
La crise est provoquée par l'espèce Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007 et détectée auparavant au Congo en 2012. Contrairement à la souche Zaïre, il n'existe aucun vaccin approuvé ni traitement antiviral ciblé contre Bundibugyo. Un rapport publié dans la revue Science indique que la transmission a commencé dès janvier près de la ville minière de Mongbwalu, des mois avant que le gouvernement ne déclare l'épidémie le 15 mai. Les premières infections ont été diagnostiquées à tort comme des péritonites, les agents de santé ont utilisé des kits de test destinés à d'autres souches, et les premiers échantillons de laboratoire envoyés à Kinshasa ont été mal manipulés.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a décrit le défi lors d'une visite d'inspection :
L'épidémie avait une longueur d'avance considérable, elle est encore loin devant nous, et nous jouons au rattrapage.
Concentration géographique dans les zones de conflit
La maladie s'est propagée à 55 zones de santé dans six provinces : Ituri, Nord-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo, Sud-Kivu et Bas-Uélé. L'Ituri reste l'épicentre principal, avec 4 194 cas confirmés et 1 838 décès (84,8 % de tous les cas enregistrés). Le Nord-Kivu représente le deuxième foyer le plus important, avec 596 cas, 417 décès et un taux de létalité de 70 %. Le Haut-Uélé a enregistré 138 cas et 62 décès, le Tshopo 13 cas et six décès, et le Sud-Kivu trois cas. Les conflits armés en cours en Ituri et au Nord-Kivu, ainsi que les grèves locales du personnel médical pour des salaires impayés, ont perturbé les opérations de confinement.
- Ituri
- 4194 cas
- Nord-Kivu
- 596 cas
- Haut-Uélé
- 138 cas
- Tshopo
- 13 cas
- Sud-Kivu
- 3 cas
Transmission communautaire et risques transfrontaliers
Les équipes de confinement sont confrontées à une transmission communautaire étendue, les données de l'Organisation mondiale de la santé montrant qu'environ 80 % des nouvelles infections surviennent en dehors des chaînes de traçage des contacts établies. L'infectiologue Yazdan Yazdanpanah de l'hôpital Bichat a noté que 80 % des patients décédés n'ont jamais cherché de soins dans des établissements médicaux, en raison de la méfiance et des conflits. Dans le dernier décompte quotidien, 33 des 53 décès sont survenus en dehors des centres de santé. La société d'analyse londonienne Airfinity a estimé que les infections réelles pourraient être cinq fois plus élevées que les chiffres officiels. Mercy Corps a signalé des cas dans un centre commercial à 35 kilomètres du Soudan du Sud, ce qui soulève des préoccupations transfrontalières alors que le comité d'urgence de l'OMS se réunit le 18 août pour examiner les mesures de confinement.


