
Zapatero visé par une enquête pour fraude fiscale après la découverte de bijoux d'une valeur de 1,3 million d'euros dans son coffre, secouant le parti au pouvoir en Espagne
Une enquête judiciaire distincte visant l'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero pour fraude fiscale et contrebande a déclenché une crise politique au sein du Parti socialiste au pouvoir, après la découverte de bijoux d'une valeur de 1,3 million d'euros dans son coffre de bureau.
Une collection cachée de bijoux de luxe
La classe politique espagnole est sous le choc après que les autorités ont découvert une cache de bijoux de grande valeur dans le coffre du bureau de l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero. Une expertise ordonnée par le tribunal, réalisée par le bijoutier madrilène Ansorena avec l'Institut gemmologique espagnol, a estimé les pièces à plus de 1,3 million d'euros, bien que des gemmologues consultés par EL MUNDO estiment que la valeur réelle sur le marché pourrait être le double une fois les coûts de fabrication et les marges des marques inclus.
La collection comprend un collier zambien en or blanc avec diamants et émeraudes estimé à 278 000 €, un collier thaïlandais en or blanc 18 carats orné de 13 saphirs évalué à 220 000 €, ainsi que plusieurs bracelets, bagues et boucles d'oreilles sertis de pierres précieuses. Les bijoux étaient conservés dans le coffre du bureau professionnel de Zapatero, et leur origine n'est pas documentée.
L'introduction, la possession ou la circulation sur le territoire national de bijoux dont la valeur totale s'élève à environ 1 323 915 €, sans preuve de paiement des droits de douane, taxes spéciales ou prélèvements liés à leur importation, constitue une indication objective que ces biens ont pu entrer sur le territoire douanier de l'Union européenne en contournant les contrôles fiscaux requis.
Un tribunal cible deux infractions possibles
Le juge José Luis Calama de l'Audiencia Nacional espagnole a ouvert une procédure distincte dans le cadre de l'affaire Plus Ultra pour enquêter sur Zapatero pour suspicion de fraude fiscale et de contrebande. L'enquête découle de l'absence de toute documentation douanière, de factures d'importation ou de preuve de paiement de la TVA de 21 % qui serait due sur ces articles de luxe importés. En droit espagnol, les importations non déclarées d'une valeur supérieure à 150 000 € peuvent constituer une contrebande, et le défaut de paiement des taxes d'importation peut entraîner des poursuites pour fraude fiscale.
L'enquête parallèle a pris de l'ampleur après que les services de sécurité intérieure américains (Homeland Security Investigations) ont remis le téléphone portable de l'homme d'affaires vénézuélien Rodolfo Reyes, ancien propriétaire majoritaire de la compagnie aérienne Plus Ultra, à la police espagnole le 18 mars 2026. Les conversations sur l'appareil suggèrent que Zapatero aurait pu être impliqué dans des efforts pour obtenir le sauvetage public de 53 millions d'euros de Plus Ultra en 2021 en dehors des circuits officiels.
- Les services de sécurité intérieure américains (Homeland Security Investigations) saisissent le téléphone portable de Rodolfo Reyes, propriétaire vénézuélien majoritaire de Plus Ultra.
- Le gouvernement espagnol accorde un sauvetage public de 53 millions d'euros à la compagnie aérienne Plus Ultra.
- Les autorités américaines remettent les données du téléphone de Reyes à la police espagnole ; les conversations suggèrent l'implication de Zapatero dans le sauvetage.
- Le juge Calama ouvre une enquête distincte visant Zapatero pour possible fraude fiscale et contrebande liée aux bijoux.
- Ansorena, avec l'Institut gemmologique espagnol, estime les bijoux à environ 1,3 million d'euros.
- Zapatero doit témoigner devant l'Audiencia Nacional à Madrid.
Le PSOE prend ses distances avec un ancien repère moral
La découverte a dévasté les militants de base du Parti socialiste. Une source du parti a décrit avoir vu « des militants pleurer, des gens ordinaires qui croyaient en Zapatero » et a noté que le lien émotionnel avec lui avait été le fil unificateur le plus puissant du parti. Depuis l'affaire des bijoux, il n'y aura plus de rassemblements, d'hommages ou d'apparitions publiques de l'ancien dirigeant ; il s'est déjà tenu à l'écart des événements officiels lors de la visite du pape Léon XIV.
Le porte-parole de Zapatero, Luis Arroyo, a d'abord affirmé que la collection valait entre 30 000 et 50 000 €, puis s'est excusé pour cette « erreur », une méprise que les cadres du parti ne comprennent toujours pas. La direction du PSOE s'est murée dans le silence, tandis que les partenaires de la coalition gouvernementale — par la voix de la ministre de la Santé Mónica García — exigent des explications.
Zapatero a dit que ses bijoux valaient 50 000 € et maintenant ils valent 26 fois plus. Ne me dites pas que les prix n'augmentent pas !
La suite
Zapatero doit témoigner devant le juge Calama le mercredi 17 juin, une comparution que tout l'éventail politique estime devoir inclure des explications. Il a la possibilité de présenter des documents qui pourraient dissiper les soupçons d'origine illicite, mais l'absence de traçabilité pour une collection aussi précieuse place l'ancien Premier ministre face à la menace juridique la plus grave jamais encourue par un ancien chef de gouvernement espagnol à l'ère démocratique.
