
À 80 ans, l'emprise de Trump faiblit : guerre en Iran enlisée, alliances fissurées et révolte au Congrès
À la veille de son 80e anniversaire, Donald Trump fait face à une guerre en Iran qui dure depuis près de quatre mois, des relations tendues avec Israël et une opposition croissante au sein de son propre parti au Congrès.
Dans les semaines précédant son 80e anniversaire ce dimanche, Donald Trump a été inhabituellement silencieux, son agenda autrefois chargé d'apparitions publiques étant désormais dominé par des réunions à huis clos. Le président américain est confronté à une cascade de crises intérieures et extérieures, et son aura de domination semble s'estomper.
La guerre en Iran s'enlise
Lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des opérations militaires contre l'Iran le 28 février, la Maison-Blanche prévoyait une campagne de quatre à six semaines. Près de quatre mois plus tard, aucune fin n'est en vue. L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, étranglant une artère vitale du commerce pétrolier, et les prédictions répétées de Trump sur un accord imminent n'ont abouti à rien. Il a récemment posté, à la manière d'un blog en direct, qu'il se rendait à la Situation Room pour prendre une décision, mais aucune décision n'a suivi. Jeudi, il a évoqué la possibilité qu'un accord soit signé ce week-end, peut-être en Europe, mais rien n'est certain.
- Les États-Unis et Israël lancent des opérations militaires contre l'Iran
- L'administration déclare que le conflit durera de quatre à six semaines
- L'Iran bloque le détroit d'Ormuz, perturbant le commerce pétrolier
- La Chambre adopte un ensemble d'aides à l'Ukraine et de sanctions contre la Russie, accentuant la pression sur Trump
- Trump évoque la possibilité d'un accord sur l'Iran signé ce week-end en Europe
L'alliance avec Israël sous tension
Derrière les rideaux, le partenariat avec Israël s'effrite. Trump a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à faire preuve de retenue, mais les frappes israéliennes se sont poursuivies sur un second front au Liban.
La confusion publique sur les objectifs de la guerre et les justifications changeantes de Washington ont approfondi le sentiment d'errance.Il y a eu une rupture dans l'alliance autrefois solide.
Le Congrès se rebelle
Le danger le plus aigu pour Trump ne réside peut-être pas outre-mer, mais sur la colline du Capitole. Même les républicains de la Chambre des représentants pressent pour une fin rapide de la guerre en Iran. Récemment, la Chambre a adopté un ensemble d'aides à l'Ukraine et de sanctions contre la Russie mené par les démocrates, avec un soutien républicain substantiel, et l'a utilisé pour réaffirmer l'alliance de l'OTAN. Si le texte arrive sur le bureau de Trump, cela le forcerait à approuver le pacte de défense même qu'il a critiqué pour ne pas avoir suffisamment aidé dans le détroit d'Ormuz.
Lassitude de la guerre et parti divisé
Les Américains sont las de la guerre, et la cote de popularité de Trump est mauvaise depuis un certain temps. Sa promesse initiale d'éviter de nouveaux conflits – une pierre angulaire de sa campagne de 2024 – a été remplacée par une devise du Pentagone de « paix par la force », et il nie désormais avoir jamais promis de rester à l'écart des guerres étrangères. La communication erratique de la Maison-Blanche et les délais changeants du président ont troublé même ses alliés, et la célébration extravagante prévue pour son anniversaire, avec des combats en cage devant la Maison-Blanche, pourrait ne pas suffire à restaurer son autorité.
Perspectives
Les prochains jours pourraient être décisifs. Si un accord sur l'Iran se concrétise ce week-end, Trump pourrait reprendre l'initiative. Dans le cas contraire, l'image d'un président perdant le contrôle – le jour de son 80e anniversaire – se renforcera, avec des conséquences imprévisibles pour le reste de son second mandat.

