
Le Parlement portugais devrait approuver la réforme du travail après que Chega a assoupli son opposition
Le paquet de réformes du gouvernement, dénoncé par les syndicats comme un recul des protections des travailleurs, semble devoir passer un vote parlementaire clé vendredi après que le parti d'extrême droite Chega a indiqué qu'il ne bloquerait pas la législation.
Affrontement parlementaire
Le Parlement portugais a tenu un débat houleux le 18 juin sur la réforme du droit du travail du gouvernement, le gouvernement minoritaire PSD/CDS-PP insistant sur le fait qu'il dispose des voix nécessaires pour adopter le projet de loi lors d'un vote d'approbation générale prévu le 19 juin. Le chef du groupe parlementaire du PSD, Hugo Soares, a déclaré depuis l'hémicycle : « Demain, cette proposition sera approuvée. » La séance a été marquée par des échanges vifs entre les bancs de gauche et de droite, y compris des accusations de trahison et des moqueries sur le financement des partis. Le chef du groupe parlementaire du PS, Eurico Brilhante Dias, a accusé le leader de Chega d'avoir « menti » aux électeurs, tandis que l'IL a ridiculisé les « volte-face » du parti.
Le virage décisif de Chega
Le parti d'extrême droite Chega, dont les voix sont décisives pour la majorité du gouvernement, a signalé qu'il ne bloquerait pas la législation. Le chef du parti, André Ventura, a placé Chega dans « l'hémisphère de ceux qui savent que ce n'est pas idéal, mais qui veulent obtenir quelque chose pour ceux qui travaillent », revendiquant le mérite d'avoir obtenu des jours de vacances supplémentaires, des majorations de primes de poste et un congé parental prolongé. Il a promis aux travailleurs « la plus grande victoire des dernières décennies ».
Pour nous, augmenter la prime de poste n'est pas une plaisanterie. Gagner des jours de vacances supplémentaires n'est pas une plaisanterie. Gagner un congé parental prolongé n'est pas une plaisanterie.
Le PS (centre-gauche) et l'Initiative libérale ont accusé Chega de revirements répétés. Le député PS Hugo Oliveira a rappelé la description antérieure du projet de loi par Chega comme un « bar ouvert aux licenciements », demandant si Ventura allait désormais « donner un coup de main » au gouvernement.
Colère syndicale et menace de grève
Les deux principales confédérations syndicales, la CGTP et l'UGT, se sont rassemblées devant l'Assemblée à Lisbonne. Le secrétaire général de la CGTP, Tiago Oliveira, a averti que tout parti qui permettrait l'avancement du projet de loi « trahirait la volonté des travailleurs » et a promis de les tenir responsables lors des urnes.
Tous les députés et partis qui, par un vote favorable ou une abstention, permettent la poursuite de la discussion sur le paquet social trahissent la volonté des travailleurs.
Le leader de l'UGT, Mário Mourão, a déclaré que son syndicat n'exclut pas une grève générale, bien qu'il ait plaidé pour une escalade « graduelle et prudente ». Il a prédit que le « non c'est non » de Chega était devenu « oui c'est oui », et que le parti permettrait l'adoption.
Le « non c'est non » a disparu ; maintenant, l'avenir et le présent, c'est « oui c'est oui ».
Le Parti communiste de gauche a qualifié le vote attendu de « coup d'État » et de « trahison », le secrétaire général Paulo Raimundo jurant que les travailleurs ne pardonneraient pas à ceux qui soutiennent la réforme.
Les travailleurs pardonnent beaucoup de choses, mais ils ne pardonnent pas la trahison. Et ceux qui, demain, s'associeront à ce paquet social devront en répondre à l'avenir.
Mesures clés
Le projet de loi du gouvernement, entré au Parlement le 18 mai, conserve les éléments essentiels auxquels les syndicats s'opposent : le retour à un maximum de trois ans pour les contrats à durée déterminée, un plafond de cinq ans pour les contrats à durée indéterminée, le rétablissement de la banque individuelle d'heures et la révocation de l'interdiction d'un an de sous-traitance après des licenciements collectifs. Le Premier ministre, s'exprimant depuis Bruxelles, a réitéré la « disponibilité absolue » du gouvernement à approfondir la réforme avec les contributions des partis politiques.
- Grève générale menée par la CGTP contre les réformes du travail
- Le projet de loi du gouvernement entre au Parlement
- La CGTP organise une deuxième grève ; l'UGT refuse de s'y joindre
- Débat parlementaire sur l'approbation générale
- Vote d'approbation générale en séance plénière
Prochaines étapes
Si l'approbation générale est adoptée le 19 juin, le projet de loi passe aux travaux en commission spécialisée, où des amendements peuvent encore être déposés. Les partis de gauche promettent une opposition continue, et les syndicats prévoient d'intensifier la mobilisation, y compris d'éventuelles actions de grève. Mourão de l'UGT a déclaré que le syndicat chercherait d'abord des réunions avec les groupes parlementaires avant de décider de la prochaine phase de protestation.

