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Sécurité·-2 h

Le « vendeur de poison » canadien Kenneth Law plaide coupable d’avoir aidé 14 suicides en Ontario, lié à plus de 100 décès dans le monde

Kenneth Law, un ancien ingénieur et cuisinier de 60 ans, a reconnu vendredi 14 chefs d’aide au suicide devant un tribunal canadien, dans une affaire qui a attiré l’attention mondiale pour ses liens avec plus de 100 décès dans plus de 40 pays.

Kenneth Law, un Canadien de 60 ans, a plaidé coupable vendredi devant un tribunal de l’Ontario de 14 chefs d’aide au suicide, concluant ainsi une vaste enquête internationale sur la vente en ligne de substances létales. Ce plaidoyer, prononcé devant la juge Michelle Fuerst à Newmarket (Ontario), a entraîné le retrait par les procureurs de 14 chefs de meurtre au premier degré. Law a reconnu son rôle dans la mort de 14 résidents ontariens, âgés de 16 à 36 ans, et a admis avoir expédié des substances létales ayant causé des dizaines d’autres décès, principalement au Royaume-Uni.

La portée mondiale d’un commerce toxique

Law, ingénieur de formation ayant travaillé comme cuisinier dans un hôtel de luxe de Toronto, a exploité un réseau de sites Web à partir de 2020 environ. Ces sites commercialisaient du nitrite de sodium et d’autres articles pouvant être utilisés pour le suicide. Pour échapper à la détection, il a dissimulé l’opération sous l’apparence d’un grossiste en produits alimentaires, allant jusqu’à proposer de la sauce piquante parmi ses produits. La police canadienne estime que Law a expédié au moins 1 200 colis vers des adresses dans plus de 40 pays, dont environ 160 au Canada. Les relevés financiers retracés via Shopify et PayPal ont montré des revenus de près de 297 000 dollars canadiens provenant de 1 209 colis expédiés vers 41 pays.

Compte tenu de la nature odieuse de ce crime, je serais surpris que Kenneth Law n’écope pas d’une peine assez lourde.

Un sillage de tragédies au-delà des frontières

La portée internationale de l’affaire est stupéfiante. La National Crime Agency britannique a lié les activités de Law à 112 décès au Royaume-Uni, au moins 272 personnes ayant commandé des produits sur ses sites Web. Devant le tribunal, il a été indiqué que Law avait envoyé 330 colis à 286 destinataires au Royaume-Uni, entraînant 79 décès en Angleterre et au Pays de Galles, cinq en Écosse et un en Irlande du Nord. Les autorités italiennes ont identifié neuf acheteurs, avec au moins un décès. Des enquêtes ont également été ouvertes aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France et en Belgique.

Une condition de notre accord avec le procureur canadien était que la peine de Kenneth Law reflète le fait que des personnes sont mortes en Angleterre et au Pays de Galles à la suite directe de l’utilisation des produits qu’il a fournis.

Victimes et familles endeuillées

Parmi les victimes figurait Ashtyn Prosser-Blake, 19 ans, de l’Ontario, décrit par sa mère Kim comme une « âme super heureuse, très gentille, toujours prête à défendre le plus faible ». Au Royaume-Uni, Thomas Parfett, 22 ans, est décédé en 2021 après avoir payé 50 £ pour la substance. Son père David a déclaré à la BBC : « Tom était une personne qui aimait vraiment la vie. Il trouvait de l’humour dans les endroits les plus étranges. Je me souviens souvent de son rire. » Des familles au Royaume-Uni ont exprimé leur colère que les procureurs britanniques ne poursuivent pas séparément, bien que le Crown Prosecution Service ait déclaré que l’inclusion des victimes britanniques dans la procédure canadienne était le « moyen le plus rapide et le plus efficace » d’obtenir justice.

Procédure judiciaire et peine

Law est en détention depuis son arrestation à son domicile à l’ouest de Toronto en mai 2023. La réduction des chefs d’accusation de meurtre à aide au suicide fait suite à une jurisprudence canadienne récente selon laquelle les procureurs devraient prouver un rôle causal actif qui annule le libre arbitre des victimes. Une condamnation pour conseil ou aide au suicide est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans par chef d’accusation en vertu du Code criminel du Canada. Des experts juridiques suggèrent que Law pourrait encourir entre 10 et 20 ans de prison. Le prononcé de la peine est attendu en septembre, date à laquelle le tribunal entendra également les déclarations des victimes.

Décès signalés liés à Kenneth Law par pays · deaths
Royaume-Uni
112 deaths
Canada (Ontario)
14 deaths
Italie
1 deaths

Appels à une enquête et débat sur la sécurité numérique

L’affaire a relancé le débat sur la sécurité numérique et le manque de surveillance des forums pro-suicide. Les familles des victimes britanniques exigent une enquête publique sur la façon dont Law a pu opérer pendant des années. L’affaire a également mis en lumière les défis de la compétence internationale, les autorités britanniques ayant fait valoir que l’extradition était « loin d’être garantie et prendrait des années », avec le risque que la procédure soit bloquée pour des motifs de double incrimination.

Newmarket · Toronto · Londres

8 sources

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