
Le Vatican prévoit une centrale agrivoltaïque de 100 millions d'euros pour atteindre l'autosuffisance énergétique
Le Saint-Siège construira une installation agrivoltaïque de 80 à 90 mégawatts près de Rome pour couvrir les besoins en électricité de la Cité du Vatican et de ses institutions affiliées.
Développement solaire à Santa Maria di Galeria
Le Vatican prévoit de construire une centrale agrivoltaïque d'un coût estimé à 100 millions d'euros (117 millions de dollars) sur son domaine de Santa Maria di Galeria, situé à environ 40 kilomètres au nord-ouest de Rome. Des sources impliquées dans les discussions du projet indiquent que l'installation aura une capacité de production d'électricité de 80 à 90 mégawatts, ce qui la place parmi les plus grands systèmes agrivoltaïques d'Italie. Le domaine de Santa Maria di Galeria s'étend sur environ 450 hectares, une superficie environ dix fois plus grande que l'État de la Cité du Vatican, et abrite les installations de transmission de Radio Vatican depuis les années 1950. Selon la conception technique, des panneaux solaires orientables montés à plusieurs mètres du sol couvriront environ 200 hectares, permettant une culture agricole sous les panneaux tout en protégeant les cultures des conditions météorologiques extrêmes et en réduisant l'évaporation du sol. La construction et les autorisations administratives devraient prendre entre 18 et 24 mois, avec une mise en service prévue dans les deux ans.
Cadre bilatéral et statut extraterritorial
Ce développement fait suite à une série d'étapes administratives entre l'Italie et le Saint-Siège. Une commission mixte italo-vaticane s'est réunie début août 2026 pour lancer le projet après la ratification par l'Italie cette année d'un accord bilatéral signé en juillet 2025. Le pacte bilatéral établit les conditions réglementaires pour la construction de la centrale et le raccordement de sa production au réseau électrique italien. Santa Maria di Galeria étant une propriété extraterritoriale du Saint-Siège, elle bénéficie de protections comparables à celles des missions diplomatiques, empêchant les autorités italiennes d'y entrer sans autorisation et protégeant le terrain de l'expropriation. L'accord bilatéral étend les exonérations fiscales déjà accordées à Radio Vatican à l'installation solaire. Selon la loi italienne, l'exécution du traité ne peut créer de nouvelles charges financières pour les finances publiques italiennes, et le Vatican ne recevra pas les subventions pour installations solaires disponibles pour les entreprises et les ménages italiens.
- Le pape François publie la lettre apostolique Fratello Sole ordonnant la construction d'une centrale d'énergie renouvelable.
- Le Saint-Siège et l'Italie signent un accord bilatéral réglementant la construction et le raccordement au réseau.
- L'Italie ratifie l'accord bilatéral couvrant le site extraterritorial de Santa Maria di Galeria.
- Une commission mixte italo-vaticane se réunit pour lancer le projet de développement agrivoltaïque.
Distribution de l'électricité et intégration au réseau
L'électricité produite par le système agrivoltaïque est destinée à rendre l'État de la Cité du Vatican (108 acres, moins de 900 habitants) totalement autosuffisant sur le plan énergétique. En plus d'alimenter la Cité du Vatican et les tours de transmission radio sur place, la production de l'installation sera allouée aux propriétés affiliées au Saint-Siège à travers Rome, y compris l'hôpital pédiatrique Bambino Gesù. Lorsque la production dépasse les besoins opérationnels du Saint-Siège et de ses institutions, tout excédent d'électricité sera injecté directement dans le réseau électrique italien. Les responsables de la commission mixte n'ont pas divulgué publiquement les chiffres financiers ni les calendriers de capacité après leur réunion d'août, et le Vatican n'a pas immédiatement publié de commentaire sur les spécifications techniques.
Transition du pape François au pape Léon XIV
L'initiative est née sous le défunt pape François, qui a fait de la politique écologique un élément central de son pontificat et a ordonné la construction de l'installation renouvelable dans sa lettre apostolique de 2024 Fratello Sole (Frère Soleil). Le pape François, décédé en 2025, a donné la priorité à la transition énergétique et est devenu le premier pontife à accepter formellement le consensus scientifique sur le changement climatique. Après sa mort, le projet solaire a été approuvé et repris par son successeur, le pape Léon XIV. Le projet combine production agricole et production d'électricité pour répondre aux objectifs environnementaux du Saint-Siège établis sous les deux pontificats.


