
Le chômage en Allemagne dépasse les 3 millions en juillet, la Bavière atteint un plus haut en près de 20 ans
L'Agence fédérale pour l'emploi a fait état de 3,007 millions de chômeurs en juillet, soit 71 000 de plus qu'en juin, les facteurs saisonniers et la morosité économique ayant porté le taux à 6,4 %.
Chiffres nationaux
L'Agence fédérale pour l'emploi (BA) a fait état de 3,007 millions de personnes sans emploi en juillet, soit une augmentation de 71 000 par rapport à juin et de 28 000 par rapport à juillet 2025. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,4 %, contre 6,3 % un an plus tôt. Le seuil des trois millions avait été dépassé pour la dernière fois en avril 2026, lorsque le total s'élevait à environ 3,008 millions. En données corrigées des variations saisonnières, le nombre de chômeurs a augmenté de 6 000, ce qui indique que la majeure partie de la hausse mensuelle est due aux schémas estivaux habituels.
Globalement, la tendance faible des derniers mois se poursuit sur le marché du travail.
Effets saisonniers
En juillet, le chômage augmente généralement à mesure que les jeunes sortant du système scolaire et les diplômés s'inscrivent à l'agence avant de commencer une formation ou un emploi à l'automne. De nombreuses entreprises retardent également leurs embauches pendant les vacances, et les contrats à durée déterminée expirent souvent à la fin du deuxième trimestre. La BA s'attend à ce que les chiffres reculent en septembre une fois la pause estivale terminée. Néanmoins, la tendance sous-jacente reste faible : le nombre d'offres d'emploi enregistrées s'élevait à 653 000, un niveau modéré par rapport aux normes historiques, et 1,108 million de personnes percevaient des allocations chômage, soit plus qu'un an plus tôt. Le nombre de bénéficiaires employables du revenu de base Bürgergeld a diminué, mais le système reflète toujours une frontière poreuse entre travail, allocations complémentaires et sécurité sociale.
Disparités régionales
Le tableau national masquait de fortes disparités entre les Länder. La Bavière a enregistré 318 025 chômeurs, le chiffre le plus élevé pour un mois de juillet depuis près de deux décennies. Le taux du Land était de 4,1 %, le plus bas du pays, mais en hausse de 0,1 point par rapport à juin. Markus Schmitz, directeur de la direction régionale bavaroise, a qualifié ce niveau de « plus haut pour un mois de juillet » et a noté que le chômage n'avait pas été plus élevé au cours de ce mois depuis 2007.
Brême a affiché le taux le plus élevé, à 11,4 %, tandis que la Hesse a vu son nombre de chômeurs augmenter d'environ 6 700 pour atteindre 215 021, portant le taux à 6,0 %. En Thuringe, 71 152 personnes étaient sans emploi, soit un taux de 6,5 %, inchangé par rapport à l'année précédente. Le Land a toutefois enregistré une hausse mensuelle de 10,4 % des nouvelles offres d'emploi, mais le chômage de longue durée représentait 35,6 % du total. La Basse-Saxe comptait 282 143 chômeurs (taux 6,2 %), et le Schleswig-Holstein environ 96 800 (taux 5,9 %). À Hambourg, le directeur de l'agence, Sönke Fock, a cité les retards d'embauche liés aux vacances, le non-renouvellement des contrats de formation et le ralentissement économique comme principaux facteurs.
- Allemagne
- 6.4 %
- Bavière
- 4.1 %
- Brême
- 11.4 %
- Hesse
- 6 %
- Thuringe
- 6.5 %
- Basse-Saxe
- 6.2 %
- Schleswig-Holstein
- 5.9 %
Tensions sur le marché de la formation
La transition de l'école à l'emploi devient plus difficile. En Hesse, environ 35 000 jeunes étaient à la recherche d'un apprentissage en juillet, mais seulement 27 600 places étaient proposées. Frank Martin, le directeur régional, a déclaré que les entreprises réduisaient leurs investissements dans un contexte d'incertitude et que « les perspectives d'emploi se sont nettement dégradées à tous les niveaux de qualification ».
Les employeurs du Nord ont mis en garde contre la baisse de la préparation des jeunes sortant du système scolaire à la formation professionnelle. Les associations de l'industrie métallurgique et électrique Nordmetall et AGV Nord ont déclaré qu'elles rempliraient probablement neuf places d'apprentissage sur dix cette année, mais seulement au prix d'« un effort énorme ». Le nombre d'apprentis dans le secteur avait augmenté d'environ 6 % entre 2023 et 2025 pour atteindre environ 10 200, mais les associations ont estimé qu'elles atteignaient leurs limites.
Les entreprises fournissent déjà d'énormes efforts pour permettre aux jeunes d'entrer dans la vie active. Mais elles ne peuvent pas compenser durablement ce qui a été négligé à l'école et dans l'orientation professionnelle.
Contexte économique et réactions
Le membre du directoire de la BA, Terzenbach, a reconnu le schéma saisonnier mais a souligné que le marché du travail poursuivait sa tendance faible qui dure depuis des mois. Le rapport de Der Spiegel a cité les prix élevés de l'énergie résultant de la guerre en Iran, les faiblesses structurelles de l'industrie allemande et le vieillissement de la main-d'œuvre comme des freins persistants. La confédération syndicale DGB a appelé à une protection sociale renforcée, Michael Rudolph, président du DGB Hesse-Thuringe, rejetant les demandes patronales de réduire la durée des allocations chômage.
Surtout en période de difficultés économiques, les salariés doivent pouvoir compter sur l'État-providence pour les protéger.


