
La France et l'Italie cherchent à réparer leurs relations tendues lors du premier sommet bilatéral depuis 2020
Emmanuel Macron reçoit Giorgia Meloni sur la Côte d'Azur pour signer des accords de défense et sur le nucléaire, enterrer des années de frictions sur la migration et l'extrême droite, et forger un partenariat pragmatique avant les batailles budgétaires européennes.
Un historique de frictions
Le dernier sommet franco-italien s'est tenu à Naples en février 2020, lorsque Giuseppe Conte dirigeait l'Italie. Depuis l'arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir en 2022, Paris et Rome se sont affrontés à plusieurs reprises. Le point bas a été atteint lorsque Meloni a refusé de laisser le navire de sauvetage de migrants Ocean Viking accoster dans les ports italiens, ce qui a poussé la France à recevoir le navire. Les tensions ont de nouveau éclaté en février 2026 après que Meloni a commenté la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon, attirant une vive réplique de Macron : "Que chacun reste chez soi, et les moutons seront bien gardés." La France avait auparavant rappelé son ambassadeur de Rome en 2019 après que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Matteo Salvini, ait traité Macron de "très mauvais président."
Leurs relations sont un peu cycliques. Il y a une grande proximité, mais il y a souvent des crises et des tensions qui explosent et attirent l'attention des médias.
- La France rappelle son ambassadeur de Rome après que Salvini a traité Macron de « très mauvais président ».
- Dernier sommet bilatéral tenu à Naples sous le Premier ministre Giuseppe Conte.
- Macron et le Premier ministre Mario Draghi signent le Traité du Quirinal.
- Giorgia Meloni devient Première ministre de l'Italie.
- L'Italie refuse le navire de migrants Ocean Viking ; la France le reçoit, déclenchant une crise diplomatique.
- Macron réprimande Meloni pour ses commentaires sur la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque.
- Macron accueille Meloni à Antibes pour le premier sommet depuis 2020, signant des accords de défense et sur le nucléaire.
Une relance à Antibes
Le 25 juin, Macron a accueilli Meloni à Antibes sur la Côte d'Azur pour le 36e sommet franco-italien, réunissant une dizaine de ministres de chaque côté. L'Élysée a présenté la réunion comme un retour aux fondamentaux, partageant même une vidéo des deux dirigeants s'enlaçant sur la bande-son du tube italien "Felicità". Le sommet vise à produire une feuille de route pour la défense et l'espace, ainsi qu'un accord nucléaire, incluant l'intérêt italien pour les petits réacteurs modulaires français. Les dirigeants veulent également renforcer le système de défense aérienne SAMP/T fourni à l'Ukraine, développant une "offre européenne souveraine."
Nous avons besoin les uns des autres.
Macron a besoin de Meloni pour exercer une influence à Bruxelles. Les deux pays ont des finances publiques extrêmement contraintes, ce qui rapproche leurs positions sur de nombreux sujets.
La rupture de Meloni avec Trump
Un sous-texte ajoutant de l'élan au rapprochement est la distance croissante de Meloni avec Donald Trump. L'ancien président américain a accusé Meloni de ne pas l'avoir aidé sur l'Iran et s'est moqué d'elle pour avoir prétendument mendié des selfies lors du G7. Meloni a répliqué : "L'Italie ne mendie jamais." Bien que n'étant pas le moteur principal du sommet, cette querelle souligne la volonté de Meloni de se réengager avec les partenaires européens.
Liens économiques et coopération future
Malgré l'acrimonie politique, l'interdépendance économique s'est approfondie. Le commerce franco-italien a atteint 112 milliards d'euros en 2025, en hausse de 6 % par rapport à l'année précédente. Le sommet est considéré comme une nécessité pragmatique pour deux des plus grandes économies de l'UE. Avec l'entrée en vigueur du Traité du Quirinal en 2023, la réunion d'Antibes marque le premier acte politique majeur dans ce cadre. Les analystes préviennent que le sommet ne signale pas un retour à la lune de miel Macron-Draghi, mais pourrait jeter les bases d'une coordination plus régulière sur l'énergie, la défense et la politique de l'UE.
C'est une nécessité pour les deux pays de travailler ensemble.

