
Les Royal Marines arraisonnent le pétrolier fantôme russe Smyrtos dans la Manche, une première
Lors d'une opération à l'aube, des commandos des Royal Marines britanniques ont descendu en rappel depuis des hélicoptères sur le Smyrtos, battant pavillon camerounais, arraisonnant le navire et son équipage dans le cadre des efforts visant à tarir les revenus pétroliers qui alimentent la guerre de la Russie en Ukraine.
L'opération
Aux premières heures du 14 juin 2026, une équipe de commandos des Royal Marines, appuyée par des agents de la National Crime Agency (NCA) et des hélicoptères de la RAF, a arraisonné le Smyrtos dans la Manche. L'opération, qui a duré six heures, a vu les militaires descendre en rappel d'un Chinook sur le pont du pétrolier dans l'obscurité, sans aucune résistance de la part de l'équipage. Des images diffusées par le ministère de la Défense montrent des commandos armés fouillant les cabines et des agents de la NCA inspectant des documents. Le navire, battant pavillon camerounais, avait quitté le terminal pétrolier russe d'Oust-Louga, près de Saint-Pétersbourg, le 5 juin et a été intercepté à plus de 12 milles nautiques des côtes britanniques. Le pétrolier est maintenant ancré au large du Dorset pendant que les enquêtes se poursuivent. Un ressortissant indien a été arrêté pour suspicion d'infractions aux sanctions ; 24 membres d'équipage géorgiens et indiens restent à bord et coopèrent.
Une fois que nous avons embarqué à bord du navire et rejoint la passerelle, le dialogue que nous avons eu avec eux a été professionnel, sans danger, et l'équipage nous a effectivement permis d'effectuer les actions nécessaires pour prendre le contrôle en toute sécurité de ce navire et le déplacer vers un mouillage.
- Le Smyrtos est sanctionné par le Royaume-Uni.
- Appareillage du port d'Oust-Louga près de Saint-Pétersbourg.
- Les Royal Marines arraisonnent le navire ; Starmer annonce l'opération.
Le rôle de la flotte fantôme
Le Smyrtos fait partie des plus de 700 navires de la soi-disant flotte fantôme russe, qui transporte environ 75 % du pétrole russe sanctionné, selon le ministère britannique de la Défense. Ces navires, souvent vieux et à la propriété opaque, utilisent des tactiques telles que le changement de pavillon et le renommage pour contourner les sanctions occidentales imposées après l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022. Le Royaume-Uni a sanctionné près de 600 de ces navires, leur interdisant l'accès à ses ports et interdisant aux entreprises britanniques de fournir des services financiers ou d'assurance. En mars, le Premier ministre Keir Starmer a annoncé que les forces armées britanniques seraient autorisées à arraisonner les navires sanctionnés traversant les eaux britanniques ; le raid de dimanche a été la première utilisation de ce pouvoir.
Réactions politiques
Le Premier ministre Keir Starmer a salué l'opération comme un nouveau coup porté à la Russie et un message à ceux qui facilitent la guerre. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sa gratitude pour cette étape importante contre la flotte pétrolière russe et a appelé l'Europe à adopter des lois permettant non seulement la détention des pétroliers mais aussi la confiscation du pétrole qu'ils transportent, arguant que cela rapprocherait la paix. L'opération a été menée en étroite coordination avec la France, qui a effectué plusieurs interceptions similaires depuis l'automne 2025. Moscou n'a pas immédiatement réagi, mais a déjà qualifié ces actions d'illégales et de quasi-piratage international.
Cette opération réussie porte un nouveau coup à la Russie et rappelle à ceux qui alimentent la guerre de Poutine en Ukraine que nous ne les laisserons pas se cacher.
L'Europe doit de toute urgence prendre des mesures législatives pour permettre non seulement la détention des pétroliers et les restrictions sur les expéditions de pétrole, mais aussi la confiscation du pétrole qu'ils transportent. Cela contribuera certainement à rapprocher la paix.
La suite
Le pétrolier reste sous surveillance au large de la côte sud de l'Angleterre pendant que les enquêteurs examinent ses documents et sa cargaison. La personne arrêtée pourrait faire face à des accusations en vertu des réglementations britanniques sur les sanctions. Le gouvernement britannique affirme que l'interception est le résultat de semaines de planification et qu'elle est la première du genre, signalant une posture de répression plus ferme contre le contournement des sanctions. L'appel de Zelensky en faveur d'une législation européenne plus large devrait intensifier le débat parmi les États membres de l'UE sur la manière de cibler plus efficacement la flotte fantôme.

