
Le Roi Philippe met en garde : le déficit budgétaire et la canicule de juin menacent la cohésion dans son discours de la Fête nationale
Dans son traditionnel discours de la veille de la Fête nationale, le Roi Philippe a déclaré que la canicule de juin avait tué des centaines de personnes et a qualifié les dépenses de défense d'inévitables alors que la Belgique est confrontée à des difficultés budgétaires.
Le Roi Philippe a utilisé son discours du 20 juillet, à la veille de la Fête nationale belge, pour présenter les crises qui se chevauchent dans le pays comme un test de cohésion sociale. Enregistré dans son bureau au Palais Royal de Bruxelles, le discours a abordé la canicule meurtrière de juin, les finances publiques sous tension, les troubles dans l'éducation et les guerres qui défient le droit international. Le Roi est revenu à plusieurs reprises sur l'idée que la vulnérabilité partagée exige une réponse partagée.
Une canicule précoce meurtrière
La Belgique a connu en juin une canicule d'une intensité et d'une durée exceptionnelles, plus tôt dans l'année que d'habitude. Le Roi a déclaré qu'elle avait coûté la vie à des centaines de personnes et mis le personnel médical et les services d'urgence sous une pression extrême. La surmortalité pendant cette période a atteint 2 000 décès au-dessus de la normale, selon des chiffres rapportés la semaine précédente.
Nous avons tous souffert, mais ce sont les plus vulnérables qui paient à nouveau le prix le plus lourd : les personnes âgées, celles qui vivent dans des conditions précaires et celles qui sont complètement seules.
Le Roi est revenu sur le thème de la vulnérabilité plus tard dans le discours, mettant en lumière les personnes atteintes de démence. Une exposition sur ce sujet est présentée dans la Salle des Glaces du Palais lors de son ouverture estivale. Il a salué les professionnels et les associations qui prennent soin de ces patients et a posé une question.
Ne devrions-nous pas prendre exemple sur eux et mettre plus d'humanité et de tendresse dans notre société ?
Des finances publiques sous tension
Sur l'économie, le souverain a été direct. Des mesures fiscales sont nécessaires pour réduire le déficit budgétaire et gérer la dette, a-t-il dit, dans un contexte de taux d'intérêt et de prix de l'énergie imprévisibles. Il a ajouté que l'investissement dans la défense est devenu inévitable.
Je suis convaincu que nos gouvernements sauront surmonter ces obstacles, par une consultation mutuelle, et avec des solutions socialement justes.
Le budget de la défense doit passer de 8 à 12 milliards d'euros par an pour atteindre l'objectif de l'OTAN de 2 % du PIB. Certains partis ont remis en question cette augmentation structurelle. En qualifiant ces dépenses d'inévitables, le Roi s'est aligné sur la position du gouvernement De Wever.
Le système éducatif sous pression
Philippe a consacré un passage aux écoles, reconnaissant l'énorme pression sur la communauté enseignante. Presque tous les problèmes de la société convergent là et pèsent plus lourdement que jamais sur les épaules des enseignants, a-t-il dit. Le système éducatif francophone en Wallonie et à Bruxelles a été touché par de lourdes grèves et des manifestations ces derniers mois contre des plans d'économies gouvernementaux drastiques, avec des élèves et des enseignants dans les rues et certaines manifestations dans la capitale se transformant en troubles violents. Le Roi a exprimé l'espoir que le calme et le respect mutuel reviendront à la rentrée scolaire.
Les guerres et l'ordre fondé sur des règles
Sans nommer de conflits spécifiques, le Roi a condamné les États et les groupes armés qui abandonnent le droit international et mènent des guerres insensées et cruelles sous de faux prétextes. L'année dernière, il était allé plus loin, dénonçant la situation à Gaza comme une honte pour l'humanité et adoptant une ligne plus dure que son propre gouvernement.
Ces crises ne doivent pas nous faire oublier les grands défis mondiaux. Les résoudre signifie agir ensemble, veiller à ce que les règles communes soient véritablement respectées et soutenir les institutions qui en sont les gardiennes.
Un appel à la cohésion
Le discours s'est terminé par un appel à se concentrer sur ce qui unit plutôt que sur ce qui divise. Philippe a cité la pauvreté, le changement climatique, le déclin de la biodiversité et l'épuisement des ressources naturelles comme des défis que les guerres insensées ne devraient pas être autorisées à éclipser. Il a décrit une mission économique nationale de deux jours avec des chefs d'entreprise en Flandre et en Wallonie qui avait ouvert des portes et forgé de nouveaux partenariats. Des représentants des services publics de l'emploi ont ensuite confirmé qu'une coopération plus étroite et une plus grande mobilité de la main-d'œuvre entre les régions pourraient contribuer à créer plus d'emplois.
