Diplomatie · Londres et Varsovie

Dix ans après le référendum sur le Brexit, les jeunes Britanniques soutiennent massivement un retour dans l'UE alors que les coûts économiques s'accumulent

Une décennie après le vote du Royaume-Uni pour quitter l'UE, les sondages montrent que 60 % des 18-28 ans voteraient pour réintégrer l'Union, tandis qu'un nouveau rapport estime que l'économie est de 6 à 8 % plus petite qu'elle ne l'aurait été.

Texte IA fondé sur les articles de wiadomosci.radiozet.pl, Rzeczpospolita, rmf24.pl et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

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En bref

Londres, Varsovie · Royaume-Uni, Pologne

Une décennie de bouleversements politiques

Depuis le vote de 2016, le Royaume-Uni a connu cinq Premiers ministres, chacun quittant ses fonctions profondément impopulaire. Le publiciste Tom McTague a qualifié cette période de « pire période de gouvernement dans la démocratie britannique moderne ». Le processus a déclenché deux élections anticipées et des années de négociations, aboutissant au départ officiel le 31 janvier 2020.

Renversement générationnel sur l'appartenance à l'UE

Une enquête de More in Common auprès de 440 jeunes à travers le Royaume-Uni révèle que 60 % des 18-28 ans voteraient pour réintégrer l'UE, avec seulement 9 % d'opposants. Parmi les plus susceptibles de voter, le soutien atteint 81 %. La moitié des répondants de la génération Z considèrent le Brexit comme un échec, tandis que 16 % le voient comme un succès. Luke Tryl, directeur exécutif de More in Common, a déclaré que les jeunes hésitent à revenir aux débats sans fin sur le Brexit qui ont dominé leur adolescence, craignant une distraction par rapport au coût de la vie, au logement, à l'emploi et au changement climatique.

« Bien que les jeunes Britanniques soutiennent largement un retour dans l'UE, les discussions de groupe avec les électeurs de la génération Z suggèrent qu'ils hésitent à revenir aux débats interminables sur le Brexit dont ils se souviennent de leur jeunesse. Cela risque de détourner l'attention des questions qui leur tiennent le plus à cœur : le coût de la vie, le logement abordable, l'emploi et le changement climatique. »

Luke Tryl, directeur exécutif du groupe de réflexion More in Common

Les changements démographiques ont remodelé l'électorat. Plus de 6 millions de Britanniques sont décédés depuis le référendum, de manière disproportionnée des électeurs âgés du Leave. Environ 15 % des électeurs du Leave sont décédés contre 10 % des électeurs du Remain. Parallèlement, environ 6 millions de jeunes qui n'étaient pas éligibles en 2016 sont désormais inscrits sur les listes électorales.

Bilan économique : une « puissance rétrécie »

Un rapport de l'Institut Sobieski, co-écrit par l'ancien ambassadeur de Pologne au Royaume-Uni Arkady Rzegocki, conclut que le Brexit n'a pas ruiné le Royaume-Uni mais l'a progressivement affaibli. Le PIB par habitant serait de 6 à 8 % inférieur à ce qu'il aurait été sans le Brexit. L'investissement des entreprises a chuté de 12 à 18 %, et les recettes de l'État sont inférieures de 75 à 100 milliards de livres sterling par an, une somme comparable à l'ensemble du budget de la défense.

« Le Brexit n'a pas été une histoire d'effondrement mais d'affaiblissement progressif. Le Royaume-Uni n'a pas perdu son statut d'État ni son importance stratégique, mais il est devenu une puissance économiquement plus réduite. La décennie britannique montre qu'au XXIe siècle, la souveraineté formelle ne remplace pas l'accès aux plus grands marchés et aux réseaux de coopération internationale. »

Arkady Rzegocki, ancien ambassadeur de Pologne au Royaume-Uni
Coût économique estimé du Brexit%
PIB par habitant
7 %
Investissement des entreprises
15 %

Données tirées du texte de l’article

La contagion des sorties de l'UE s'estompe, sauf en Pologne

La stratégie de l'UE consistant à faire du Brexit un avertissement semble avoir fonctionné. Le soutien au Frexit en France est passé d'un tiers en 2016 à moins d'un quart aujourd'hui. Aux Pays-Bas, le soutien au Nexit s'est effondré, passant de 40 % à seulement 10 % en 2024, ce qui a poussé le PVV de Geert Wilders à abandonner cette revendication. Même l'AfD allemande prône désormais davantage de souveraineté nationale au sein du bloc plutôt qu'une sortie. La Pologne, cependant, reste une exception où le sentiment eurosceptique n'a pas diminué de la même manière.

L'émigration britannique vers la Pologne explose

Une conséquence inattendue : le nombre de citoyens britanniques vivant en Pologne a augmenté de 340 % au cours de la dernière décennie, passant de 42 000 à 185 000. Beaucoup citent de meilleurs soins de santé, des transports publics moins chers et un coût de la vie plus bas. Parallèlement, environ 25 000 Polonais ont quitté le Royaume-Uni l'année dernière seulement. Le rêve de prendre sa retraite en Espagne s'est également estompé pour les Britanniques après le Brexit, la part des acheteurs britanniques dans les ventes immobilières espagnoles passant de 80 % dans les années 1990 à 8 % aujourd'hui.

Retour dans l'UE ? Pas imminent

Malgré l'évolution de l'opinion publique (un sondage YouGov montre que 55 % des Britanniques sont désormais favorables à une réintégration, contre 34 % d'opposants), les experts préviennent que la réadhésion est loin d'être simple. Zuzanna Ptaszyńska de l'Université de Varsovie note que si une majorité de citoyens de l'UE soutiennent également un retour du Royaume-Uni, Bruxelles n'offrirait pas les mêmes conditions favorables dont la Grande-Bretagne jouissait autrefois. La volonté politique au Royaume-Uni reste divisée, et le parti Reform UK, dirigé par l'architecte du Brexit Nigel Farage, est en tête dans certains sondages.

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