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Conflits·-3 h

La Belgique et l'Espagne qualifient de « pure stupidité » la rupture franco-allemande sur l'avion de combat FCAS

Le Premier ministre belge a qualifié de « pure stupidité » l'échec franco-allemand à s'entendre sur un avion de combat de nouvelle génération, tandis que la ministre espagnole de la Défense y a vu un revers « grave » pour l'autonomie stratégique européenne.

Fureur politique à Bruxelles et Madrid

L'effondrement de l'effort franco-allemand pour construire un avion de combat commun de sixième génération a suscité de vives critiques de la part de deux partenaires européens mardi. Le Premier ministre belge Bart De Wever, s'exprimant lors d'une conférence des Amis de l'Europe à Bruxelles, s'est dit « extrêmement déçu » par cette rupture.

Quel gaspillage de temps, quelle arrogance !

Il a qualifié la décision de « pure stupidité » et a prévenu que l'Europe avait choisi de devenir insignifiante dans un composant crucial de la défense aérienne pour au moins une décennie.

La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a fait écho à ces critiques depuis Madrid, décrivant cet échec comme « une très mauvaise nouvelle, très inquiétante pour l'autonomie stratégique de l'Europe ».

Les intérêts industriels ont été placés avant les intérêts de sécurité et de défense de l'Europe.

Elle a insisté sur le fait que l'avion de sixième génération restait « absolument essentiel » et a indiqué que l'Espagne explorerait d'autres voies pour maintenir le programme en vie.

Ce qui est mort et ce qui a survécu

Le gouvernement allemand a annoncé lundi que le chancelier Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron avaient accepté que Airbus Defence and Space et Dassault Aviation ne pouvaient pas surmonter leurs divergences sur la cellule de l'avion de combat commun. Le Next Generation Fighter (NGF) — l'avion piloté au cœur du Future Combat Air System (FCAS) — est désormais mort. Cependant, l'écosystème plus large du FCAS, y compris le « combat cloud », le réseau numérique reliant drones, satellites et capteurs au sol, continue d'être développé.

Ce soi-disant Combat Cloud continuera d'être développé. Et c'est lui qui joue le rôle décisif dans le FCAS.

Analyse N-tv

Pourquoi la scission sur la cellule était inévitable

Des exigences opérationnelles divergentes ont miné le projet depuis son lancement en 2017 par Macron et la chancelière de l'époque, Angela Merkel. La France avait besoin d'un avion capable d'opérer depuis un porte-avions et de délivrer des armes nucléaires depuis le Charles de Gaulle ; l'Allemagne exigeait un intercepteur terrestre à plus longue portée et plus rapide, sans rôle de porte-avions ni de frappe nucléaire. Concilier un train d'atterrissage renforcé et une cellule compacte avec un réservoir de carburant plus grand et un profil de vitesse différent s'est avéré impossible après neuf ans de négociations. Une équipe de médiation bilatérale nommée fin mars 2026 n'a pas réussi à trouver de compromis.

Le facteur Dassault

De Wever a dirigé une partie de ses critiques contre le PDG de Dassault, Eric Trappier, qui a soutenu à plusieurs reprises que la France n'avait pas besoin de l'Allemagne pour développer un avion de combat de nouvelle génération. Trappier s'est également opposé au statut d'observateur de la Belgique dans le FCAS après que Bruxelles a acheté des F-35 américains, un différend qui a tendu les relations entre Dassault et les gouvernements belges successifs.

Penser que l'on peut développer un avion de combat seul, ou le faire plus vite seul, c'est tout simplement ignorer la réalité.

La suite

L'Espagne, partenaire à part entière via Indra, s'est engagée à poursuivre « de nombreuses alternatives » avec la France et l'Allemagne. La Belgique, observatrice depuis 2023, ne dispose pas d'un siège officiel mais a profité de l'occasion pour exiger une planification collective européenne de la défense aérienne. Le programme était initialement destiné à remplacer les Eurofighters allemands et les Rafales français vers 2040. Avec l'annulation du NGF, les deux nations sont désormais confrontées à une lacune dans leurs feuilles de route à long terme en matière de puissance aérienne, tandis que les composants du combat cloud et des drones progressent sans plateforme pilotée centrale.

Étapes clés du programme FCAS
  1. Macron et Merkel lancent le programme FCAS pour un système de combat aérien de nouvelle génération.
  2. L'Espagne rejoint le FCAS en tant que partenaire à part entière via l'entrepreneur de défense Indra.
  3. La Belgique obtient le statut d'observateur dans le projet FCAS.
  4. Une équipe de médiation franco-allemande est nommée pour résoudre les différends entre Airbus et Dassault.
  5. L'Allemagne annonce l'annulation du composant d'avion de combat NGF ; les travaux sur le combat cloud se poursuivent.
Bruxelles · Madrid · Paris · Berlin

7 sources

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