
La CPI suspend son procureur en chef Karim Khan après une enquête pour inconduite sexuelle
L'organe directeur de la Cour pénale internationale a suspendu le procureur en chef Karim Khan avec effet immédiat lundi, à la suite d'une enquête de 18 mois des Nations unies sur des allégations d'inconduite sexuelle.
La suspension
L'organe directeur de la Cour pénale internationale a suspendu le procureur en chef Karim Khan avec effet immédiat lundi soir, 8 juin 2026. Le bureau de 21 membres de l'Assemblée des États parties a voté à la majorité qualifiée pour renvoyer la procédure disciplinaire contre Khan à une session spéciale des 125 États membres de la Cour, qui décideront de son avenir. Le bureau a déclaré que cette suspension « ne préjuge pas du résultat final ».
Cette suspension ne préjuge pas du résultat final.
Khan, 55 ans, s'était déjà retiré volontairement de ses fonctions en mai 2025 après que les allégations ont été révélées. Il a constamment nié toutes les accusations. Son équipe juridique a qualifié la procédure d'« injuste, illégale et dépourvue de preuves », et Khan maintient qu'il n'a jamais abusé de sa position ni eu de comportement inapproprié.
## L'enquête
La suspension repose sur une enquête de 18 mois menée par le Bureau des services de contrôle interne de l'ONU. Selon un document cité par l'Associated Press, l'enquête a conclu que Khan avait eu « des contacts sexuels non consentis avec une collègue dans son bureau, à son domicile et lors de déplacements professionnels ». Les faits auraient eu lieu entre 2023 et 2024.
Des contacts sexuels non consentis avec une collègue dans son bureau, à son domicile et lors de déplacements professionnels.
Un panel de trois juges sélectionné par le comité exécutif pour fournir une évaluation juridique des conclusions a toutefois estimé que l'enquête n'était pas suffisamment concluante. Le rapport complet de l'ONU, achevé en décembre 2025, n'a pas été rendu public. Pas plus que l'avis juridique des juges.
La suite
Seule l'Assemblée plénière des États parties a le pouvoir de destituer Khan. Cela nécessite une majorité absolue des 125 États membres, déterminée par vote secret. La session spéciale doit être convoquée dès que possible. La présidence de la CPI, prenant acte de la décision, a cherché à déplacer l'attention de l'individu vers l'institution, qualifiant la Cour de « l'une des réalisations les plus importantes de la civilisation humaine » et soulignant la nécessité de préserver « l'intégrité de la justice internationale, la protection des victimes et la confiance dans le travail de ses juges et procureurs ».
Le mandat et l'héritage de Khan
Khan, un avocat britannique né en Écosse en 1970 de parents immigrés pakistanais, a pris ses fonctions en 2021 pour un mandat de neuf ans. Il a auparavant travaillé pour les tribunaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, a défendu Charles Taylor et Jean-Pierre Bemba, et a dirigé l'équipe d'enquête de l'ONU sur les crimes de l'État islamique en Irak. Son mandat à la CPI a été marqué par des demandes de mandats d'arrêt très médiatisées contre le président russe Vladimir Poutine en mars 2023 pour la déportation illégale d'enfants ukrainiens, et contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés à Gaza.
## Réactions
L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU, Danny Danon, a saisi la suspension, écrivant sur X qu'elle prouve que « cette institution est pourrie jusqu'à la moelle » et appelant à l'annulation des mandats d'arrêt contre Netanyahu. L'avocat pro-israélien Arsen Ostrovsky a déclaré que la suspension soulevait « d'autres questions profondes sur l'intégrité de son mandat, y compris sa querelle avec Israël et les accusations infondées de crimes de guerre qu'il a poursuivies, qui doivent maintenant être abandonnées complètement ». Les États-Unis, qui ne sont pas partie au Statut de Rome, avaient auparavant imposé des sanctions contre des responsables de la CPI en raison de la demande de mandat d'arrêt contre Netanyahu. La Russie a également imposé des mesures de rétorsion après le mandat d'arrêt contre Poutine.
Cette institution est pourrie jusqu'à la moelle. Il est temps d'annuler les mandats d'arrêt scandaleux contre le Premier ministre Netanyahu.
- Karim Khan est élu procureur en chef de la CPI pour un mandat de neuf ans, succédant à Fatou Bensouda.
- La CPI émet un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine pour la déportation illégale d'enfants ukrainiens.
- Khan demande des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant pour leur conduite dans la guerre à Gaza.
- Une proche collègue accuse Khan d'inconduite sexuelle ; l'organe de contrôle de l'ONU ouvre une enquête.
- Khan se retire volontairement de ses fonctions en attendant le résultat de l'enquête.
- Le Bureau des services de contrôle interne de l'ONU termine son rapport d'enquête ; les conclusions ne sont pas rendues publiques.
- Le bureau de la CPI vote à la majorité qualifiée pour suspendre Khan avec effet immédiat et renvoyer l'affaire aux États membres.

