Le Portugal approuve une réforme du marché locatif qui ramène le délai d'expulsion à deux mois
Les députés portugais ont voté en première lecture l'autorisation d'expulser après deux mois de loyers impayés et la suppression des plafonds sur les nouveaux baux, afin d'élargir l'offre de logements locatifs.
Approbation parlementaire et négociations entre partis
Le Parlement portugais a approuvé mercredi soir 30 septembre 2026, en première lecture, une vaste réforme du marché locatif. Le texte a été présenté par le gouvernement de centre droit dirigé par le Premier ministre Luís Montenegro, dans le cadre d'une stratégie visant à répondre à la crise nationale du logement. Le projet a franchi sa première étape législative grâce à l'abstention du parti d'extrême droite Chega, deuxième force politique de l'assemblée. Chega avait soulevé des objections lors des débats parlementaires, mais a conclu mercredi un accord avec le parti au pouvoir de Luís Montenegro pour déposer des amendements avant le vote final. À l'inverse, tous les partis d'opposition de gauche ont voté contre le paquet législatif, estimant que cette politique prive les locataires de protections fondamentales.
Nouvelles règles d'expulsion et conditions contractuelles
La réforme législative proposée modifie les procédures d'expulsion et les conditions financières des baux d'habitation au Portugal. Selon les dispositions du texte, les propriétaires peuvent engager une procédure formelle d'expulsion après deux mois de loyers impayés, contre trois mois actuellement. La loi autorise également les bailleurs à exiger jusqu'à trois mois de loyer d'avance et supprime les plafonds existants sur les dépôts de garantie. La réforme élimine en outre les plafonds légaux de loyer sur les nouveaux baux, tout en accordant des avantages fiscaux aux propriétaires qui mettent des logements sur le marché. Ces mesures complètent un plan logement plus large présenté par Luís Montenegro il y a un an, qui combinait des avantages fiscaux locatifs et une fiscalité accrue sur certaines acquisitions immobilières par des investisseurs étrangers.
- Droit en vigueur
- 3 mois
- Réforme approuvée
- 2 mois
Conditions du marché et critiques de l'opposition
Le gouvernement de Luís Montenegro a conçu cette déréglementation pour répondre à la pénurie de logements disponibles, faisant valoir que des milliers de logements restent vacants parce que leurs propriétaires craignent l'insécurité juridique et la longueur des procédures d'expulsion. Les statistiques officielles indiquent que le loyer médian des nouveaux contrats de bail au Portugal a augmenté de plus de 10 % sur un an au deuxième trimestre 2026. Ce changement législatif a immédiatement suscité l'opposition des associations de défense des locataires, qui ont qualifié la réforme de « sauvagerie » et averti que la suppression des plafonds de dépôt et de loyer aggraverait la précarité résidentielle. Les parlementaires de gauche ont repris ces inquiétudes, affirmant que des délais d'expulsion plus courts en cas d'impayés accéléreront les déplacements de locataires plutôt que de résoudre les goulets d'étranglement de l'offre.
Contraste avec la politique du logement espagnole
La réforme portugaise représente une approche opposée à celle du voisin espagnol. Mardi 29 septembre 2026, le gouvernement de gauche espagnol du Premier ministre Pedro Sánchez a publié un décret prolongeant jusqu'en 2030 l'interdiction d'expulser les locataires vulnérables. La mesure espagnole fait suite à des manifestations et à l'apparition de campements de protestation dans le centre de Madrid et dans plusieurs autres villes. La colère publique en Espagne s'est intensifiée après l'expulsion d'une Madrilène de 87 ans dont l'appartement avait été racheté par une société d'investissement immobilier réclamant une hausse de loyer de 275 %. Les parlementaires espagnols doivent voter vendredi 2 octobre 2026 sur de nouveaux décrets de protection des locataires.
- L'Espagne décrète l'interdiction d'expulser les locataires vulnérables jusqu'en 2030
- Le Parlement portugais adopte en première lecture la réforme du marché locatif
- Le Parlement espagnol vote sur de nouvelles mesures de protection des locataires

