Art & Livres · Turin et Bologne

Carlo Ginzburg, l'historien qui a révélé la vie des paysans et des meuniers par la microhistoire, est mort à 87 ans

Le savant italien a ouvert une voie nouvelle dans l'étude du passé, en utilisant des archives obscures de l'Inquisition pour révéler les croyances des gens ordinaires à la Renaissance.

Texte IA fondé sur les articles de Publico, The New York Times, ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

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Turin, Bologne · Italie

Une vie dans les archives

Carlo Ginzburg, né à Turin le 15 avril 1939, est mort dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 juin 2026 à Bologne, à l'âge de 87 ans. Sa fille, l'écrivaine et philosophe Lisa Ginzburg, a publié un message d'adieu sur Instagram, et la Scuola Normale Superiore de Pise, où il enseignait, a confirmé la nouvelle. Aucune cause de décès n'a été communiquée.

La naissance de la microhistoire

Ginzburg a contribué à créer la microhistoire, un mouvement qui réagissait contre l'histoire quantitative à grande échelle en reconstituant des vies individuelles. Alors que la plupart de ses contemporains étudiaient les princes et les hommes d'État, il a passé des années à déchiffrer le témoignage d'un meunier frioulan du XVIe siècle qui croyait que le monde était né d'un fromage pourri. Son travail s'inspirait de l'anthropologie, de la théorie littéraire et de la critique d'art, et il a établi un lien célèbre entre la méthode de collecte d'indices de Sherlock Holmes et de Sigmund Freud et celle de l'historien.

Le fromage et les vers

Publié en 1976, « Le Fromage et les vers » est devenu son livre le plus célèbre. Il retrace le procès inquisitorial de Menocchio, un meunier brûlé vif pour hérésie. Deux décennies plus tôt, « Les Batailles nocturnes » (I benandanti, 1966) explorait un culte de la fertilité paysan dans le Frioul que l'Église interprétait comme de la sorcellerie. D'autres ouvrages, comme « Mythes, emblèmes, traces » et « Histoire de la nuit », ont consolidé sa réputation internationale.

Une famille de lettres et de résistance

Il était le fils de la romancière et traductrice Natalia Ginzburg et du professeur de littérature russe Leone Ginzburg, un militant antifasciste mort en prison. Bien que l'historien parlât rarement de sa vie privée en public, des amis se souvenaient de ses souvenirs d'apprentissage du français auprès de sa mère alors qu'elle traduisait Proust, et des séminaires de Delio Cantimori à Pise qui ont façonné sa pensée précoce.

Bologne pleure une voix critique

« Avec Carlo Ginzburg disparaît l'une des figures les plus brillantes de la pensée critique italienne, qui a accompagné la vie de notre ville. »

Matteo Lepore, maire de Bologne
Le maire de Bologne, Matteo Lepore, a fait cette déclaration par l'intermédiaire de l'agence de presse Ansa. Ginzburg a enseigné à l'Université de Bologne, ainsi qu'à Harvard, Yale, Princeton, UCLA et à la Scuola Normale Superiore de Pise, où il a ensuite occupé une chaire d'histoire des cultures européennes.

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