
Le pétrole dépasse 105 dollars et le gaz franchit 80 euros, la Maison-Blanche étudie des options de frappe contre l'Iran
Les cours du brut et les références européennes du gaz naturel ont progressé jeudi après des informations faisant état de préparatifs de frappes militaires américaines contre l'Iran, aggravant les perturbations du transport maritime dans le golfe Persique et la pression sur Wall Street.
Options de frappe et réactions des marchés de l'énergie
Les prix du pétrole brut ont progressé jeudi après des informations selon lesquelles la Maison-Blanche a demandé au département de la Défense de préparer des options de frappe contre des cibles iraniennes. Selon un article de The Atlantic citant deux responsables de l'administration, les options demandées pourraient être exécutées avant les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026. Le président Donald Trump a déclaré qu'un accord avec Téhéran n'était actuellement pas ce qu'il souhaitait. Le Brent pour livraison en décembre a gagné jusqu'à 5,2 % à 105,46 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate pour livraison en novembre a progressé de 5,2 % à 92,84 dollars le baril. Les opérateurs du secteur de l'énergie surveillaient aussi un ouragan approchant des plateformes de production offshore dans le golfe du Mexique.
- Brent (livraison décembre)
- 105.46 $/bbl
- WTI (livraison novembre)
- 92.84 $/bbl
Transits nocturnes et protocoles de convoi
Les pétroliers commerciaux continuent de traverser le détroit d'Ormuz en convois organisés malgré les menaces iraniennes persistantes. Les navires naviguent de nuit le long de la côte omanaise, en restant aussi loin que possible du territoire iranien, escortés par des avions de combat et des hélicoptères américains. Les équipages naviguent tous feux de pont éteints et transpondeurs de suivi désactivés, en s'appuyant sur des cartes marines papier et sur les phares côtiers. Les capitaines de pétroliers se signalent par radio auprès de l'armée américaine toutes les 30 minutes pour communiquer leurs coordonnées et tout projectile aperçu. Les forces iraniennes continuent de viser le trafic maritime, le United Kingdom Maritime Trade Operations signalant des incidents fréquents, dont plusieurs morts parmi les équipages en septembre et des tirs de projectiles sur un pétrolier au nord du Qatar. Le vice-président J. D. Vance a déclaré à Reuters mardi que les frappes iraniennes avaient endommagé des navires mais n'avaient pas réussi à interrompre la navigation dans le détroit.
- Le vice-président américain J. D. Vance déclare que les frappes iraniennes n'ont pas interrompu le transit maritime.
- Les marchés actions américains terminent la séance quasiment inchangés.
- Le Brent dépasse 105 dollars et le gaz européen franchit 80 euros après des informations sur des préparatifs de frappe américaine.
- Date prévue des élections de mi-mandat américaines citée dans les informations sur les préparatifs de frappe.
Hausse des coûts logistiques et marchés du gaz
Les risques sécuritaires ont reconfiguré l'économie du transport maritime dans le Golfe, portant les frais de passage quotidiens dans le détroit jusqu'à 1,3 million de dollars par pétrolier, contre 30 000 à 50 000 dollars avant le conflit. Les observateurs du marché estiment que le transport et la logistique représentent désormais environ un tiers du prix final du baril, contre des pourcentages à un chiffre avant le début des hostilités. Les capitaines de pétroliers opérant dans cette voie d'eau perçoivent désormais des salaires mensuels de 100 000 dollars. Pour éviter d'envoyer leurs propres navires dans des eaux dangereuses, plusieurs armateurs procèdent à des transferts de navire à navire, laissant des centaines de bateaux ancrés au large du port émirati de Fujairah. Les prix du gaz naturel européen ont également progressé, le contrat à terme du mois en cours sur le Title Transfer Facility à Amsterdam gagnant 2,64 % à 80,34 euros le mégawattheure jeudi. Les analystes de Commerzbank ont suivi les perturbations du trafic de gaz naturel liquéfié dans la voie d'eau.
Toutefois, le niveau de septembre ne correspond encore qu'à environ 20 % du nombre de méthaniers qui ont traversé le détroit d'Ormuz avant la guerre contre l'Iran.
Wall Street et marchés de la dette souveraine
La hausse des références énergétiques et les risques persistants d'inflation ont pesé sur les marchés financiers américains lors de la séance de jeudi. Le Dow Jones Industrial Average évoluait près de 51 145 points, tandis que le S&P 500 reculait à 7 782 points et que le Nasdaq Composite cédait 0,5 % à 27 419 points. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans est resté élevé, entre 5,32 % et 5,35 %, proche de son plus haut niveau depuis 2002. La hausse des coûts d'emprunt a particulièrement pesé sur les valeurs technologiques, Intel, Nvidia et Broadcom reculant entre 1,5 % et près de 3 %. Les intervenants de marché évaluaient aussi la demande de dette d'entreprise, après des informations selon lesquelles Broadcom prépare une facilité de financement de 50 milliards de dollars pour le développeur d'intelligence artificielle OpenAI.


